PRÉFACE
Idée de ces conférences.
C'est à Jeanne d'Arc que je dois l'idée de cet ouvrage et de son titre. Elle disait un jour qu'elle voyait saint Charlemagne et saint Louis intercéder auprès du trône de Dieu en faveur de la France. Il y a donc là-haut, dans la gloire, des Saints français qui n'ont pas oublié leur patrie de la terre et qui prient pour elle quand elle est en danger, des Saints qui sont nos alliés.
Mais la Pucelle a eu d'autres visions semblables. C'est l'une d'elles sans doute que, par l'ordre de ses Voix, elle a fait représenter sur son étendard. On y voit le Christ, assis sur un trône de nuées, entouré de deux auges, et bénissant une fleur de lis que ces esprits bienheureux lui présentent. Voilà bien encore des alliés.
Mais que dire de saint Michel, de sainte Marguerite et de sainte Catherine qui ne se contentaient pas de
(1) Les conférences contenues dans ce volume sur saint Michel, saint Martin, saint Remy, saint Louis, sainte Geneviève et la Bienheureuse Jeanne d'Arc sont tout à fait différentes des panégyriques de ces Saints que nous avons publiés dans nos volumes Gloires et Bienfaits des Saints et L'Ame de Jeanne d'Arc (Paris, Lethielleux).
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prier au Ciel pour notre pays, mais qui descendaient sur la terre pour aider Jeanne à le délivrer ! L'héroïne disait de sainte Marguerite : « Comment parlerait-elle anglais, puisqu'elle n est pas du parti des Anglais? » Elle était donc du parti des Français ! Et il en était évidemment de même des autres voix qui parlaient aussi français à la sublime enfant. Toujours des alliés !
Enfin, elle affirmait qu'elle avait été envoyée par Dieu, par la Vierge Marie et par les benoîts Saints et Saintes du Ciel pour sauver notre pays. Voilà donc le ciel tout entier qui se met en mouvement en notre faveur.
Dans le Mistère du Siège d'Orléans, que l'on jouait dès les années qui suivirent la mort de la Pucelle, on voit plusieurs fois saint Agnan et saint Euverte, patrons de la ville, intercéder pour elle auprès de Dieu.
D'autres documents hagiographiques que nous citons dans ces pages nous montrent des Saints, notamment saint Denys et saint Remy, dans la môme fonction charitable.
Notre histoire est tellement pleine de la protection des Saints envers nos pères et de la dévotion de nos pères envers les Saints que le cardinal Baronius a signalé ce trait comme caractéristique de notre nation. Et pourtant ce savant historien, qui était Italien, connaissait bien les autres nations catholiques, notamment l'Italie et l'Espagne. II répète plusieurs fois dans ses Annales cette pensée : « La France a pour fondement l'honneur qu'elle rend aux Saints; elle subsistera tant qu'elle les honorera; elle périra, si jamais