ACTE PREMIER. 41 CAUSSADE
Il paraît que c'est un de mes amis!...
ABDALLAH
Mais, sacrebleu 1 vous êtes donc tous muets, dans la maison?
CAUSSADE
Chut!... Zc^phyr... nous avons des dames, ne jurez pas!... Qu y a-t-il pour votre service; c'est moi gui çuis M. Caussade ?
ABDALLAH, jetant ses bottes à terre et lui tendant les bras.
Comment ! sacrebleu ! c*est toi !
(Tous se lèvent.)
CAUSSADE, surpris.
Toi!...
ABDALLAH, lui sautant au cou.
Mais on n'embrasse donc pas les amis d'Algérie?
CAUSSADE, effaré.
C'est un ami d'Algérie !
THOLOSAN, à part.
Il eu a partout!
ABDALLAH, embrassant Caussade.
Et ce gredin-là qui ne me reconnaît pas!... Ah! mille noms d'un nom!...
CAUSSADE
Sil si! parfaitement! (a part.) Je veux être pendu!... (iiaut.) C'est cette barbe !
ABDALLAH, lui lipanl sur l'épaule.
Ce n'est pas pour dire... ma vieille... mais je ne t'aurais pas reconnu... depuis que t'as coupé la tienne!
CAUSSADE
Moi?...
ABDALLAH
Ce n'est plus la même frimousse! Où faut-il fourrer tout çà?
(Il remonte à son paquet. — Vigneux, Caussade, Maurice et Tho^osan se rassemblent sur le devant de la scène, à droite. — Maurice et Raphfiël ▼ont aider le zéphyr à déboucler son porte-manteau.)
VIGNEUX.
Comment!... c'est un de tes amis, cet homme-là ?••«
CAUSSADE, ahuri.
Mais dame!... je ne sais pas, moi! 11 faut croire!
• Ctussade, Abdallah, Marécat, Vigaeux, Tholosan, Maurice.
4Î NOSINTIMESI
VIGNEUX.
Comment, i) ^aut croire!
CAUSSADE
Vous voyez bien!... Il paraît que nous étions très-lîés en Algérie... Moi, j'ai oublié, dans la quantité;... j'ai laissé là-bas une cinquantaine d'amis dans les sables !
MARÉCAT
Mais enfiîi! comment s'appelle- t-il cet Abd-el-Kader-làî
CAUSSADE
Ah! voilà! Comment s'appelle-t-il?
VIGNEUX.
Si on pouvait savoir son nom !
THOLOSAN.
Tâchez de le lui faire dire.
CAUSSADE
Tiens! c'est une bonne idée!...
MARÉCAT
Dis donc!... ne le retiens pas à dîner ! (a ihoio^an.) Il n'aurait qu'à le fourrer à côté de moi!
CAUSSADE, à Abdallah accroupi à terre et occupé à ses effuls.
Mon cher...
(Il laisse la phrase suspendue pour inviter Vautre à y ajouter son ncm.) ABDALLAR.
Hein?...
Mon cher...
Eh ! bien ?
Ça ne mord pas!
CAUSSADE
(Même jeu.)
ABDALLAn.
MARÉCAT. à Tholosan.
CAUSSADE, bas.
Non !... (Haut à Abdallah.) Vous savez, mon cher, que je ne vous velien? pas à dîner pour aujourd'hui...
ABDALLAH, se levant et descendant.
Seulement Î..0 Je crois bien! je suis ici pour un moisi
MARÉCAT, VIGNEUX et THOLOSAN.
Un moisi
ÀCTE PREMIER.
ABDALLAH*
Tai rjçii un coup de sabre à la dernière affaire ! On m's donné congé; et je me suis dit : Tiens! tu vas profiter de ça T)our faire un tour à Paris! De l'argent? qu'en as-tu besoin! l'ami Caussade est là-bas! il t'a dit vingt fois en mangeant le couscoussou sous ta tente : Tu peux compter sur moi, à la à la mort !...
MARÉCATj à part.
Mii!...
ABDAiLAn, continuant.
Ma bourse est la tienne!...
MARÉCAT, drt aiêms.
Oh! là, là!
ABDALLAH
Ma maison aussi I...
MARÉCAT, bas à Caussade.
On ne dit jamais ces choses-là!... ou bien on les dit quarrd on n'a pas de maison !
ABDALLAH
Je vais tomber chez lui, là-bas, et lui faire un plaisir!... (iif se regardent tous.) Mais j'ai cu du mal à te trouver; si je n'avais
Î)as rencontré le petit Salomon de Blidah!... Tu te rappelles e petit Salunion?'
CAUSSADE
Salomon... vaguement!
MARÉCAT, à Tholosan,
Sapristi, est-ce qu*il va venir aussi?
ABDALLAH
Ah! m'a-t-il dit!... Il a joliment fait ses affaires, Caussade, il est marié... Il habite sur la route de Versailles, parla... à Viroflay!... à Ville-d'Avray !... Ah! ça, tu es donc marié, farceur !... vrai, pour de vrai?...
• Vigûfux, Abdallah Caussade, Marécat, Raphaël, Tho'oaao.