‹ Nos intimes. comédie en quatre actesChapitre 45 sur 120 · SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

SCÈNE YIII

Les Précédents, CAUSSADE.

CAUSSADE, entrant Tirernsnt.

Ah! mais il m'agace, le zéphyr... il m'agace!... il touche à tout... il se mêle de tout!... JI se croit en Afrique; il démolit son Ut pour en faire une tente!... Il veut faire son café à l'orientale, et il met le feu a la cuisine ! 11 va à mes bassins de pisciculture!... des essais admirables!... il soulève la claie, et voilà tous mes gros poissons qui mangent mes petits!... Et puis il me tutoie !... C'est une rage!... J'ai beau lui dire vous!.,. Je t'en moque l... tu, toi, ton, ta, tes... Il a un avantage énorme sur moil il sait mon nom, et je ne peux pas venir à bout de savoir le sieal

THOLOSAN.

Pas encore?

(Il reste près du piano et observe la scène à l'écart», CAUSSADE *.

Mais non! l'animal 1 Ah! Et puis, à propos d'animal!... tous les désagréments, ce matin! Un coquin de renard qui depuis trois jours ravage mon poulailler et mon verger... et qui m'a fait cette nuit un dégât !...

S'il pouvait tuer les coqs!

CAUSSADE, riant.

Ah! les coqs t'ont réveillé, toi.

MARÉCAT, grognon.

Ahl c'est très-drôle !...

CAUSSADE, allant à Vigneux. Gaiement.

Eh bien! Mes gaillards, l'avez-vous visitée, cette campagne, dans l'herbe et la rosée? Est-ce assez joli, hein?

• Tholosan appuyé sur le piano, Marécat dans le fauteuil, Gaussade debout,, madame Vigneux dans le fauteuil.

VIGNE UX, debout, feuilletant.

Oui i ce n'est pas mal; mais ça manque d'horizon I

MADAME VIGNEUX, un livre à la main.

El puis, je crois que c'est un peu humide l

CAUSSADE, déconcerté,

fluaudel...

MARÉCAT

Parbleu l il n'y a qu'à sentir les cousins I...

VIGNEUX.

Dame! ... le voisinage des étangs 1

Mais je ne vois pas...

VIGNEUX.

Ah! bieni tu verras plus tard!

MARÉCAT

Quand tu seras perclus de rhumatismes 1

CAUSSADE, inquiet.

Je serai perclus?...

MADAME VIGNEUX.

il n'y a rien de dangereux comme ces maisons qui sont près de l'eau 1

MAPîÉCAT.

Moi, je sais bien que je n'habiterais pas ici, quand on me payerait!

VIGNEUX.

Et puis, dites donc, monsieur Marécat, cette fraîcheur sur les yeux!

MADAME VIGNEUX.

Et les fièvres!

MARÉCAT

Et les fièvres ! J'ai connu quelqu'un qui n'a jamais pu s'en ucftiire : il habitait comme cela près d'un étang!... Je crois iiiéme que c'était à Yilie-d'Avray... Je ne sais môme pas si ce c'était pas de ce côté-ci!...

CAUSSADE^ effrayé.

Eh bien?...

MARÉCAT, w lêvaaU

Eh bien! il esi mort!... empoisonné!... C'était un véritable empoisonnement!

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