S2 CULTURE SUPÉRIEURE DE LA MÈRE
blait deux fois par semaine pour lire, devinez quoi ? Thucydide, dans loriginal.
Cela empéche-t-il les affaires? Point du tout. Vous Pavea vu à Sadowa.
Un excès de culture, érudite, parfois pédan«tesque, est le défaut du Nord. Si Thomme est sédentaire, reste au foyer le soir, c'est trop souvent pour quelque étude solitaire, et la famille y gagne peu. Entre ses livres et sa bière, un peu narcotisé, est^il un homme encore? Non, de bonne heure un livre. Il épaissit souvent. Faust croit beaucoup trop à cet esprit qui rôde dans ses livres enfumés, au noir barbet du poôle. Ce barbet est deux choses, tantôt vain ergoteur, tantôt compilateur. Faust en apprendrait cent fois plus avec Marguerite.
Ici, je ne ris point. Elle est peu préparée, et on ne peut lui lire aucun livre érudit, mais pour les grandes œuvres capitales du génie humain, la femme les comprend, même vous les fait voir sous un aspect nouveau. Ces livres que vous savez d'enfance, que souvent, malgré vous, vous appreniez par cœur, vous y êtes endurci, blasé. Elle qui y vient toute neuve, elle sent tout. C'est un très-délicat plaisir de voir comme à tel mot qui ne vous frappait plus, elle s'arrête et elle est touchée. Son coeur, plus fin, plus tendre, plus près de la nature, a vibré ; elle essaye de cacher une larme.