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Discours de M. Chs Thibault à l'occasion de la fête Nationale 1904,
M. le Président, Mesdames et Messieurs :
Nos cœurs, comme Ja patrie, sont en fête, Et Pour nous, citoyens de Waterloo, c’est double plaisir ; celui de vous recevoir et celui de célébrer notre grand jour national.
Pour nos amis de Montréal (1) la grande nature de noS Cantons de l'Est, cette Suisse du Canada, à revêtu ses plus beaux attraits. Nos arbres semblent plus ombragés : nos collines plus attrayantes ; NnOS monfagnes plus grandioses ; nos lacs
(1) Les Commis-E qui ont fait le
de cette ville pou nale,
est l'infaillible ciment des choses durables.
La guerre, rnystérieuse comme tout ce qui est divin, est la grande justicicière qui passe à travers le monde.
Notre jeune pays, loin d’avoir échappé à cette loi inexorable, formulée à l’origine même des temps, est un exemple frappant. Tant il est vrai que la solidarité existe toujours ; tant il est vrai que les arrêts de Dieu sont aussi universels que permanents.
Les nations antiques, ayant prevariqué, furent condamnées à s’entrégorger elles-mêmes ; leur seule fraternité fut celle d’Etéocle et de Polynice.
L’ Asie a péri, déchirée de ses propres mains ; l'Afrique s’est ensevelie sous ses propres décombres. Quelques ruines éparses, seules, attestent l'existence de leurs cités antiques, monuments de l’orgueil de leurs
sétaniiientie
cruels Conquérants et de l'esclivage de leurs anciens habitants.
La Grèce, Paradis terrestre orier:tal des arts, de la Husique, de Ja poésie, de l'éloquence, est disparue, si que ses nations Conquises, avec le peuple romain qui l’a vaincue ele-méême,
Pourquoi le colosse de Rome s’est il Écraet à SON tour, sous les coups des barbares ? Pourquoi les .6S de ses tyrants sont-elles à jamais dispersées par les Vents de Ja colère ec leste ? si ce n'est À cause d’une Prévarication imnense, nécessitant un châtiment inoui,
Voilà se qu'a causé Ju chute du Premier homme : Voilà ce qu'ont né.
cessité les forfaits des peuples.
Car tous sont infidèles à Ja mission dont ils étaient investis,
Le ciel ayant effacé de la carte de l'univers l'empire de Rome, vers lu fin du 5ème siècle, avait appelé de nouveaux Peuples à l'existence à
même. Nous entrevoyons de nouveaux horizons.
Mais, notre Cap Tourmente serait-il à jamais franchi ?
Voguons-nous, à pleines voiles, vers nos riantes destinées ?
De nouvelles tempêtes ne nous assailliront-elles pas ?
Triple question auxquelles, avec votre bienveillante permission, messieurs, je répondrai en peu de mots.
Vous le savez bien, le bonheur n’est jamais sans mélange ici-bas.
Autrement, pourquoi notre cœur serait-il une lyre merveilleuse, éveillant tous les sons, chantant toutes les joies, pleurant toutes les douleurs ?
Si nous étions faits exclusivement pour une félicité perpétuelle, pourquoi des lamentations, des déchiresnents, des sanglots et des larmes ?
C'est que cette terre n’est pas lai-
te pour le bonheur ; c’eit qu'il y « plus d’épines et de ronces que de tleurs et de fruits,
C’est que sur la race humaine pèse Uu remord qui l’écrase et lui rap pelle une chute d'a tant plus insondable qu’elle est Prus mystérieuse, C’est que le crime Adamique assombrit tous nos jours, abat toutes nos volontés, assèche tous no8 Ce? rs et tlétri: tous nos espoirs,
Sondons nos consciences ; uescendons dans les abimes mystérieux, dans les repli, les plus intimes de nous-mêmes, et qu'y trouveronsnous ? Sinon un penchant irrésistible à nous soustraire aux lois mémes de notre état, aux fins de notie existence, aux voies de notre bienêtre et de notre avenir !
Ce qui en est de l’homme isolé, l’est aussi des agrégations d’individus,
Notre origine, comme peuple, 4 eu Une aurore sanglante, Le sang
plus limpides ; nos rivières plus enchanteresses ; nos sources plus rafraîchissantes.
Votre présence, mesdames et messieurs, ranime nos joies.
Le ciel sourit +ux roses ; et les roses vous sourient.
C’est que tout est expansion, sutisfaction, exaltation.
C’est qu’en ce beau jour, que le ciel a fait pour ses enfants de prédilection, nos cœurs battent à l’unisson; nos esprits sont plus dégagé, nos âmes plus confiantes, nos espérances plus fermes.
Regardez partout, messieurs ; que voyez-vous? sinon la gaiété sur toutes les figures ; le sourire sur toutes les lèvres ; le bonheur dans tous les yeux.
C’est que Dieu qui anime, à son heure, la terre endormie sous le souffle de l’hiver, l’éveille en ce moment, la couvre de moissons et de fleurs, et met en nous je ne sais quoi
de vai, de rajeuni, de charmant, de consolant, de suave.
De fait, Messieurs, n'est-ce pas un spectacle unique, dans les annales des peuples que de pouvoir, à l’ombre de notre d apeau, au milieu d’une prospérité relative, dans les illusions de l'avenir, s'arrêter un instant, dans la marche de nos destinées et constater notre heureuse position, comparée à celle des autres PAYS, Cuume le voyageur arrive sur le haut d’une montagne, de jeter Un regard sur les deux versants Opposés ?
Là, plus près du ciel, Jes Vaius bruits de la terre arrivent Joint, L'on peut réfléchir plus sûrement sur le chemin parcouru, entrevoir plus clairement celui Qui ncus reste à parachever.
Il en est ainsi Jour nous, Canadiens-français, Benjamin des nations Notre route, longtemps parsemé.
d’épines, semble s’améliorer d’elle-
les nations modernes sont nées.
Parmi ces dernières, la France, notre ancienne mère-patrie, semble avoir recu le plus de faveurs, avoir été ornée des plus beaux dons. Fidèle à sa mission,” annoncée par St- Rémi à Clovis, son premier baptisé, elle fut victorieuse, forte, noble, glorieuse,
L’Antique serpent, toujours jaloux du bonheur de l’homme, lui prépara d’abominables poisons, de mortelles ambûches.
La nation, déjà atteinte par le contre-coup de la révolte luthérienne, qui avait sapé l'autorité, et préparé le règne du scepticisme, s’éprit des doctrines monstrueuses qui l’ont plongée dans un déluge de maux, et quila conduisent encore aujourd’hui dans un abîme de déshonneur, de fange et de honte.
La France officielle a rejeté Dieu, et Dieu la rejette.
Si la Foi allait être chassée de l’u-
nivers entier, le ciel S’écroulerait de lui-même! la lumière cèderait devant le chaos ! la nuit remplacerait le s0leil ! la parole de Dieu aurait pas- ‘ sée ! son Sang Serait inefficace ! blas- Phêmes que les inpies peuvent proférer du bout des lèvres ; qu’ils ne croient pas encore, heureusement, dan: leur cœur.
Le peuple canadien est né de Ja nécessité religieuse et du besoin d’€tendre le règne de Ja foi sur un continent ençore assis dans les gouffres de la mort. Notre mission est toute tracée ; elle est écrite, en caractères ineffacables, au livre d’or du ciel.
S'il faut parfois craindre pour nos destinées Canadiennes, messieurs, c'est que nous Sommes d'autant plus redevables que nous avons rlus TEGUS ; Car notre mission est Évidemment religieuse, civilisatrice, colonisatrice et agricolo. Notre his.
toire l’atteste.
Y sommes-nous fidèles ?
Regardez ! voyez !! jugez!!! si
Oo v Abd l’historien décrit, l’orateur démontre.
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Rien de grand ne s’accomplit sans l'épreuve ; rien de stable ne se fonde sans le travail; rien de ce qui doit survivre ne s’établit sans le dévouement, l’héroïsme et parfois la mort.
La lutte donc à l’origine, le travail, l'épreuve, les larmes et la guerre.
Guerre de nos ancêtres contre la terre pour lui arracher leur subsistance.
(Guerre contre la barbarie pour la soumettre à la civilisation.
Guerre aux étrangers pour garder notre territoire, maintenir notre autonomie, conserver notre caractère distinctif, préserver notre religion.
notre langue et nos lois.
Guerre de tous les jours contre
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sages
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nous-mêmes, contre les passions qui nous assaïllent, contre les maux qui nous assiègent, contre les mauvaises doctrines qui nous envahissent, contre les dangers qui nous menacent,
La guerre est donc état perpttuel de l'humanité.
De fait, depuis la première aurore qui s’est levée sur l’Eden jusqu'au dernier sor“#o de la dernicre brise qui rafraichira les mondes, un fait certain, lumineux, Patent, mais inexplicable, accable l'esprit, subjugue le cœur et atterre l’humanité.
C’est cette perpétuité de -la lutte des hommes contre les éléments, contre leurs semblables, contre la hature et contre eux-mêmes,
D'où viennent donc ces maux qui nous broient comme l’aquilon brise le roseau ? Sinon, de ce qu’à l’origine même il a été déposé en nous le venin de toutes les destruetions, de toutes les violences, de
toutes les injustices, de toutes les iniquité, de toutes le: morts ?
Les nations di parues ne +e sont formées que par les armes, n’ont grandi que dans les combats, ne se sont maintenues que par les luttes, ne se sont con olidées que par le sang.
L’antiquité ne nous apparait qu’à travers de sanglant. nuages, tant le sang a été abondamment répandu.
Son efficacité e-t tellement absolue que rien de grand, de solide, de duable ne s’accomplit sans des flots de sang. La rédemption même n’est qu’à ce prix.
La guerre qui a pris naissance au ciel, s’est perj'tuée dans tons les lieux, chez toutes les nations, à toutes les époques, sous tous les cieux et jusqu’à nous,
L'Europe et l'Asie, toujours aux prises, depuis Troie jusqu’à Port arthur et Vladivostock, semblent éteruiser là lutte entre l'esprit et la ua-
AG a Aion
Se pur,
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ture, entre Ja vétité et l'erreur, entre Ja liberté et l'esclavage, entre l'islatvisme et Je christianisme,
C'est donc Ja guerre perpétuelle, le dualisme de tous les âges dont le prix est le bonheur te:upore] des peuples où le malheur éternel des âtmes,
Er l’on Proclame, à gnn de trompette, notre état de Paix; notre vie tranquille, notre bonheur : l'en voudrait nous eudoruir, au Milieu des parfums Soporifiques, au sifflement de Ja Vapeur, au bruit de nos usines,
vaises doctrines Qui out perdu le vieux monde et qui déjà causent taut de mal parmi DOUS, Malheur à la nation qui s'endorc dans l'indolence, qui désarme, qui se repose, quand ses ennemis veillent, s’orya.
aisent, se préparent, fourbissent leurs aïmes et envahissent.
Sou 1éveil sera Ja luort,
11 faut faire aux méchants guerre conti- [nuelle, La paix est fort bonne de soi, J’en conviens ; mais de quoi sert-elle Avec des ennemis sans foi ?
Et ne sommes-nous pas cernés p r des adversaires sans foi ?
Ne sommes-nous pas minés par des doctrines de mort qui pullulent, au sein même de notre pays ?
Faisons-nous des efforts pour réagir contre tous ces maux ? nous préparons-nous par l'union intime de tous les enfants de la patrie? par la création d'ure presse saine, religieuse et patriotique ? par de fortes études, par uue vigilance soutenue, par le respect de nos traditions, par l’exemple de nos ancêtres, à repousser les assauts dirigés, de toutes parts, contre nous ?
Hélas ! la main sur la conscience, répondez aflirmativement, si vous n'êtes pas coupables du triste état de choses qui se prépare à fondre sur les Canadiens,
ce ten satire
re
En vain les rêveurs prêchent-ils les douceurs d’une paix universelle ; €n vain jette-t-on Jes bises detraités qui doivent nons assurer cet heu.
tres, Car si leg homes s'agitent, c'est Dieu qui les mène ; à la victoi.
r' ou à Ja défaite, à la vie ou à Ja rt, selon Ja Mesure de leurs ver.
tus ou ie comble de leurs iniquités andis que l’on ne se Dbassionne plus que pour Je Puéril et le fiivole, pour les jeux, Jes cirques, les thé4tres, le Toman, les courses et la poli.
tique, on se laisse €ngourdir, on laisse enchaîner notre liberté.
Notre décadence morale est co nmencée,.
Aussi, la corruption politique monte-t-eile sans cesse, L'achat des
consciences est à l’ordre du jour.
C’est le grand moyens des parvenus; notre vicil honneur s’en va,
Et, en effet, Messieurs, qui s’oceupe maintenant, parmi les diplomates, les couvernants, les grands, les princes et les rois des sublimes problèmes de l'âme, de la morale, de la religion, des fins ultimes de l’homme ?
C’est que ceux-ci ont corrompu leurs voies ; qu’ils rejettent la tutelle du ciel pour marcher sous l’éten:' dard du mal,
Et l’on vient dire que D ramènera le peuple, en lui enseignant la vertu politique et autre, quand le pernicieux exemple vient d’en haut!
vaine théorie. Il faut guérir la cause du mal, avant d’essayer d’en atténuer les effets.
Ainsi, les nations séduites, trompées, entrainées par les grands, les politiques, les hommes d’état, les acteurs immondes, une presse im-
a né
pic, une littérature abjecte,
attirée:
par des syrènes
enchanteresses, s:
précipitent, tête baissée, dans l’altme. Partout la mort en
Et pourtant la foi ne ] Dieu retire cette céleste iessauère du milieu des peuples du vieux monde pour en illuminer ceux de la Jeune Amérique.
Nos pères l'ont accueillie avec aour, l’ont propasée avec soin; Ja ConservVons-nous intacte 2
De fait, notre cher Canada, fondé duns les larmes, agrandi par le dé- Vouement, sanctifié par le conservé par l'héroïsme, par l’Église, enrichi par le échappe-t-il anjourd’hui tés de l’histoire 2
Hélas ! que de points noirs à l’horizon !
Le séjour des grandes villes n’at-il pas déteint considérablement sur
face,
eut périr,
Inartyre, soutenu travail,
aux fatali-
mice
nos mœurs, notre foi, notre patriotisme ?
En abandonnant l'agriculture par laquelle le ciel nous promettait une existence paisible, n’avons-nous pas profondément altéré notre caractère national? Ne nous ‘étiolons-nous pas dans l'air empesté de nos grands centres? Nos jeunes gens ne se. jettent-ils pas trop éperduement dans les professions libérales ? Travaillons-nous comme nous devrions le faire, dans toutes les sphères, dans toutes les hiérarchies de la société ?
En nous enrichissant, n’avonsnous pas sucé le poison qui a déimoralisé les nations riches ? “ans doute qu’il fant des commercants et des industriels, mais en toutes cheses ne faut-il pas une mesure ?
Ne devenons-nous pas des jouisseurs ?
N'avons-nous pas gagné en égoïsme ce que nous avons perdu en vénérosité ?
Pt me immo
Notre bourgeoisie actuelle ü-t-clle le même dévonement, li même charité, le même désintéressement que les anciens ?
Le lingage des Coinercants, des agioteurs, des parvenus n'est-il pis déjà considérablement ultéré ?
Lentement, mais sûrement l'an glomanie nous envahit.
Nos grandes cités deviennent hétérogènes ! Le Juif en prend posses- SION aVec sun or, enfoui sous ses logues ; le méridional avec Son poignard caché dans son sein ; le saltinbanque, avec ses théâtres jmmondes, l'impie avec ses principes subversifs, le sectaire avec sa haine féroce !
Nombre de citadins deviennent francs Rhfons, et le mal vient d’en haut! Qu'il nous tive d'Europe un haut vradé MacoNnique quelconque ; qu'il vienne nous débiter de petites historiettes à faire dormir nos g'and’mères debout. vous verrez les
classes dirigeantes, les hauts personnages accourir pour entendre ces sornettes. Quels pernicieux exemples !
Aussi comme l’on marche vite vers le déclin moral, vers l’irréligion, vers la ruine.
À qui'auront done bénéficié et les luttes de nos pères ? et les travaux de notre clergé ? et le sang de nos martyrs ? et les combats géants de nos guerriers ?
A qui auront done Jrofité et les revendications de Lafontaine, et les efforts de Morin, de Bédard, de Papineau ? et les luttes parlementaires des Cartier, des Loranger, des Viver, des Nelson ete.
A quoi aura servi l’échafaud de Delorimier, de Duquette, de Cardinal et de leurs compagnons; victimes de la haine de nos ennemis, si l’on perd, par notre faute, le fruit de leurs travaux ? la récompense de leurs mérites ? si l’on perd notre caractère national. notre fierté légiti-
Ph RARE es He
An 2 NU ce à
TE
me, la beauté de notre langue, 11 pureté de nos mœurs, la vivacité de notre foi, l’amour de notre religion et de notre Jatrie ?
Ah ! notre patrie, InessIeUTs, qu’ elle est belle pourtant ! qu’elle est grande ! qu’elle est noble, avec ses horizons immenses, son ciel majestueux, ses forûts luxuriantes, se; moi-sons ondoyantes, ses vallées ombreu-es, ses fontaines Jallissantes !
Notre patrie, messieurs, agrandie par no: luttes héroïques, nos efforts incessants, nos labeurs journaliers :
Notre patrie avec ses preux, ses chevalier+, ses héros, ses confesseurs et ses martyrs ;
Notre patrie avec son passé gloreux, ses gloir’s, ses malheurs, ses succès et ses revers ;
Notre patrie avec ses SOU Venirs impérissables, ses tertres où reposent les générations disparues, ses églises avec leurs vieux clochers, paraton-
nn
nerres divins, qui écartent de nous la foudre!
Car tout cela est la patrie. Pouvez-vous l'oublier jamais ?
Hélis ! cut esprit de famille «i hospitalier, si amical, si large, si généreux autrefois, ne disparait-ii pas dans ce goufire de l'indifférence et de l'oubli que l’on appelle la vie des clubs, dans les grands centres ; la vie du cabaret, dans Les villages ; la vie encore plus malsaine, en d’autres endroits,
La salle des clubs a remplacé le foyer. Nous n'avons presque plus les douceuis familiales, l'amour du chez soi, la poésie du vieux foyer !
Notre fête âe la St-Jean-Biptiste elle-même, qui, à l'origine et pendant de longues années, était toute de réminiscences, de religion, de chants patriotiques, de lyrisme, estelle célébrée, de nos jours, avec la même ardeut, le mêtne entrain ?
Hélas ! ja poésie de l’âme, les é-
SAS nie art né
lavs du cœur en semblent absents, depuis que certains faiseurs, sans idéal, se sont emparé du mouvement ational pour le monétiser et le ma térialiser ; pour en faire upe espèce de patrictisme de Cominandes et de tuarchandises,
Aussi, l'esprit canadi ‘n n'y est plans. Pourquoi ? n'y aurait-il] plus tn nous l'ancienne sève ? les tuêtmes vieux enthousiasmes, le même in.
vincible amour pour nos ancêtres, Pour nos héros, pour la patrie? Ja mê :e religion des souvenirs, la mêue ardeur patriotique, le même souîle national ?
C’est que, Inessieuts, en ce temps pervers, l'on matérialise tont : fêtes, foi, souvenirs, InŒuTs, croyances, es.
poir, religion,
Des singes sans génie, de la Fran:
ce sectaire, veulent chasser Dieu d'ici, comme on l'a chassé là-bas. Si On ne le dit pas, on le petise, Prenons garde qu'il ne se retie
0) ee de lui-même!
Car grâce à cette sale écume, à ces devoyés, à ces suppôts des lo.
ges, que le vionx monde jette sur nos rives hospitalières, l’on essaie déjà d'enlever à qui de droit Je contrôle de notre éducation si chrétie:ne, ei nationale, Corrigeons.là pour la mettre en rapport avec les besoins actuels, mais de grâce, ne la détrui sons pas, Certain cncle de Paris voudrait se substituer à nos évêques; les adeptes de Combes aux discipl’s de La Salle, les fils de Voltaire aux enfants du Christ!
Halte-là ! vous signaler le dénger, c'est vous mettre en garde, Que la voix de la sentinelle soit encore entendue, .
Il y a cinquante ans, messieurs, si l’on eut proposé aux Canadiensfrançais, pour éterdard national, l’adoption du drapeau de Montcalm,
A D ag Dre meta Ge
A D ag sn rm rs cm
parsemé de lys, teint du sang le plus pur ‘le nos héros, orné de l'image du Sacré-Cœur, il aurait 4té adopté avec un itnmense enthousiasme, aux acclamations et aux bravos de toute la nation,
Et aujourd'hui, malgré les pro- Hesses de ce Cœur divin, l'on hésite ! Le mal aurait-il déjà desséché toutes les fibres de notre cœur, flétri toutes uos âmes, corrompu toutes nos voies ?
L'on sort évidemment de notre sphère. La politique avac ses pas.
sions, ses violences, ses injustices, ses achats de consciences, ses divisions et ses haïnes conduit lez Canadiens-français à une ruine inévitable, à la perte de leurs prérogatives, à in suicide national. Le travail libre avait sanctifié p tre nation ; l’avait faite rohuste, cour«geuse, invin-
cible, Aujourd'hui, à ces imn:enses agglomérations façonnées par l’internationalisme, il n’y a plus d'action
individnelle, il n’y a plus de liberté, iln’ya plus de personnalité, La mntualité universelle s'est sub: :ituée à la charité générale , l'ouvrier a échangé son indépendance pour l'esclavage organisé par des chefs étrangers, qui se font une eyristence facile à ses dépens.
La mutualité universelle, telle qu'organisée par les loges, est un non sens universel,
Avez-vous jamais songé, messieurs, aux problèmes perplexes de la diversité, aux contraires, aux incgalités, aux différences, aux anomalies, aux oppositions, aux faiblesses, aux forces, aux aptitudes qui existent en général entre les hommes.
Expliquez-nous ces états multiples, ces contrastes patents.
Pourquoi la richesse humilie-t-elle la pauvreté ? pourquoi la grandeur cotoie-t-elle la petitesse ? pourquoi la force écrase-t-elle la faiblesse ? le génie domine-t-il l’imbécilité ? la
science l’ignorance ? la vertu le vice ? si ce n’est parce que l'inégalité est inhérente à notre nature ; parce que le mal moral, l'iréligion et l’esprit de révolte ont Tompu à jamais l'équilibre ?
Le bien moral, la religion, la souinission aux décrets du ciel, seuls, ramèneront la paix, la tranquillité, la sécurité, le bonheur, La cause de toutes ces différences, vient de la révolte contre Dieu, Ce n’est pas en nous enrôlant sous l’étendard de Satan, que nous rétablirons l’6quilibre rompu, Voilà ce que l’on ne semble plus comprendre dans certaines de nos sociétés mutuahsées. L'on s’enrégimente dans nombre d’associations qui, sous des noms anodins, cachent les tentacules de la franc-maconnerie universelle, enlacant l'univers dans ses chaînes, L'on s’amuse sur un volcan, l’on s’agite sur un abime ! L’on nous pare de fleurs,
Ps;
cotme ces Victimes antiques que l’on conduisait au sacrifices,
Et l’on ne cherche pas même À connaître où l’on nous conduit, ni qui nous mène !
Aussi, au lieu de se soumettre volontairement aux décrets divins imposant à l’homme le travail comme châtiment, le salaire aisonnable comme récompense, les grandes agglomérations ouvrières se révoltent, se dressent soudain contre le ’apital qu’elles appellent leur éternel Op- Fresseur, se lèvent en masse qu commandement de chefs inconnus, qui les gouvernent absolument à leur guise,
Travailleurs enrôlés dans ces 80cictés, Vous n'êtes plus que des machines ; vous avez livré votre volonté, vous avez perdu votre sainte indépendance, vous n'êtes plus que des instruments inconscients, que
l’on fait machinalement mouvoir.
Et vous ne VOyez jas que vous ne
préparez que des cataclysmes : que vous ne creusez que des ruines ; que vous n’appelez que des catastrophes,
Croyez-vous que Dieu MÉCONNU, oublié, proscrit, ne sortira jamais des ruines que vous amoncelez? ne déblaiera pas les décombres que vous entassez ? n’allumera plus ses foudres sur un Nouveau Sinaï ? ne manifestera plus son éclat sur un nouveau Thabor 2
Les nations latines, saturées de NOUS ne savons quel venin, ne veulent plus demeurer dans l'arche ele les se noient. N'est-il pas temps, Messieurs, d’envisaser l'avenir, de corriger le présent, de nous réunir, de cesser nos luttes fratricides, à l'exemple de nos généreux ancôtres, et de marcher vers les immortelles destinées auxquelles le Ciel nous convie ?
Quand tout semble subierut, ne Fous reste-il pas les sommets élevés d’un nouvel Atraral 2
Montons-ÿ done, peuple canadien, sur ces hauteurs divines, inaccessibles aux doctrines de mort qui cherchent à nous envahir, Déployons, haut et ferme, nos couleurs nationales et catholiques ; mettons-y notre patriotisme à l'abri, et notre foi à l'ombre, ces deux gages de notre tidélité à Dieu et à la patrie,
Formons une grande union fraternelle; jetons-nous dans les bras de l'Eglise, notre libératrice. Elle seule, avec son cœur de mère, son Ame d’apôtre, son zèle de martyre, ses promesses éternelles, sa science di.
vine, saura nous arracher à la tyrannie organisée contre nous et nous rendre la lumière, la liberté, l’amour, la confiance et la paix.
Arborons loyalement le drapeau de Carillon, orné du Sacré-Cœur :
c’est le gage de notre succès et de notre sécurité, Voilà le /abarum de notre bonheur présent et de notre félicité à venir. Surxum corda