‹ Nos invisiblesChapitre 199 sur 203 · EE CES · texte numérisé non relu

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divin, et qu'il éprouve le besoin de jeter sur la conduite de ceux qui l'ont tué le voile de la folie, qui ne raisonne plus ses actes; « car ils ne savent ce qu'ils font! »

Que voilà bien le pardon sans restriction, le pardon dans la douleur, dans l'offense suprême, dans les affres de la mort même!

Et c'est à ce pardon sans réserve vis-à-vis les uns des autres, que nous sommes tous tenus, les incarnés comme les Esprits. Car le pardon, qui ne doit pas s'exercer seulement dans une certaine sphère, qui n'est borné par aucune limite, mais qui franchit tous les espaces, passe au-dessus même des barrières invisibles qui séparent le domaine des vivants de celui des morts, ne laisse même pas subsister ce qui s'appelle sur terre « les rancunes, les inimitiés ».

Que l’homme le sache bien, sice pardon ne remplit pas entièrement son cœur, s'il n'est pas maître absolu de ses mouvements, 1l n'a aucun droit à proclamer la pureté de ses intentions. Serait-il infiniment généreux pour le plus grand nombre de ses amis, 1l suffit qu'il renferme au tréfonds de son être une haine ou une forte rancune, pour annihiler tous les bons effets de ses autres actions.

Avant même de faire le bien, il faut oublier le mal; et quel mal plus grand peut-il exister en soi qu'un esprit vindicatif, qui ne veut pas pardonner l'outrage ?

« Si lorsque tu as quelque chose contre ton frère, si tu viens faire une offrande à l'autel, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec lui. »

Ces paroles sont à elles seules tout le secret de la pureté des intentions. Omettre leur pratique, c’est omettre tout progrès, c'est retarder indéfiniment ses pas dans les chemins des existences successives, épuratives et pénibles ; car c'est paralyser immédiatement tout l'essor des autres qualités.

Prenons, en eflet, celles-ci une à une, et voyons s'il leur est posible d'arriver à leur développement, si elles ne marchent pas sous l'égide du pardon ou loi de charité,

A la douceur sans pardon il manque ce je ne sais quoi de divin qui la rend

sans saveur. Sans clémence la justice restera àcre et antipathique. Elle ne sers

plus qu'une odieuse jonglerie, du moment où elle n’enseignera pas que les fautes

de ceux qui nous ont offensés, peuvent être notre lot un jour aussi, et que nous avons également besoin de la plus grande indulgence.

Nous savons, hélas ! que le pardon est quelquefois extrêmement difficile à pratiquer, qu'il est de ces outrages qu’on ne peut oublier, de ces offenses aux-

quelles on ne peut même pas appliquer ces douces paroles du très doux Christ :

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