AU LECTEUR
Cette petite étude qui vient de paraître dans le Naturaliste Canadien, n'était pas destinée à être mise en brochure, mais à la demande d’un certain uombre d'amis, je l’ai fait réimprimer. Puisse-t-elle contribuer, je ne dirai pas, à faire aimer ces utiles petites créatures, mais du moins à les tolérer en raison des services qu’elles nous rendent.
Parmi les invertébrés que nous remarquous fréquemment autour de nous, il n'y en a peut-être pas dont la présence nous inspire autant de répugnance que celle des Araignées proprement dites. Si l’une d'elles s'introduit dans notre demeue, on s'empresse de l’écraser du pied aussitôt qu'on la voit; et qu'un bon matin on aperçoive, dans l'angle d’une fenêtre, la toile que l’une d'elles a tendue à graud'peine pendant la nuit, aussitôt le balai de Ja ménagère brise ce fin tissu et on tue sans pitié cette industrieuse Araignée comme étant un être nuisible, à qui on ne semble pas même reconnaître le droit d'exister, à l'instar des attr2s êtres de la création. Pourtant cette Araignée, si laice :oit-elle en apparence, n’en est pas moins l'œuvre du Créateur tout aussi bien que ces beaux lépidoptères aux couleurs éclatantes qu’on se plaît tant à admirer.
Toutefois, si nous voulions faire ici un rapprochement entre ces deux catégories d'invertébrés au point de vue de leur utilité à notre égard, nous y verrions que d’uu côté, les beaux Papillons tant admirés pour leur brillante parure, sont nos ennemis déclarés, car, à l’état de larves, ils ne se aourrissent que de matières végétales, et attaquent les feuilles, les fruits et même les arbres qu'ils font souvent dépérir. L’humble Araignée, au contraire, ne vit que d’insectes et d’autres petits invertébrés. Elle nous débarrasse d’une foule d'insectes nuisibles qui, pour la plupart, nous
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Il en sera de même des Acariens, quoique nous en ayons certaines espèces bien connues.
Toutefois je dirai, en passant, que ces animaux sont presque tous de très petite taille, et qu’un bon nombre ne sont pas même visibles à l'œil nu. Mais, si petits qu'ils soient, le microscope nous les montre pourtant composés d’une multitude d'organes dont l’ensemble concourt à l'entretien de leur frêle existence. En effet, ils ont un corps une tête, des yeux, des pattes, une bouche composée de plusieurs pièces, des mandibules terminées en pinces ou en crochets, ou bien en suçoir, contenant une espèce de laucette pour percer la peau des animaux.
Ils vivent en parasites sur les végétaux ou les animaux et même sur l’homme, dont ils déterminent certaines maladies de la peau, souvent très graves. On les retrouve également dans la farine, le fromage quelque peu altéré, les objets d'histoire naturelle animale qu'ils finissent souvent par détériorer. |
Les Araignées, que l'on confond ordinairement avec: les insectes, parce qu’elles ont, en apparence, quelques similarités dans leurs formes et dans leurs mœu rs, s’en distinguent par un corps qui ne se compose que de deux parties : l’une antérieure, formée par la tête et le thorax réunis, appelés céphalothorax, et ‘autre postérieure, nommée abdomen.. Elles sont munies de huit pattes, à l'exception du genre- Phytopus, dans la catégorie des Acariens, qui n’en ont que:
quatre. Les yeux des Araignées sont simples et varient de deux à huit; mais les espèces du genre Chernes, chez les Faux-Scorpions, en sont privés.
Chez les insectes, au contraire, les pattes sont au nombre de six, la tête est entièrement distincte du thorax avec lequel elle s’articule ; les yeux sont de deux sortes, simples, et composés, et se chiffrent par milliers chez quelques espà. ces ; ainsi dans la mouche domestique on en Compte 4,000,
tère de la famille des Mordellides.
et 25,000 chez un coléop Les antennes des insectes sont remplacées chez les
des mandibules appelées chélicères ou anformées de deux ou trois segments : Organes elles savent utiliser au besoin soit pour soit pour se défendre. Elles sont pourvues de glandes à venin, susceptibles de donner la mort ou d’immobiliser pendant un certain temps les petits invertébrés. Outre les chélicères, on remarque aussi deux organes importants, qu'on nomine maxillaires, et qui sont situés de chaque côté de la bouche ; chaque maxillaire porte un appendice articulé ou palpe, qui varie beaucoup dans sa forme et qui ressemble fréquemment aux pattes mêmes des Araignées: ce qui fait que ces appendices ont été sonvent confondus avec les véritables pattes.
Le toucher est d’une délicatesse extrême. La respiration est aérienne, et s'effectue soit par des trachées qui distribuent l'air dans toutes les parties du corps, soit au moyen d'organes aésignés généralement sous le nom de poumons ou de sacs pulmonaires. Les Araignées ne subissent point de métamorphoses mais elles éprouvent quelques mues où changements de peau.
Une des particularités les plus intéressantes dans l’histoire des Araignées, c'est la faculté qu'elles ont, pour la plupart, de filer des toiles qu’elles tendent aux endroits qu'elles choisissent comme étant les plus convenables pour la capture de leurs proies. Elles doivent cette propriété à des glandes spéciales situées dans l'abdomen et communiquant au dehors par de petits orifices, nommés filières, et
placées à l'extrémité postérieure de l'abdomen. Ces glandes sécrètent une liqueur gluante susceptible de se tirer en longs fils qui se dessèchent au contart de l'air. Certaines espèces en produisent de deux sortes suivant l'usage qu’elles en font; ces Araignées ont alors leurs glandes particulières.
Araignées par tennes-pinces, préhensibles q saisir leur proie,
nm nette éséiar ia
Mais les Araignées n'emploient pas seulement leurs fiis pour capturer leurs proies, elles les utilisent encore pour former à leurs œufs une enveloppe protectrice dans laquelle ils se développent. Elles s'en servent aussi pour descendre d’un endroit élevé ou pour atteindre un objet éloigné en se suspendant à un fil et se balançant jusqu'à ce qu’elles puissent saisir cet objet avec leurs pattes, ou encore pour se soustraire à la poursuite d’un ennemi en se laissant choir à l’aide de -e même fil. Un autre moyen auquel les Araïgnées ont également recours lorsqu'elles veulent atteindre ün endroit inaccessible, est celui de lancer un fil qui, trausporté par un courant d’air, va se fixer à l’objet qu’eiles veulent atteindre, et qui leur sert de pont par où elles puissent y arriver. Mais il y a quelques espèces qui ne sauraient se contenter de ses petits déplacements ; leurs goûts prononcés pour les voyages à longues distances, les obligent à recourir à des moyens vraiment étonnants pour arriver à leur but.
Ces Araïgnées, que l'on appelle Aéronotes ou Araignées volantes, se font surtout remarquer pendant les chaudes jourzées, à la fin de l’été et au commencement de l'automne, comme le témoignent ces longs fils isolés que nons voyons parfois à la campagne et qui, flottant librement dans l’espace, après avoir été abandonnés par l’Araignée qui les a produits, s’en vont se fixer à un endroit quelconque où la brise les a poussés. Mais il arrive aussi que ces fils restent attachés à l'endroit même où ils ont été projetés. Alors, lorsqu'un courant d’air les agite, on peut les voir flotter au-dessus des buissons, des longues herbes, sur des clôtures, etc.
Ces Araignées, qui appartiennent aux genres 7 #om1sus, Attus, Lycosa et Erigone, mais qui peuvent également se rencontrer chez d'autres genres, n’entreprennent ces voyages aériens que dans le jeune âge : car, à l’état d'adultes, elles
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sont trop pesantes pour que leurs fils puissent les supporter, au moins pour les grosses espèces,
Elles sont très communes aux Etats-Unis, dans l’Amérique du Sud et dans l’ancien continent où elles ont été l’objet d’études et d'observations toutes particulières.
Voici comment procède l’Araignée qui veut exécuter ses voyages aériens, Elle grimpe sur une branche d’arbris. seau, une clôture, à l’extrémité d'une tige d'herbe ou tout autre objet en saillie, anxieuse qu’elle est de monter le plus haut possible; puis elle se raicit sur ses pattes, relève la partie postérieure de l'abdomen et projette alors rapidement un fil très long, qui, en quelques secondes, atteint une longueur de plus de trois pieds. On conçoit qu'avec une telle rapidité de production, il lui faille peu de temps pour la sécrétion d’un fil assez long pour la supporter, lequel fil peut avoir environ de six à dix pieds.
À mesure que le fil se forme, il s'élève verticalement par l’action de la colonne d’air chaude ascendante, et lors- . qu'il est jugé de longueur suffisante pour supporter l'Araignée, elle s’y fixe et la voilà entraînée dans l’espace. Elle peut parcourir ainsi plusieurs milles, suivant la force du courant aérien, comme l’affirment des naturalistes européens. Il y en a même de ces Araignées qui ont été retrouvées flottant sur la mer à une grande distance de terre, car à raison de la conformation particulière de leurs pattes, elles peuvent inarcher facilement sur l'eau.
Si le fil ne s'élève pas lorsqu'elle le produit, l’Araignée le coupe, et il va se coller au premier obstacle qu’il rencontre.
En France, où ces petites bêtes sont très notnbreuses, au moins en certains endroits, leurs fils, quandilssont réunis en faisceaux, portent le nom de Æ/s de la Vierge.
Il y a cependant des Araignées qui ne filent point de toiles et qui préfèrent capturer leur proie en la chassant ; ces espèces sont ordinairement de grande taille et ont assez
de force ou d’agilité pour s'en emparer sans recourir à la tenture de la toile.
Lorsqu'une Araignée, telle que l’Epéire comriune, a choisi un lieu convenable pour tendre sa toile, qu’elle place verticalement, et qu’il lui est impossible d’v arriver, comme par exemple quand il s’agit de passer d’une branche d'arbre À une autre, elle projette un long fil qui flotte librement dans l’espace, retenu par un de ses bouts, Il arrive un momeut où, poussé par l'agitation de l'air, le fil rencontre un support et s’y colle ; l’Araignée reconnaît alors que son fil est fixé, le pelctonne jusqu'à ce qu’il soit bien tendu et l’attache solidement. Ce fil lui sert de pont sur lequel elle peut marcher suspendue par les pattes, ou bien d'échelle pour monter plus haut s'il est placé au-dessus d'elle. A laide de ce pont, elle fixe des fils aux branches ou autres objets voisins, de manière à former un carré on triangle plus ou moins régulier selon la disposition des supports environuants, de sorte qu’elle peut facilement se transporter ensuite d’un point à l’autre ; puis elle pose un ou deux fils qui traversent le cadre au centre, et de ce dernier point elle envoie d’autres fils rayonnant de tous côtés. La charpente terminée, il reste encore à réunir ces fils par d’autres de forme circulaire, ce qu'elle fait en commençant parle centre. On remarque que ces derniers fils sont d'une nature plus gluante que les autres, ce qui a pour effet de permettre À l'animal de les fixer plus solidement aux autres fils.
Quoique la disposition des fils de ia toile ne soit point d’une précision mathématique, elle n’en est pas moins digne d’admiration et témoigne chez l’Araignée d'une habileté peu commune.
Quant aux Araignées qui tissent des toiles horizontales, dans l'angle des murs ou autres constructions semblables, voici comment elles procèdent. À un point peu éloigné de l’encoignure du mur, l’Araignée attache un fil,
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puis elle mar. + sur la paroi du mur jusque de l’autre côté de l'angle, . eu près à la même distance, et là, elle fixe l’autre bout à: son fil. Si ce dernier n'est pas assez fort, elle le double ou le triple au besoin ; à l’aide de ce fil, il lui sera facile de poser tous les antres jusqu'à ce que la toile soit terminée.
Dans l'angle" le plus obscur de la toile, l'Araignée se tisse un tube soyeux, à l’intérieur duquel elle se tient cachée, pour surveiller sa toile sans être aperçue par les insectes qui viennent se faire prendre au piège, et aussi pour se soustraire à ses nombreux ennemis.
Lorsqu'une grosse proie vient s’embarrasser dans une toile, l’Araignée s'empresse de l’entourer de nouveaux fils pour qu’elle ne lui échappe pas; mais si cette proie est petite, elle se contente de la percer de ses crochets à venin, pour la tuer.
D'une manière générale, on peut dire que les Araignées ont été peu étudiées, si on les compare avec ce qui a été fait pour les insectes et autres invertébrés, et cette remarque s'applique avec beaucoup plus de raison en ce qui regarde les Araignées de notre province. Je puis même affirmer qu'aucun travail sérieux n’a encore été fait sur nos espèces.
Cette lacune est probablement due à la répugnance que nous énrouvons à manipuler ces inoffensives petites créatures. Uu autre obstacle qui en empêche également l'étude, c’est qu’il est très difficile, et même impossible dans la plupart des cas, de les conserver dans les collections avec leurs formes et leurs couleurs, qui s’altèrent au point qu'on ne peut plus les reconnaître.
tn étant
PETITE CLEF POUVANT SERVIR A RECONNAITRE LES DIFFERENTS ORDRES D'ARACHNIDES DÉCRITS CI-APRES.
A. Abdomen composé d'anneaux distincts, et soudé au céphalothorax dans toute sa
longueur.
B. Palpes très développés et terminés par
une pince didactyle...... ...,....., + PSEUDOSCORPIONES. C. Pattes ordinairement très longues et très grêles ;
CORPS DORE ne eu ram res seras PHALANGIDEA.
AA. Abdomen recouvert d'une peau uniforme et molle, sans anneaux, uni au céphalothorax par un court pédoncule.................,,.., ARANEIDEA,
Ordre PSEUDOSCORPIONES
Les Faux-Scorpions sont caractérisés par une ou deux paires d’yeux seulement, et même quelques-uns en sont privés ; l'abdomen est large, aplati et formé de onze anneaux, quelquefois de dix. La respiration est trachéenne, c’est-à-dire qu’elle s’effectue à l’aide de petits orifices situés sur les côtés du corps, et qui permettent à l'air de venir en contact avec le sang qu'il vivifie.
Cenre CHELIFER
Deux yeux; abdomen large et aplati, à extrémité arrondie, et formé de onze articles ou anneaux ; thorax bien distinct de la tête et de l'abdomen, sans en être toutefois séparé par aucun étranglement ; chélicères courtes et en pinces ; les palpes, dont la longueur surpasse celle du corps entier, se terminent par une pince didactyle,
Ces petits animaux se rencontrent sous les pierres, sous l'écorce des arbres, ainsi que dans les habitations. Ils se nourrissent de petits invertébrés.
Ils courent vite, de côté et à reculons aussi bien qu'en avant,
CHELIFER CANCROIDES
Couleur d’un brun foncé, avec plusieurs petites épines très courtes sur le thorax le faisant paraître comme chagri. né ; pattes d’égale longueur.
Cette espèce, qui est connue sous le nom français de Pince cancroïde, est de très petite taille, Puisque le corps ne dépasse guère plus de deux lignes de long, La longueur démesurée de ses palpes pourrait la faire confondre à première vue avec un jeune Scorpion, mais la forme arrondie de la partie postérieure de l’abdomen et l'absence d’appen-
dice corné, à cet endroit, la distinguent suffisamment du Scorpion.
On rencontre assez souvent cette Pince dans nos habi. lations, dans les amas de vieilles gazettes ou les volumes recouverts de poussière, dans les herbiers ou autres endroits, où elle s'occupe à faire la chasse aux petits insectes, aux Acariens, aux Psoques, etc. qui habitent ces lieux et qu’elle recherche avec avidité. Elle nous rend donc de grands services en nous débarrassant de ces pestes des musées et des bibliothèques. Quoiqu'elle soit active particulièrement durant la nuit, la Jumière du jour ne semble toutefois nullement l’affecter : car je l'ai souvent remarquée sur les murs et sur les fenêtres lorsque le soleil brille, cherchant ses proies dans les petites cavités ou fentes qui s’y trouvent, Elle court très vite, et a la faculté de se mouvoir de côté et eu arrière avec autant d'agilité et de vitesse qu'en avant.
On dit qu’elle saisit les Pattes des mouches avec ses pinces, dans le dessein de se faire transporter d’un endroit à
un autre : C’est ce qu’affirme, du moins, le Dr Hagan, du muséum de Cambridge.
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Ordre PHALANGIDEA
Deux yeux situés sur un tubercule saillant, placé vers le centre du céphalothorax ; ce dernier à peine annelé ou même pas du tout; abdomen cour! :t large, formé de six anneaux, et réuni au céphalothorax en continuité surtonte la largeur, semblant ne former qu’une seule masse: chélicères en forme de pinces; respiration trachéenne.
Les Phalangides sont des animaux errants, qui n'ont point de demeure fixe. Ils se tiennent ordinairement cachés pendant le jour, et ne sortent que la nuit pour chercher leur nourriture, qui consiste en de très petits animaux.
Genre LIOBUNUM
Corps petit ; pattes très grêles et très longues. LIOBUNUM VITTATUM
Couleur d’un brun roux, avec une bande longitudinale noirâtre sur le dos.
Cette espèce, connue aussi sous le nom latin de Phalangium dorsatum, est remarquable par la longueur démesurée de ses pattes, qui forme un contraste frappant avec la petitesse et la brièveté de son corps, lequel est presque arrondi comme tn pois; la tête est si peu distincte du corps qu’il faut faire bien attention pour l’apercevoir.
Cette Araignée que l’on nomme vulgairement Æawcheur, à la campagne, est très commune et se voit partout dans les prairies, les pâturages, le long des clôtures, autour des habitations, dans les vergers, les buissons et même dans la forêt ;on la rencontre souvent durant le jour parcourant les murs fraîchement crépis et autres revêtements, bien exposés au soleil. Parfois ses longues pattes s'enche-
vêtrent avec celles d'autres individus de son espèce, et après quelques minutes d'efforts souvent inutiles pour se libérer, elles finissent par tomber à terre.
Le nom vulgaire qu'on donne à cette Araignée est probablement dû à ce qu'on la remarque en plus grand nombre dans les prairies lorsque le foin vient d'être coupé, Parce que, étant dérangée de sa retraite, on la voit alors arpenter le chaume et les tas de foin, en quête d’une nouvelle cachette ou bien à la recherche de proies.
Il est probable que cette Araïgnée meurt à l'automne après avoir déposé ses œufs, puisqu'on ne la retrouve point au printemps. Elle n'atteint sa pleine croissance qu'en août. Avant cette époque, on la trouve surtout dans l’herbe,
On connaît peu de chose des mœurs de cette espèce qui vit errante, et on croit qu'elle se nourrit des nombreux petits insectes et d'Aphides qui vivent dans la moisissure des feuilles engaînantes et inférieures des graminées. On dit qu’elle s’élance sur sa proie comme fait le chat sur une souris, la saisit avec ses pinces, la broie entre ses maxillaires et l’avale, au lieu d’en sucer les liquides à l'exemple des autres Araignées.
Lorsqu'on saisit cette Araignée avec la main, il arrive que, en faisant des efforts pour recouvrer sa liberté, elle abandonne une ou plusieurs de ses pattes qui se détachent très facilement du Corps, et ces pattes ainsi isolées du tronc continuent à s'agiter convulsivement pendant plusieurs heures, comme si la vie se manifestait encore en elles pendant toute cette période de temps.
A l'exemple de certains insectes, sous l'empire de la crainte, cette Araignée secrète un liquide d’une odeur toute particulière, et cela dans le dessein probable d'éloigner d’elle son ennemi.
Ordre ARANEIDEA
Céphalothorax et abdomen non annelés, et réunis par un court pédoncule; abdomen très gros, souvent de forme globulaire, et muni à son extrémité postérieure d'organes producteurs de soie. Les pattes se composent de sept articles, dont le dernier est armé de © ux crochets, ordinairement dentés en peigne. Les chélcères on mandibules sont formées de deux articles ; le premier ou celui de la base est robuste, et le dernier, qui se termine en griffe articulée, est percé d'un orifice qui verse dans la plaie qu'il fait un liquide empoisonné secrété par des glandes particulières. Les palpes, qui souvent ressemblent aux pattes de ces animaux, ont été parfois confondues avec ces dernières ; cependant elles en diffèrent beaucoup dans leur forme, ainsi que dans l'usage que l’Araignée en fait. Catte différence de forme se remarque même d’un sexe à l'autre. Ainsi, chez la femelle, le dernier article ressemble à ses propres pieds, et il est ordinairement pourvu d’une griffe bien apparente; tandis que, dans le mâle, cet article ne leur ressemble pas, il est plus ou moins renflé vers le bout, et sa structure en est plus compliquée,
Le plus grand nombre ont huit yeux ; cependant, il y en a qui n’en ont que six, quatre ou même deux; de plus, chez celles qui vivent dans les cavernes, il s'en rencontre où ces organes sont atrophiés.
Les yeux sont disposés sur le dessus de la tête, de telle sotte que l'Araignée peut, sans remuer, voir tout ce qui se passe autour d’elle, et qu’il est très difficile de s’en approcher sans en être aperçu longtemps d'avance.
La respiration s'effectue au moyen de sacs pulmonaires, qui sont au nombre de une ou de deux paires ; quelques Araignées respirent cependant par des trachées.
Ces sacs pulmonaires consistent en deux ou trois la-
Genre THEREDION
Chélicères petites et de forme cylindrique ; huit yeux égaux, placés sur deux rangées de quatre chacune; les quatre yeux du centre forment presque un parallélogramme, ceux des côtés sont situés en diagonale, Pattes grêles ; la première paire est la plus longue, puis vient ensuite la quatrième ; la troisième paire est la plus courte.
Ces Araïgnées sont pour la plupart de petite taille, et filent des toiles à réseaux lâches, mais réguliers, qu'elles placent dans des endroits solitaires, entre les feuilles des arbres, dans les buissons, sur de grandes herbes ou bien encore dans les fentes des murailles.
Les fils qui entrent dans la formation de la toile sont disposés en tous sens.
THEREDION SERPENTINUM
Couleur rousse; abdomen d’un jaunâtre lustré, avec deux lignes sinueuses noires; le dessous du corps et mélangé de noir.
Cette espèce, qui est peu commune, se rencontre dans les bois et les buissons. Elle entoure de soie certaines feuilles d'arbres, en fait une sorte de tube dans lequel elle se retire pour y dévorer sa proie ou pour s’y reposer. Le tube est toujours situé à proximité de sa toile.
THEREDION BOREALE
Couleur générale d’un brun grisâtre; une bande transversale blanchâtre sur l’abdomen, antérieurement, avec une autre longitudinale de teinte plus pâle, sur le milieu rejoignant la première ; quatre points enfoncés, dent deux
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Peu partout, Pourvu tout
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toujours prête à fera prevdre au se jeter sur Ja toile et ’Araignée s’em-
globulaire : chélicères Courtes ; Posés en carr
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