‹ Nos enfants drame en cinq actesChapitre 52 sur 87 · MO R KL · texte numérisé non relu

MO R KL

Je me rangerai volontiers parmi vos gens, madame, pour vous rendre un service, mais pour de l’argent, il r.e me convient pas d’y prendre place; un professeur est peut-être le serviteur d’une idée, mais, en vérité, madame, ce n’est pas un laquais.

LA COMTESSE

Vous le prenez de bien haut ?

MOREL

Mais, madame, de la hauteur qui m’est sans doute naluraJle.

LA COMTESSE

Cette arrogance touche au défi... ah! prenez garde...

MOREL

Je n’ai rien à craindre, car je n’ai rien à me reprocher, madame !

LA COMTESSE

Pas même de vous être trainé aux genoux de ma fille?

MOREL, troublé.

Madame...

LA COMTESSE. f •

Le code des ambitieux est commode, n’est-ce pas !... il enseigne qu’on peut pénétrer impunément sous un toit respectable; que la séduction d’une j mne tille candide est le marchepied pour les destinées rampantes, ou un moyen de combler les abîmes du passé; et qu’à tout prendre, toutes CCS mésalliances (Mathilde entre et reste sur le seuil de la porte.) dont

on voit le scandale, ne naissent que de pareils inciden s !... Mais j’étais là, mons'cur, et je veillais !...

MOREL, indigné.

Madame la comtesse, vous m’insuliez !...

MATHILDE, s’avançant.

Oui, ma mère !

MOREL, à purt.

Mathilde ! (Haut.) Je vous remercie, m 'demoiselle, je vous remercie! mais ce n’est pas tout... je vous adjure de dire toute la vérité ! dans un moment de folie, d’oui' rement, j’ai pu me jeter à vos pieds; mais l’aveu que j'ai hissé échapper de mon cœur n’a-t-il pas été en ouré de tout le rc-pect que vous avez le droit d’inspirer, et en lléchissant le genoux devant vous, mademoiselle, mes paroles et mes regards n’om-iis pas été un hommage dont la Majesté divine elle-même ne s’offenserait pas?...

MATHILDE. '

C’est encore vrai, ma mère !... (a M orel.) C’est de moi que vient tout le mal, monsieur Morel, pardonnez-moi !

MOREL, étouffant dans son bonheur-

Mademoiselle! ah!... c’est bien!... vous êtes bonne! et ma vie est à vous !... Madame la comtesse, je recevrai de monsieur le comte l’argent qui m’est dû, je ne vous importunerai donc pas davantage.

Il salue et sort.

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