PRINCIPE UÉBOIQUE DE L'ÉDUCATION
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aime pour Tenfant, pour les lui dire un jour. Elle en a bien besoin. Il lui faut prendre force pour ce long enfantement qui ne durera pas neuf mois, mais quinze ans ou vingt ans peut-être. Ce sera là le miracle, la merveille de Tamour, que cet être léger, petite fille hier, aujourd'hui fixée tout à coup, trouve au berceau ce don qui va la changer ellemême, ce trésor, la persévérance.
Faut-il en Thomme, à ce moment, les puissances supérieures, ces vertus rares et singulières qu'on ne voit que dans les romans? Point. Il ne faut qu'une chose, aimer beaucoup, mettre son cœur tout entier et dans cet amour, et dans l'idée noble et grande à laquelle on veut l'élever.
Faiblement nourrie jusqu^ ici dans la vaine éducation, un peu dévote, un peu mondaine, vide au total, qu'elles ont, elle t'arrive bien* touchante , docile, te préférant à tout. Ah ! c'est bien le cas d'être bon, de se régénérer pour elle. Tu ne le ferais pas pour toi, mais pour elle tu feras tout. Verse-lui le vin généreux des bonnes et hautes pensées. Tu es jeune, malgré tes vices, et tu as du sang encore : verse-lui un flot de ton sang.
Es-tu faible? ne sois pas seul. Appelle à toi autour d'elle la société des forts, l'auguste assemblée, souriante, des grands sages et des hé-
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ros. Un sentiment paternel les amènera sans peine pour l'affermir, la consoler, lui répondre que cet enfant va nattre beau, grand, digne d'eux, la transBgurer enfin dans cette lumière héroïque que le bonhomme Luther a nommée noblement la Joie.
Il ne suffit pas, madame, d'enfanter dans la sainteté. Il faut que cette sainteté ail l'aspiration active, que l'enfant n'ait pas langui dans un sein mélancolique, ému, rêveur et tremblant. Il ne serait qu'un mystique. Il pleurerait à sa naissance. Le vrai héros rit d'abord.