SCÈNE IV
EUGÈNE, puis le père GIRAUD.
EUGÈNE
Il remonte ! bien sûr qu’il aura vu quelque chose. Mais il aura beau faire, je suis le premier. (Le père Giraud entre.) Ah ! vous voilà, père Giraud ?
GIRAUD, cachant également un énorme bouquet derrière son dos. Ils s’épient tous deux.
Moi-môme, mon garçon, tu vas bien ?
EUGÈNE
Pas mal, et vous, pôre Giraud ?
GIRAUD
Comme tu vois, tout doucement... (l 'examinant à mesure qu'Eu* gène se dissimule de son mieux.) Qll’cSt-CC que lu CacllGS donc là ?
EUGÈNE
Moi 1 rien !... et vous? où avez-vous donc mis vos bras?
Gi RAUD.
Ah! moi! c’est une habitude. J’ai connu l’empereur!... Tu ne l'as pas connu, toi !... lu es trop jeune, vois-tu, il tenait toujours ses mains derrière son dos ! je lui ai.. . pris ça...* je ne lui ai pris que ça ! rassurc-loi !
EUGÈNE
Ail ! (S'asanjant vers lui.) ËlCS-VOUS Cachottier ? llèin !
GIRAUD
Moi ! je suis...
EUGÈNE
Oui, vous! Vous vous ôtes dit : Eugène oubliera que c’es'. aujourd’hui la fête de ma petite Marguerite! et je serai tout seul pour la lui souhaiter. Voilà ce que vous avez imaginé, vieux jaloux ! et voilà pourquoi, en égoïste que vous ôtes, vous avez rapporté une botte de roses, qui sent trop bon pour que je ne devine pas tout de. suite ce que vous tenez là !...
Il lui prend la main et lui fait montrer son bouquet.
Soit! mais, de ton côté, tu es malin comme Gribouille 1 est-ce que lu crois que je n’ai pas flairé ta holléc de jasmin ! Ah ! !
EUGÈNE, exhibent son bouquet.
Allons, vous avez du nez !