AVANT-PROPOS
La mort tragique de l'infortuné Marcel Palat vient encore une fois de ramener l'opinion puJjlique vers ce riche et mystérieux Soudan situé si près de nos frontières sahariennes et que, cependant, nous n'avons pu atteindre encore malgré tant de sang généreusement répandu.
On évoque les ombres de Dourneau-Duperré, de Joubert, de M"° Tynne, des pères blancs, de Flatters et de ses glorieux compagnons comme aussi de tant d'autres qui ont jalonné la route en tombant martyrs de leur dévouement à la science et à la grandeur de leur pays.
Des esprits plus ardents que réfléchis s'étonnent que la France, en possession de tous ces terribles engins de force, de vitesse et de destruction dont dispose notre civilisation moderne, n'ait pas encore fait justice de ces quelques bandes de coupeurs de route, sans nationalité et sans cohésion, qui « ont mis le blocus » sur nos frontières méridionales de l'Algérie, et qui journellement rançonnent à nos portes, sans merci ni pitié, des millions de Ksouriens sympathiques et travailleurs dont
l'affranchissement politique, religieux et commercial préoccupe depuis longtemps nos penseurs et nos économistes.
Il a été écrit déjà dans la presse et les revues d'excellentes clioses sur ces questions délicates. Notre France algérienne commence à être mieux connue; mais, on s'est laissé aller aussi à des exagérations fâcheuses et sans souci des enseignements du passé, ni des exigences géograpliiques, politiques et économiques on est arrivé à proposer des mesures dont l'adoption serait inutile, et parfois même nuisible aux véritables intérêts de l'Algérie.
Rappeler les traits principaux de cette histoire, définir les exigences spéciales du pays, indiquer les moyens de tirer le meilleur parti possible de nos efforts et de notre argent, tel est le but de cette étude.