THOMISUS CELER
Pattes de longueur moyenne ; abdomen pyriforme. Cou-
leur d’un jaune pâle avec une légère teinte de vert d'herbe,
particulièrement aux pattes ; abdomen portant l'empreinte
de deux rangées de points, disposées en croissant. La lon-
gueur des pattes est dans la même proportion que ceile de
l'espèce précédente.
Semblable à celle qui précède, cette espèce se voit
également sur les fleurs où elle se nourrit aussi des petits ae
insectes qu’elle y capture. ———., Re 0) Chélicères très longues et très déliées: huit yeux iné-
gaux disposés en trois rangées ; la première.est composée de
quatre yeux, les deux du centre étant à peine plus gros que
les latéraux; la seconde rangée, qui comprend deux yeux
très petits, est placée bien près de la troisième rangée qui
elle-même se compose de deux yeux, mais plus gros que
ceux de la rangée médiane. Les pattes les plus longues
sont la première paire, puis vient la quatrième.
Ces espèces sont errantes et chassent leurs proies,
EPIBLEMUM FAUSTUM
Couleur d’un brun £tisâtre, avec le bord du céphalothorax, deux taches sur ce dernier, quatre lignes courtes ‘sur l’abdomen et la base de ce dernier, blancs.
Cette Araignée est assez commune et se montre de préférence sur les murailles où elle fait la chasse aux petits insectes qui les fréquentent. Ainsi on la voit fréquem. ment sur les murs de la ville, surtout sur ceux qui sont exposés au soleil, Parce que là les insectes viennent en plus grand nombre qu'ailleurs pour se chauffer au soleil,
Genre Arrus
Chéiicères robustes et peu longues ; huit yeux inégaux, disposés sur trois rangées ; la première est formée de quatre yeux, les deux du centre étant plus gros que les latéraux ; la seconde rangée se compose de deux yeux très petits et situés en arrière des Yeux extérieurs de la première rangée ; la troisième, également composée de deux yeux, mais plus &Tos, sont placés parallèlement à ceux de la seconde’ ran-
Les pattes sont grosses et de longueur variable, mais plutôt courtes que longues.
Ces Araignées non plus ne construisent point de toiles, et chassent leurs proies; mais elles se confectionnent un
‘ tube en soie, dans lequel elles subissent leur mue et passent l’hiver.
ATTUS ROSEUS
Céphalothorax blanc, noircissant graduellement à la base; abdomen de teinte rosée, blanchissant à la base ;
pattes d'un jaune pâle ; la première paire est la plus longue, elle est aussi la plus robuste, puis la quatrième, la troisième paire est la plus courte.
Cette jolie espèce, qui est rare, vit dans l'herbe des champs ; elle a la faculté de faire de longs sauts et à l'exemple des précédentes elle peut très facilement se mouvoir de côté et en arrière.
A'ïTUS FAMILIARIS
Corps velu. D'un gris pâle avec l'abdomen noirâtre, et portant une bande angulaire grisâtre, bordée de blanchâtre. Pattes d'égale grosseur. La quatrième paire est la plus longue; puis la première paire; la troisième étant la plus courte.
J'ai souvent rencontré autrefois, à la campagne, cette Araignée qui se cache sous les boiseries des fenêtres, des
portes, dans les fentes ou cavités du bois qui recouvre les maisons ou les granges, pour s'emparer d=s insectes qui viennent se poser à ces endroits. Mais elle choisit de préférence les lieux qui sont le plus exposés au soleil : car elle sait, par son instinct, qu’un plus grand nombre de ces petits invertébrés, et notamment les mouches, y viennent plus fréquemment se chauffer au soleil et prendre leurs ébats, plutôt qu'ailleurs.
Il est intéressant d'observer cette Araignée quand elle veut s'emparer d’une mouche qui vient se poser dans les environs de sa retraite. Aussitôt qu’elle l’aperçoit, elle sort immédiatement de sa cachette et marche vers sa proie, avec toute la prudence possible pour ne pas l’effrayer. A mesure qu’elle avance on remarque qu'elle suit tous les mouvements de sa victime, selon que cette dernière se dirige d’un côté ou de l’autre, ce que l’on constate par le déplacement du céphalothorax de droite à gauche sans que
l'abdomen remue en aucune façon, ce qui est probablement unique chez les Araignées. Plus l'Araignée approche de sa proie, plus ses mouvements deviennent imperceptibles ; enfin lorsqu'elle se croit suffisamment proche, d'un bond elle s'élance et la Proie est capturée,
Cependant il arrive quelquefois que l’Araignée ne ca]cule pas toujours bien juste la distance qui la sépare de sa Proie: car on constate que la vue chez cette classe d'inver. tébrés n'est pas de première force ; et elle s'exposerait à tomber sur le sol, Mais, par mesure de prudence, elle fixe un fil à l'endroit où elle se trouve avant de prendre son élan, de sorte que si elle fait fausse route, ce fil la retiendra suspendue et la préservera d’une chute
Elle est très agile et court très vite et souvent par petits sauts.
Genre LycosA
Chélicères robustes ; huit yeux inégaux, disposés en trois rangées ; la première se compose de quatre yeux petits, situés sur une ligne droite on courbe; la deuxième est formée de deux yeux plus gros; la troisième rangée se compose également de deux Yeux, mais ces derniers sont plus écartés et sont placés plus bas vers les côtés. Ils forment presque un carré avec ceux de la rangée médiane, Les paftes les plus longues sont la quatrième paire ; vient ensuite la première ; la troisième paire est la plus courte,
Les Lycoses,ou Araignées-Loups, comme on les appelle quelquefois, sont, pour la plupart, de grosses espèces velues, aux couleurs sombres, aux formes robustes et qui sont très habiles à courir. Elles ne tissent point de toiles pour la capture de leurs proies ; mais, confiantes dans leur force et leur agilité, elles préfèrent les capturer en les Poursuivant ou les saisir à l'improviste, On les rencontre
errant à travers les chemins, dans les champs, au bord des
eaux, ainsi que sur les plantes aquatiqties qu'elles parcourent avec beaucoup de dextérité.
Elles se retirent souvent dans les cavités de rochers, sous les pierres, les pièces de bois ou tout autre endroit qui puisse leur servir d’abri.
Un certain nombre creusent un petit trou en terre de plusieurs pouces de profondeur, qu’elles tapissent de soie et daus lequel elles passent l'hiver.
Les œufs des Lycoses sont enveloppés dans un cocon en soie de forme ordinairement orbiculaire.
Une des particularités de mœurs aussi intéressante que digne de notre admiration pour de petites créatures si peu douées, c'est le sentiment de l'amour maternel porté si loin pour leur progéniture, qu'il l'emporte de beaucoup sur la douleur physique quelque intense qu'elle soit. En effet, certaines Lycoses montrent un tel attachement pour leur cocon qu'elles le transportent avec elles partout où elles vont ; elles le prennent entre leurs mandibules ou bien le fixent à l'extrémité de leur abdomen par un court pédoncule en soie.
Si un ennemi essaie de s'emparer du cocon d'une Lycose, elle se sauve en l'emportant, et cela avec toute la rapidité possible ; mais si on la met dans l'impossibilité de fuir, elle le recouvre alors de son corps, l'entoure de ses pattes pour mieux le protéger, et se défend contre son agresseur avec toute l'énergie et la férocité dont elle est capable. Elle perce de ses crochets à venin quiconque tente de s’en emparer. Elle se laissera tordre et arracher les membres les uns après les autres plutôt que d’abandonner son trésor ; et ainsi mutilée, elle continuera encore à le protéger de son corps jusqu'à ce qu’elle meute.
Un ami m'a apporté un jour une Lycose avec son cocon qu'il n’avait pu se procurer qu’en lui arrachant cinq
de ses membres. À la fin il l'avait percée sur son COCOn
avec une épingle, Elle est morte en le tenant toujours étroiec les trois derniers membres qui Jui res-
taient.
On chercherait en vain des exemples d’un semblable dévouement chez les autres classes d’invertébrés, et même aussi chez les animaux d'ordres supérieurs.
Si l’on réussit à s'emparer du cocon d’une Lycose et qu’on le place hors de sa vue, c’est le contraire qui arrive: toute sa férocité et son courage labandonnent ; elle reste comme paralysée et n’essaie pas même de se sauver. Mais du moment qu’on le lui rend, tou et elle s’élance sur ce trésor, l’e pattes et se prépare à le défendre contre son agresseur.
Non seulement la Lycose protège ses œufs, mais elle étend encore sa sollicitude jusque sur ses petits dans les Premiers jours de leur éclosion ; elle les porte sur son dos et leur prodig-1e de Ja nourriture, Dans cette condition, la mère offre nne apparence très laide; elle est beaucoup plus grosse qu’à l'ordinaire et comme hérissée de poils. Si un danger la menace, tous les petits abandonnent la mère et se dispersent sur le sol.
morsure de cette araignée, moins pour l’homme, expériences.
Il en est de même pour la Mygale de Hentz, que l'on: nomme aussi Tarentule. Cette grosse Araignée habite
les régions équatoriales de l'Amérique ainsi que le sud des Etats-Unis.
Le venin de cette «père tue les petits animaux, mais il ne peut causer à homme tout au plus que de légers accidents. Cette gros :& espèce est } arfois transportée bien Join de son habitat, et i! arrive que nous en trouvons ici dans les régimes ou grappes de bananes importées du Sud.
LyCcosA RI'ARIA
Couleur brunâtre ou d’un noir verdâtre ; céphalothorax mélangé de noirâtre et portant une étroite bande longitudinale jaunâtre; abdomen en dessus avec des taches triangulaires noires, et une série de points blanchâtres de chaque côté. Pattes avec des anneaux nuirs où d’un brun verdâtre.
On donne cette espèce, dont je n'ai qu’un seul spécimen, comme ayant des habitudes aquatiques et se rencontrant toujours près de l’eau.
Cette Lycose correspond pour la plus grande partie à la description qu’en donne Hentz. Elle a été capturée avec son cocon, au bord de l’eau à l’île d'Orléans ; mais comme certains caractères se trouvent effacés, car il y a plus de vingt-cinq ans qu’elle est dans ma collection, je ne voudrais pas garantir absolument qu’elle appartient certainement à l’espèce dont il est ici question.
Avec cette dernière espèce se termine la description de toutes les Araignées qu'il im’a été possible d'identifier. Il m'en reste encore un certain nombre appartenant aux genres Attus, Epeira, Lycosa et autres ; mais les descriptions trop concises des auteurs qui sont à ma disposition ne m'ont pas permis de les déterminer stfisamment. Il est probable que quelques espèces parmi ces dernières n’ont pas encore été décrites.
Je comprends que la liste des espèces mentionnées ici
est encore bien limitée; tout de même, ce sera toujours quelque chose de fait dans ce champ inexploré pour nous. À d’autres maintenant incombera la tâche d'étudier les espèces qui n’ont pu être signalées ici.
Je ne saurais toutefois terminer cette étude de nos Araignées sans remercier bien cordialement ‘mon ami, M. Wilson Baïllairgé, pour l'aide efficace qu’il a bien voulu me donner en collectionnant lui-même et en comparant, avec les descriptions de Hentz, la plupart des espèces ci-dessus décrites et qu’il a bien voulu ensuite offrir au Musée zoologique de l’Université Laval.