SCÈNE XV
TIIOLOSAN, CÉCILE, MAURICE, Mi! RÉCAT, VïGNEUX, Ma- DAME VIGNRUX, CAUSSADE , LAU [lENT , BENJAMINE *.
(Caussade entre radieux, triomphant, tenant son V'istolet d'une main et de l'autre un petit renard qn'il vient de tuer.)
CAUSSADE
Tué?... et du premier coup encore!.,. Le voilà, le gredinL..
TOUS
Un renard!
CAUSSADE, triomphant, tirant les oreilles du renard et lui donnant des calottes.
Ah ! scélérat 1... m*as-tu Fait faire assez de mauvais sang depuis hier au soir !...
THOI.OSAHr.
Depuis hier au soir ?...
CAUSSADE
Mais certainement, c'était lui !... Je Tavais entendu sous le balcon !... je l'avais reconnu !... et quand je suis descendu... les pots de fleurs roulaient de tous les côtés! : Je me dis; il reviendra, il en veut à ma poule... c'est à ma poule qu'il en veut l... Et comme c'est le chemin du poulailler 1... je passe la nuit blanche à le guetter de ma fenêtre!... Mais rien, pas de renard... j'étais vexé !... (A sa femme) Tu ne t'cs pas aperçue ce matin que je n'étais pas dans mon assiette ordinaire?
CÉCILE
Si I si !..
CAUSSADE
Quand la jardinier vient me dire : J'ai vu flamber deux yeux dans le cellier, (a •» femme) sous tes fenêtres !... c'était lui I...
• Maurice, Vigneux, madame Vigneux, Tholosan, Maurice, Caussade, Cécile, Benjamine.
ACTE QUATRIÈME. 153 (Il tire les oreilles du renard.) C'était toi, CartOUChe!,,. (lllejetteà Lau-
rent.) Mais il me coûte cher !... ah I il me coûte cherl...
MARÉCAT
Comment cela t
(Marécat, Vigneux et madame Vignenx forment nn groupe à gauche.) CAUSSADE, fouillant dans sa poche.
Regardez-mo\ ^e qu'il a cassé hier I... (ii tire la fleur du cactus.) Mon cactus Céc^I^^J mon produit ! (Offrant la fleur àsa femme.) Tiens!... ma bonne amie l... Cela te rappellera une grande journée I...
CÉCILE, prenant la fleur.
Je ne l'oublierai pas!...
THOLOSAN, à part
Oui, je crois que la leçon...
Comment 1 comment ! C'était le renard!...
CAUSSADE, montrant la bête.
Parbleu I... Le voilà I
MARÉCAT, à lui-même.
Hier ce n'était pourtant pas un renard qui... (n montre Céciie. — A madame Vigneux.) Après ça, c'était peut-être un renard !
CAUSSADE, tirant une lettre.
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul!... Voici une place pour toi, ami Maurice !... une bonne place que j'ai sollicitée hier, au refus de Vigneux... et qui m'est accordée ce matin par le retour du courrier !
MAURICE
Quoi, vous pensiez ?...
CAUSSADE
Parbleu!... Pourquoi t'aurais-je fait écrire ton adresse, tantôt?... Je voulais voir ton écriture... Je l'avais déclarée superbe !... Entre nous, il faut en rabattre... mais, bah I... Seulement, il faut que tu partes tout de suite I.., tout de suite I...
MAURICE, tiès-émn.
Ah ! monsieur Caussade 1
CAUSSADE
Eh bien I eh bien I Est-il enfant ? Il va pleurer 1...
MAURICE
Vous ne saurez jamais... non!... C'est vous... qui... pour moi... Ah ! monsieur !... monsieur!...
(Il tend sa main à Caussade, qui la presse aycc effusion, puis remonte prés Je Tholoian.)
m NOSINTlMESt
THOLOSAN, bas à Maurict.
Et la foulure?
MAURICE, demêDae.
Ah ! je ne l'ai pas sentie !
(Il salue Benjamine et Cécile, puis serre la raaîn à Tholosan qn\ raccompagne» et sort par le fond.)
CAUS3ADE , allant à Vigneux et lui frappant sur Tepaule.
Tu vi>23 bien qu'en sollicitant !...
VIGNEUX , qui a déjà pris le bras de sa femnie sèchement, l'interrompant.
Un reproche I Tu peux te Ti^pargner I... Et comme ma fierté se refuse absolument à la position d'inférieurs, que l'on voudrait nous faire ici, tu nous permettras de quiller ta maison et de secouer la poussière de nos sandales à ta porte I... Allons, madame Vigneux 1
(Ils sortent.)