‹ Nos filsChapitre 11 sur 70 · LA CLOCHE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA CLOCHE DU PEUPLE

serand quand Rœlandt lui parlait, quand sonnait à volée Rœlandt, la forte cloche de l'incendie ou du combat. Plus forte que la foudre, et pourtant maternelle, elle disait distinctement cesmots : a Rœlandt ! Rœlandt I Rœlandt!... A moil à moi! à moi I... Cours, ami! Le jour est venu!... A moi! pour ta maison, pour ta femme chérie ! pour ton petit en* fant!... Je vois reluire la plaine... Va, marche! n'aie pas peur!... Demain^ton fils serait écrasé sur la pierre. Un monde est derrière toi, qui va te soutenir. Tu vaincras, je le jure. N'entends-tu pas ma voix ?... Rœlandt ! Rœlandt! Rœlandt! » c< Ils Tentendaient aussi, la cloche redoutée, les chevaliers, barons, et ils en frémissaient. Moins terrible eût sonné la trompette du jugement. Pâle, élancé des caves, le tisserand marchait, mais grandi de dix pieds. Unis comme un seul homme au moment du combat, ils communiaient de la patrie, se mettant dans la bouche un peu de terre de Flandre, mordant leur mère la Flandre pour ne pas la lâcher.

« Ainsi la voix d'airain, le Rœlandt de la guerre, c'était la voix de paix, de justice et d'humanité. Quelle joie dans la Cité quand la mère en prière disait : « Il a vaincu.. . Je n'entends plus Rœlandt, » et quand, poudreux, sanglant, mais souriant, vainqueur, il embrassait sa femme enceinte ! »

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