ACTE QUATRIEME
LE COMTE, à part.
Elle a tressailli.
G I B A U D, éclatant.
Deux cent mille francs de diamants... tu comprends bien... mais ris donc ! ah ! ah 1 ah 1 h rit.
LA COMTESSE
Vous ne rirez pas longtemps!
• LE CO MT E, -à Marguerite.
Quelqu’un que vous connaissez a trouvé ce médaillon à votre porte, il faisait partie des parures de la comtesse.
* MARGUERITE, effrayée.
Ce médaillon... je ne sais ce que vous voulez dire, monsieur !
LA COMTESSE
Pourquoi avez-vous pâli?
GIRAUD, rrgirdant Marguerite.
Qu’est-ce qu’elle dit donc 1... c’est vrai, lu es pâle, Marguerite 1
MARGUERITE
Je crains de comprendre... Lucien âurait-il ?...
LA COMTESSE
Vous vous taisez ?... .
MARG UERITE, à part.
Le dénoncer à sa mère... le flétrir devant son père ! 1 !
LA COMTESSE
Eh bien?....
MARGUERITE, après un silence.
Eli bien ! qu’est-ce que cela prouve?.. .Vous avez des diamants, des bracelets, des écrins en velours grenat, un médaillon est trouvé à ma porte... est-ce une raison pour venir m’insulter chez moi ?... Qu’aurais-jc fait de vos diamants? je les aurais gardés?... Eh bien! vous pouvez fouiller noire maison... Vendus? mais nous aurions do l’argent ! et vous n’en trouverez pas chez nous ! Vous voyez bien que je ne suis pas une voleuse, madame!
LA COMTESSE
De belles paroles dont une autre se payerait !
Madame! ' ...
LA COMTESSE
i je vous accuse, c’est que tout me dit que vous êtes coupable I
MARGUERITE
Madame! madame!
LA COMTESSE
Oui, coupable! Je vous ai laissée dans la chambre où étaient mes diamants!... ces diamants ont disparu... vous les avez pris ou quelqu’un s'en est emparé en votre présence.
Mouvement de Marguerite.
N OS E NEANTS
LE COMTE
Vous pâlissez encore, il y avait donc quelqu’un?
LA COMTESSE
C’était un complice, je le veux bien, aju lieu d’un coupable, il y en aura deux, voilà tout!...
LA COMTESSE
Le nom de cette personne?
Son nom ?
GIRAUD
Eh bien! oui, son nom?... Tu ne vas pas faire la généreuse, hein? quand on le souftletle depuis une heure sous les yeux de ton père?... Ce nom?... ce nom?...
MARGUERITE, suppliant.
Mon pèret...
LA C OMTESSE.
Voire silence vous condamne, prenez garde.
MARGUERITE, résolùraent.
Pensez ce que vous voudrez.
• GIRAUD. -
Ce que tu fais là est grave, Marguerite !
. MARGUERITE, à Girnud.
Pardonnez-moi, je dois me taire !
GIRAUD, la repoussant. .
Je n’ai plus à pardonner.
MARGUERITE, sanglotant, la tête cachée entre ses mains.
Ah! mon Dieu! mon Dieu!
LE COMTE
J’étais venu vers vous, monsieur Giraud, avec des paroles de conciliation sur les levres; je veux m’en retourner de môme. Votre fille doit savoir où sont ces diamants, je vous laisse avec elle. Faites-lui comprendre qu’elle a tout à perdre à un scandale public. Nous reviendrons dans une heure.
Il donne le bras à lt comtesse et s’éloigne.
LA COMTESSE, du seuil iàè la porte.
Dans une heure... '
Ils sortent.