ACTE PREMIER. H
joîe qui îui reste aujourd'hui.., la reconnaissance, celte douce religion du cœur!...
(Cécile lui tend l'éventail qu'il prend, et ils restent un moment à le tenir too» deux.)
CÉCILî:.
Mais, avec vous, ce n'est plus de la religion, c'est du fanatisme !
MAURICE , prenant l'éventail , en glissant sa main de façon à eftlcurer celle de Cécile.
Qu'importe!...
CECILE , retirant sa mam.
Vous avez encore un peu de fièvre l
MAURICE
Peut-être î...
CÉCILE
Oh! certainement!.., je le vois bien... Un peu d'agitalion encore l
(Elle revient à la table.)
MAURICE*
Toujours!
Test votre faute !
MAURICE
Ma faute?...
CÉCILE, rapprochant la table du guéridon.
Assurément! Deviez-vous fumer et marcher ainsi?... 11 vous faut du repos, du calme, et vous vous passionnez... Ah! je comprends que vous soyez tombé malade de chagrin !...
MAURICE
Vous savez?...
CECILE , achevant de faire la limonade et coupant le citron.
Oh! fort peu! M. Caussade est très-discret! Mais j'ai entendu parler de rupture, je crois... d'amour malheureux... contrarié! — Enfin, quelque chose comme cela, n'est-ce pas? Je ne sais déjà plus! (eus presse le citron) — Avez-vous assez de citron?...
MAURICE
Oui, madame! Vous disiez qu'un amour?...
CÉCILE , sans le regarder.
Ah ? mais, nardon, c'est mon mari qui disait cela, ce n'est Msmoi!..
"^cile, Maurice.
Il NOS INTIMESt
MAURICE
Ehl bien oui, madame, j'ai aimé.
CÉCILE, vivement.
Mais, je ne vous le demande pas.
(Elle pose le verre devant Maurice et reprend sa tzz'^setïe.) MAURICE.
J'ai aimé, aimé comme un fou ! Et ce que j'ai souffert, madame... Non! il n'est pas de paroles humaines pour Texprimer... Adorer une créature indigne, vulgaire, absurde ! Lui sacrifier
devoirs, famille, fortune... (Cddle s'assied sur la chaise à gauche du guéndon.)
Et jamais une pensée qui fût l'écho de la mienne... jamais ce doux accord, cette harm.onie, cette poésie, celle fusion des âmes, qui est tout l'amour, vous le savez, et sans lequel Tamour n'est pas possible !
CÉCILE
C'est bien vrai !
MAURICE» vivement.
N'est-ce pas, madame ?
CÉCILE, un peu troublée.
Du moins... on le dit ! Je n'en sais rien I
MAURICE, s'accoudint sur le guéridon et la regjrdnn», doucemetU
Rien! En êtes-vous bien sûre?
CÉCILE
Ah! mais vous êtes dangereux, monsieur, vous donnez ua tour aux paroles qu'on laisse échapper...
MAURICE, sans la regarder, et jouant avec l'éventail.
C'est qu'il est bien difficile, madame, de ne pas faire ccrtaines comparaisons, entre vous... et lui... Vous savez de qui je veux parler?
Mon mari. — Eh bien, n'est-ce pas le meilleur des hommes, le plus dévoué, le plus affectueux, le plus estimable...
MAURICE, vivement.
Oh ! madame, estimable î A qui le dites-vous ? Je suis ici pour
faire son éloge, moi, son ami !... (Doucement et avec une certaine hcs.-
talion.) Mais l'amitié me fait justement un devoir de regretter que son intelligence ne soit pas toujours à la hauteur le sou cœur... pour vous comprendre.
céi.:iLE.
U est si boni