SCÈNE IX
MATHILDE, MOREL, pui.TOTO.
MOREL, disposant de la musique sur le piano.
Mademoiselle, je suis à vos ordres.
MATHILDE, s'approchant du piano.
Vous ôtes fâché, monsieur Morel?
MOREL
Moi! contre qui ?
MATHILDE
Contre ma mère qui vient de vous parler un peu brusquement peut-être?
MOREL
Vous vous trompez, mademoiselle.
MATHILDE, sèchement.
C’est différent!,,. (S’asseyent devnnt le piano.) QuC faisons-
nous? Dois-je jouer une mélodie de Wéber?
MOREL
Non. Je désire yous faire répéter vos exercices.
MATHILDE
Ch! mes exercices! (se levant avec impatience.) Je ne suis pas en train aujourd’hui !
MOREL
Pardon, mademoiselle, mais si je n’ai que l’autorité d’un professeur, je vous demanderai la permission d’exercer cette autorité.
MATHILDE
, Vou3 voyez bien que voSs conservez un ressen liment, jamais vous ne m’avez parlé sur ce ton!
* MOREL
Commençons, je vous prie.
Mathilde te mel nu piano et joue un motif.
MOREL, lui désigne sa musique.
Non pas cela, ceci.
MATH ILDE, jouant mollement.
Est-ce qu’elle sait toucher du piano, mademoiselle Mar-" guérite Giraud?
MOREL, levant la tète.
Oui ; un peu, mademoiselle!
MATHILDE
Ah!... Et c’est vous qui le lui avez appris?
MOREL
Moi-même.
MATHILDE
J’ai cru qu’elle passait sa vie à taire des chapeaux, cette demoiselle?
MOREL, simplement.
Pourquoi me demandez vous cela?
MATHILDE, sèchement.
Pour rien...
Elle joue très-agitée.
MOREL
Moins fort.
. MATHILDE , se levant brusquement.
Non!.,. Je ne continuerai pas! (Morel prend son chapeau et roule son cahier de musique, s’incline profondément et se dispose à sortir. — D’une voix très-agitée.) Ail! VOUS parlez?
MOREL
Vous ne paraissez pas, mademoiselle, disposée à achever votre leçon.
MATHILDE
C'est bien ! seulement ne revenez pas.
MOREL, s’arrêtant ému.
Vous me renvoyez?
MATHILDE
Oh! vous ne regretterez pas une élève aussi peu docile.
MOREL, revenant.
Mais, que vous ai-je l'ait?
MATHILDE, avec des larmes.
Ce que vous m’avez fait? ma foi!... je ne le sais pas... Mais vous m’irritez! vous me blessez avec votre politesse froide et résignée! vous me rendez méchante!... Vous cachez une ar*-