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LE CAHIER PRIMITIF

do M IR AMONT

Nous devons à notre vénérable ami M. Dupiri, ancien maire de Miramont, le résumé du Cahier des doléances des habitants de la ville, paroisse et juridiction de Miramont, sénéchaussée d'Agénois, réunis, le 8 mars il89, en V auditoire (sic) du lieu.

Ce furent MM. Milhet de Belisle et Chaumes, consuls, qui furent chargés de le porter à l'assemblée des électeurs du Tiers.

En comparant le résumé du Cahier de Miramont avec le Cahier général du Tiers-P^tat de FAgenais, on se convaincra sans peine que la plupart des revendications des habitants de Miramont furent accueilHes et approuvées par l'assemblée générale du Tiers qui les fit passer dans le Cahier général. C'est une preuve de plus que, quoi qu'on ait dit, le Cahier du Tiers-État ne fut pas l'œuvre personnelle et exclusive de M^ Borie.

Yoici le résumé du Cahier primitif de Miramont :

Pour acquitter les dettes de l'Etat et pourvoir aux besoins du service, la Noblesse doit contribuer aux impôts en proportion de ses facultés ; tous les fonds nobles doivent être imposés comme les fonds roturiers.

Tous le^ fonds nobles du Royaume seront imposés à la taille et vinjçtièmes ; toute nobilité de fonds sera éteinte.

Les chemins profiteront aux deux premiers Ordres de l'État comme au Tiers; la corvée, soit en nature, soit en argent, sera supportée par les trois Ordres en proportion des facultés de chaque individu.

Une subvention sera créée , à prendre sur tout oflice civil et mili-

taire , excepté pour les notaires de campagne et sur les officiers de l'armée.

Jusqu'à l'extinction des dettes de l'État et de celles du Clergé dont le Roi demeurera chargé , les archevêques seront réduits à 30,000 liv. de revenu, les évêques à 20,000, les abbayes royales à 6,000, les dignitaires des cathédrales à 2,400, les curés à deux desseiTants à 2,000 et, à un desservant, à ^,500, les individus en communautés reniées à 600 livres.

Les biens du Roi, engagés à vil prix, seront retirés des mains des engagistes et donnés à bail. Le preneur paiera l'intérêt aux créanciers du Roi et, avec le boni , on établira une caisse d'amortissement pour opérer graduellement le remboursement du principal.

Tous les individus nobles ou roturiei^s seront imposés sur le rôle de capitation de leur paroisse.

Les Écoles royales militaires seront supprimées, étant trop onéreuses.

Les appointements des officiers seront diminués ; toutes les pensions en suiTivance seront éteintes.

Les milices seront supprimées; l'armée se formera par eng-agements ; à cet efTot, on augmentera la paie des soldats et des bas officiers.

Le tarif du contrôle sera intelligible et les droits moins forts.

Les impôts seront levés d'une manière plus simple et moins coûteuse et versés directement dans le trésor royal.

Les États Généraux seront assemblés périodiquement tous les cinq ans; les impositions seront consenties et déterminées par eux.

Telle est la substance du Cahier primitif de Miramont. Le cahier, nous dit M. Dupin, est long et diffus. Il n'en faut pas moins souhaiter que le texte original en soit publié. L'importance et la rareté de tels documents en rachètent tous les défauts.

Milhet de Belisle fut, sans doute, l'auteur ou tout au moins l'inspirateur du Cahier de Miramont, puisque ses concitoyens le chargeront d'en faire prévaloir les revendications dans l'assemblée du Tiers. Il y réussit et l'on peut conjecturer que là est le secret de son élection comme Député aux Étals Généraux — élection qui , comme on a pu le voir, se fit en son absence et, probablement, à son insu. — A, M.

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