ACTE PREMIER
MARGUERITE, gaiement.
Écoute. J’ai eu peur tout à l’heure, vous aviez Pair, Isidore et toi, de deux voleurs ! Ah ! ah ! Elle rit.
L UC I E N , tremblant. v
Voleurs 1
MARGUERITE
Pourquoi ce trouble ? Tu me caches quelque chose ?
LUCIEN, se remettent.
Que veux-tu que j’aie à le cacher ?
MA RGUERITE.
Je ne sais pas, moi I ! Ta mère ne veut pas que nous nous mariions ! C’est cela, n’est-ce pas ? dis ?
LUCIEN
Non... mais...
MARGUERITE
Si tu consens, je vais tout raconter à mon père. Je ne lui ai encore rien dit ! Pauvre père, c’est la première fois de ma vie que j’ai un secret pour lui. Il est si bon ! J’attendais qu’il t’eùt embrassé comme son fils pour lui avouer toute la vérité, parce que je ne pourrai jamais la garder là, vois-tu , et parce que nous avons son pardon à obtenir !
LUCIEN, sc parlant è lui-méme.
Oh ! serai-je jamais pardonné !
MARGUERITE
Oui, je me mettrai à ses genoux et je lui dirai : Père, j’étais seule là-bas , seule, au milieu des grands arbres ! et je l’ai aimé ! Je l’ai aimé, parce qu'il était loyal et parce qu’il m’aimait!... Et le bon vieillard nous relèvera et nous pardonnera tous deux.
LUCIEN
Marguerite?... Oui!... J’arrangerai tout cela! (a part.) Il faut en finir!
MARGUERITE
Tu viendrai bientôt me voir, n’csl-ce pas?
xJpiIEN, la pousse doucement vers la porte.
Oui, bientôt, je l’écrirai 1 et je tâcherai que lu sois heureuse. -10F'
MARGUERITE, orec élan.
C’cH bien facile!... ne me quitte plus!... (Se jetant à aon cou.) , Veux- tu ?
LUCIEN, se dégageant de ses bras.
Tu oublies que nous ne sommes pas chez nous.
MARGUERITE
Tais-toi ! quand te reverrai-je ?
LUCIEN
Je t’écrirai I
MARGUERITE
Bientôt?
LUCIEN
Demain I
MARGUERITE
Tu me le promets?
Je te le jurel
MARGUERITE
Je t’aime!...
Elle Ta pour sortir, Isidore entre rivement.