ACTE PREMIER. S
MAr.ÉCAT.
Ne vous dérangez pas! (à Caussade, en luI mettant sur !e èrai son sac (îe
■uii). Dcbarrasse-nioi de ça, toi '
CAUSSADE
Messieurs, js vous présente mon vieil ami Marécat.
MARÉCAT
Mon vieil ami... pas encore si vieux!... Débarrasse-moi aussi de ça!... (il lui donne son parapluie). Pour no pas déranger! Raphaël...
donne-lui donc ton sac !,.. (ll donne le sac à Caussade). TleUS!... (a Tho-
losaii). C'est mon lils! Il est timide comme une demoiselle... c'est moi qui l'ai élevé... c'est un ange!
(Caassade porte les bagages au fond, où Jenny les entasse à terre en attendant Laurent.)
THOLOSAN.
Allons! tant mieux! tant mieux!
CAUSSADE, redescendant gaiement.
A la bonne heure ! Tu as tenu parole !
MABÉCAT.
Ah ! il faut bien que ce soit pour toi!... moi qui ne peux pas souffrir la campagne!...
MAURICE
Est-ce possible!...
Je ne peux pas la souffrir!... Il y a des arbres... des fleurs qui sentent mauvais .. des oiseaux qui font un train!... Mais ii y a si longtemps qu'il nVennuie pour venir ici avec mon garçon... que je me suis dit : Allons-y ! allons-y une fois... ça fait qu'il nous laissera peut-être tranquilles !
CAUSSADE, lui serrant la main.
Ah!... tu es bien aimable!
THOLOSAN, à part, à Maurice.
Oui !... oh ! il est bien aimable !
CAUSSADE
Seulement, je me demande où je vais te fourrer, maintenant!
MARÉCAT
Comment, me fourrer ?
CAUSSi^DE.
Dame... je ne comptais plus sur toi... j'ai disposé de la chambre bleue pour monsieur.
3P NOb INTIMES!
MARÉCAT
Ça m'est (jgal!... S'il y en aune mcilleureî.M
CAUSSADE
Il y a la chambre chocolat, au second I...
MARÉCAT, Ttisant la grimace.
La chambre chocolat!... oh! sapristi!... ça ne doit pas ^,tr6 bien gai, ça!...
CAUSSADE
Mon Dieu ! la nuit!...
MARÉCAT
Moi qui ne suis déjà pas trop porté pour la campagne...
CAUSSADE
Oui, mais...
MARÉCAT
Car ce n'est pas une partie de plaisir que je fais là!... je te prie de le croire... ça m'ennuie assez... je le disais tout le long du chemin à Raphaël... déranger le monde... moi qui n'aime pas à me déranger!... Quitter ses habitudes... son lit... sa chambre !... pour une chambre chocolat!... j'aime mieux m'en aller... N*est-ce pas, Raphaël^ tu aimes mieux t'en aller?
RAPHAËL
Oui, papa 1
CAUSSADE
Mais non !
MARÉCAT, reBOfitant pour prendre «es bagage*..
Allons-nous-en!
CAUSSADE
Mais non! mais non! Cela peut s'arranger!... Vigneux te cédera la chambre bleue... n'est-ce pas, Vigneux?
VIGNEUX, rarrêtant, à part.
Du tout! Pourquoi lui céderais-je ma chambre, à ce mon- 'f:eur ? Parce qu'il est riche et que je suis pauvre, n'est-ce pas?
Allons! allons! ne vous fâchez pas, Monsieur Vigneux! Je cède la mienne!
MARÉCAT
Ah! des dérangements!
CAUSSADE, lui arrachant des mains ses bagages.
Mais non!... une jolie chambre, celle-lèu^... avec cabinet de toilette l... une chambre jaune!... Ah! tu n*as plus riea à CifeU.