ACTE deuxième
MADAME VIGNEUX.
Un jardin anglais!
VIGNEUX.
Ln potager!
MADAME VIGNEUXa
Une basse-cuur!...
VIGNEUX.
Rien n'y manque!
(Madame Vigneux s'assied à gauche dans le fdtifeiill TIJOLOSAN, à part.
Pas môme des amis pour en être bien fâchés!
(Vigneux l'aperçoit; — ils se saluent.
MADAME VIGNEUX.
Ah ! monsieur Thoîosan !
THOLOSAN, allant à elle *.
Dt'jà levée, madame, vous êtes matinale!
MADAME VIGNEUX.
Oui, nous voulions, M. Vigneux et moi, visiter ce fameux parc!
THOLOSAN.
Une belle propriété, n'est-ce pas?
VIGNEUX^ assis sur la chaise, près de la table, et feuilletant les brochures.
Ah! il en est assez fier!
MADAME VIGNEUX.
Nous a-t-il assez invités à venir la voir... (Appuyant.) sa maisoni
THOLOSAN.
C'est d'un bon cœur! 11 veut en faire profiter ses amis!
MADAME VIGNEUX.
Oh! je ne dis pas! Mais ce n'est pas une raison pour n'avoir que cela à la bouche!
THOLOSAN.
Le fait est que c'est bien ennuyeux pour cen% qui n'en ont pas!
VIGNEUX.
Si ce n'était qu'ennuyeux ! Mais à la longue, c'c^•t un peu Irritant! Toujours rwa maison!... mon jardin!.. . mon vergei'L.f
• Madame Vigneux, Tholosan, Vigneui.
MADAME VIGNEUX.
Mon Dieu! mon ami, on sait bien que tous les parvenus en sont làl...
VIGNEUy,
Si ce n'était pas un ami, encore! Cela me serait égal... mais ce qui me porte sur les nerfs... c'est que ce soit un ami 1...
THOLOSAN.
Qui soit parvenu?
VIGNEUX.
Non... mais qui fasse toujours étalage de sa fortune!... Car enfin, avec nous qui ne sommes pas riches, ce n'est pas de bon goût, cela... de nous éclabousser toujours de son luxe!
MADAME VIGNEUX.
Comme madame avec ses toilettes... C'est assez peu délicat!...
VIGNEUX.
C'est petit!... Ce plaisir d'humilier les autres!... Dédire:
« Moi, j'ai ceci! Toi, tu ne l'as pas! »
THOLOSAN.
Oui, mais comme cela se trouve bien qu'il l'ait; puisque vous ne l'avez pas!... Car enfin, il vous a souvent obligés, n'est-ce pas?
VIGNEUX.
Mon Dieu! oui; mais il a une façon de le faire... je ne sais
pas, moi!... (se levant et se rapproc-hanl de Tholosan.) Ainsi, il n'attCUd
pas qu'on demande; il est toujours le premier à vous offrir ses services, sa bourse, son crédit... pour faire sonner son crédit, sa bourse!... Ce n'est pas d'un bon esprit, celai
THOLOSAN.
Effectivement!...
MADAME VIGNEUX, levée.
C'est même d'un assez mauvais cœur!
THOLOSAN.
C'est d'un mauvais cœur, positivement! Il ne faut jamais rendre service â ses amis, c'est d'un mauvais cœur!
Oh! je ne dis pas ça... je dis que quand on a des amis pauvres î...
THOLOSAN.
On ne les oblige pas! (a madame vigneux.) C'est ce que je dis! (ui
se regardent (fun air étonné.) C'CSt CC qUO jC dis !
(Il remonte.)