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Et pourtant le zéphir qui passe, la rosée trop fraîche, le soleil trop ardent, ont
raison d'elle ! I suffit qu’ils se montrent, pour que la fleur s1 fière courbe la tête
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et abandonne au zéphir ses pétales qui s’effeuillent, à la rosée sa corolle qui se
ternit, au soleil ses couleurs qui pâlissent.
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Sa pureté n’est pas encore parfaite, puisqu'elle ne lui a pas enseigné la flexibi-
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lité qui n’oppose pas une orgueilleuse et téméraire résistance, mais qui condes-
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cend à écouter la brise qui lui narre ses espoirs, la rosée qui lui confie le secret
de ses attendrissements, le soleil la raison de ses privilèges. C’est pour ne pas
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avoir eu cette condescendance, qu’elle ne résiste pas et s'effondre lamentablement sous leur poids.
Tout autre est le roseau, dont la feuille austère, dépourvue d’ornements, n’engagera Jamais personne aux enthousiasmes.
Tandis que la rose dresse orgueilleusement sa tête, la relève, comme s1 elle voulait défier le ciel même, le roseau flexible plie sa taille mince et souple, sous les caprices des rafales ; il suit le courant des vents, se penche à droite ou s'incline à gauche selon les circonstances. Mais, quoiqu'il soit condescendant, il ne s’avilit pas, il ne cède pas aux exigences tyranniques des bourrasques, il ne concentre pas sur lui les humidités malsaines des buées du soir, 1l reste indemne de toute influence pernicieuse. Sa feuille continue àhse balancer doucement, elle reste aimable et simple, mais elle reste aussi forte dans sa flexibilité invincible, dans sa fermeté condescendante.
Le roseau est l’image véritable de ce que doit être l'homme, Si la fleur nous donne l'idée de la pureté, la plante, amie des rivières, nous donne celle de la
souplesse. Cette souplesse s’allie aussi bien que possible à cette pureté, car lorsque
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