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éloigner l'âme, ou, tout au moins, la retarder du but qu’elle doit se proposer,
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c'est-à-dire l'épanouissement complet de son être moral dans l'atmosphère du grand Dieu.
Peut-être, mes chères enfants, allez-vous me trouver bien sévère si je vous dis que la mesquinerie même est une atteinte à la loi du pardon. La créature légère a besoin d’éclaircir son horizon par la gaieté. Les défauts et les ridicules des autres fournissent un ample prétexte à ses lazzis. Mais, croyez-moi, cette
moquerie même est mauvaise, surtout si vous y apportez un certain sentiment
d'aigreur que j'ai presque toujours constaté dans les plaisanteries exagérées. Encore et toujours, en cela comme ailleurs, c’est l'intention qui régit tout. Se moquer sans animosité, sans mépris, n est plus se moquer, et dans ce cas il n’y a aucun mal.
Il me semble, du reste, que ceci est assez facile à comprendre. Je sais par exemple, qu'il estune chose qui étonne toujours profondément les personnes qui s occupent des phénomènes spirites, je veux parler de la banalité des paroles des Esprits matérialisés. Le plus fervent des croyants éprouve toujours forcément une impression pénible, lorsqu'il voit un Esprit revêtant soit le costume de grand prêtre de l'Inde, soit le costume drapé des religieuses, s'approcher de lui pour donner une appréciation tout à fait hors de propos sur la toilette que porte l’incarné, sur les meubles qui sont dans la pièce, ou bien encore se livrer à une de ces plaisanteries ridicules qui n’ont rien d’ésotérique et ne ressemblent en quoi que ce soit aux entretiens élevés que nous avons dans notre cher au-delà.
Ilest bien évident que ces Esprits-là ne vous paraissent pas élevés. Vous avez une toute autre conception des êtres supérieurs; votre imagination, très juste en cette occurrence, vous les représente entourés d’un nuage d’idéalisme. Ils ne sont pas enveloppés dans des habits de convention, mais bien dans les reflets œlorieux de leur corps périsprital, qui atténuent les contours de leurs formes sans indécence, car ils sont nus. Un sourire illumine leurs faces. Ce n’est plus le rire trivial de la terre, la gaieté bruyante des êtres inférieurs, mais bien la suave Joie de ceux qui savent et qui approfondissent le bonheur dans toute sa plénitude, parce qu'ils sont arrivés à pratiquer le pardon dans toute son étendue.
Ma faible plume reste impuissante à vous dire quelles sont les joies dont se compose leur vie ; les termes terrestres sont limités comme l’est la terre ellemême.
Qu'il vous suffise de savoir qu'ils n’ont plus rien à désirer, et que cependant ils ne s'annihilent pas dans une contemplation béate qui serait la négation de leur personnalité ; mais ils comprennent enfin le mystère de Dieu, et, leur curiosité étant ainsi assouvie, ils ne sont plus en proie à aucune inquiétude.
Voilà l’état auquel il faut souhaiter parvenir dans les plus brefs délais possibles. Il est assez beau pour que l’on puisse faire quelques sacrifices en vue de sa réalisation, et, du reste, en est-ce un si grand que d'être indulgent pour tous,
compatissant pour chacun ?
La grande loi du pardon doit régir tous les actes. Il est absolument inutile
de penser qu'on a pu faire un progrès sérieux, si, à côté d’une vie de travail, de
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bonté même, de courage, il subsiste un sentiment haineux pour un prochain quelconque. Il faut donc pardonner, toujours pardonner, et ne pas prendre un
malin plaisir à divulguer les défauts des autres, en en faisant un sujet de risée
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ou de moquerie. Cette abstention de la raillerie est, il faut le dire, quelquefois
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plus difficile à pratiquer que le pardon d’une grande offense. Les âmes très
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fortes atteignent assez facilement au sublime, elles n'arrivent qu'avec peine :
pratiquer les choses simples ; et cependant la vie n’est pas faite d’héroïsme. Ce
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sont, au contraire, les petits événements courants, les mêmes faits de toutes les minutes qui constituent ce tissu de petites épreuves qui mettent la patience en jeu, en nous faisant acquérir de précieux mérites qui aideront à notre acheminement vers le bien.
Appliquez-vous donc à l’indulgence ; soyez bons dans toute l’acception du terme. En pratiquant cette bonté vous attirerez dans vos cœurs une joie autrement grande que celle que pourrait vous fournir la plaisanterie légère ou
railleuse, et vous ferez converger ainsi autour de vous les bonnes et saines
influences de l'au-delà, la protection des êtres élevés qui, désireux de vous comp-
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ter au plus tôt dans leurs rangs, ne cesseront de vous répéter ces mots qui sont
le clé de toute la perfection :
Pardonnez sans restriction |!
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