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mérite y a-t-1l à posséder une bonne humeur inaltérable, si l'on n’est en butte à
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aucun mauvais caractère, si tout marche à souhait sans qu'il y ait la moindre
occasion de rectifier la moindre chose?
Lors même que les grandes peines seraient épargnées aux terrestres, 1l est bien certain cependant que les tracasseries et les soucis journaliers resteraient
tout de même leur lot, et c'est précisément dans ces petits ennuis que l’on peut
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trouver le progrès.
A chaque désincarnation l'âme sort plus purifiée, plus courageuse, plus disposée à bénir la vie qu’elle vient de passer, et à laquelle elle doit d’avoir gravi plusieurs échelons de cette monumentale échelle dont le sommet vient se perdre dans le sein même de la Divinité. Il arrive un moment où c’est avec des larmes de reconnaissance qu'elle contemple cette terre où ses pleurs ont coulé, où son cœur s'est révolté maintes fois contre l’apparente injustice d’une organisation terrestre qui lui a paru défectueuse au premier chef, où tant de fois elle a douté, désespéré même. Que ses années de souffrances lui paraissent avoir été brèves, maintenant qu'elle est à même de les comparer à son éternité de bonheur ! Elle ne peut comprendre qu'elle les ait trouvées aussi longues, et sourit en se rappelant ses frayeurs de la mort, ses angoisses enfantines devant l'inconnu, quand cet inconnu était tout à la fois si simple et si juste.
Et pourtant son bonheur n'empêchera ni les terres d'épreuves de demeurer terres d'épreuves, n1 la loi d’expiation de rester en vigueur, Dieu ne se lassant pas de produire de Ia même manière, tandis que l’évolution se continue sur un mode identique.
C'est cette persistance ou plutôt cette immutabilité dans le mode de création
qui constitue d'une manière formelle l'admirable justice de Dieu. Car injustice, qu'est-ce, en somme, sinon une inégale répartition des privilèges et des disgrâces ? Or, si la somme de nos souffrances et de nos joies est égale, nous n avons rien à nous envier les uns aux autres. Je vous entends d'ici objecter que cette théorie n’est pas admissible, puisque sur la terre 11 y à des quantités de gens beaucoup plus frappés que d’autres. Mais mon point de vue n'embrasse pas la seule terre, Dieu n’a pas créé seulement cette infime planète, 1l en a suscité des milliards et des milliards d’autres. Si l'être pauvre et méritant ne comprend qu'avec peine l'heureuse vie d'êtres imméritants, c'est qu 1l ignore que cette existence présente n'est pas le point final de ce qui s appelle une vie. Fôt ou tard la personne dépourvue de qualités subira la loi d'expiration qui la mettra au rang de celles qui souffraient alors qu'elle jouissait, et cela sera toujours ainsi, car 11 y aurait injustice de la part de Dieu à s'arrêter dans sa production. Tout ce qui compose l'air ambiant, l'atmosphère de l’univers, est un être futur. Du Jour où le Créateur cesserait de produire, ces êtres futurs resteraient des atomes sans tristesse, c'est vrai, mais véritablement bien dénués cependant, si l'on compare leur sort à celui des êtres parvenus à l'apogée.
Devant ces lois inéluctables il ne reste à l'homme qu une ressource, celle de s’incliner en accaparant à son profit la loi d'expiation devenue pour lui une réelle vertu, s'1l sait s en servir.
Mais, il faut bien le dire, mes chères enfants, le mot seul effraie et attriste. Avec sa vivacité exagérée, l’homme y voit tout de suite le synonyme de pénitences, austérités, abstraction complète de tout ce qui constitue les rares douceurs de la vie. Et puis, enfin, pourquoi expier? Est-ce, en somme, la faute de l'homme, s 1l a été créé imparfait, grossier, nuisible, s’il trouve partout l'hostilité au lieu de la bonté ?
Le mot de purification semble plus juste à certains. L'expiation suppose une faute antérieure, mais pourtant, si nous sommes vicieux dans le principe, la faute, semble-t-11, ne peut nous en être imputée.
Lorsque, après l’animalité, l'être entre dans la période humaine, 1l n’est encore qu’une sorte de brute qui ignore à peu près le bien. Mais, à cette époque, sa transformation est rapide, et il arrive promptement au degré où 1l est capable de différencier le bien du mal, et où il sait pour quelle voie il doit opter. Son hbrearbitre
existe, et il devient immédiatement responsable des fautes ou erreurs quil com-
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met. Dès lors, ce qu'il endure dans la suite ne peut que s'appeler expiation, et c est à lui quil appartient d'abréger ou de prolonger cette expiation subordonnée à la bonne volonté et au zèle qu'il déploiera pour se réformer.
Mais de là à tomber dans tous les grands courages des mystiques et des saints, il y a un monde, et Dieu lui-même n’exige pas l’héroïsme, du moment où l’on pratique le courage. Le moyen de progresser est plus simple ; il peut se résumer en ces quelques mots : savoir accepter sa vie, et, croyez-moi, ce n’est pas un petit mérite que celui qui consiste à remplir bravement ses devoirs.
Ces choses si vulgaires de la vie courante, ces besoins même que le corps impose, peuvent devenir de véritables collaborateurs du progrès futur. Pour cela 1l faut prendre pour devise « toujours mieux », avoir de l'ordre, diriger ses affaires avec soin, conserver une inaltérable sérénité au milieu des plus grands ennuis. Tous ces petits mérites constituent à la longue de véritables vertus. Je ne veux pas dire, bien entendu, qu'ils soient suffisants pour un progrès sérieux. Sous peine de vous ennuyer, je vous répéterai encore une fois ce que je vous ai dit si souvent, à savoir que sans la charité et la douceur il n’y a pas de progrès possible. L'accomplissement consciencieux de ces menus détails est un acheminement vers la conquête de ces vertus, car pour qu’il y ait progrès, et progrès durable d'une âme, il faut qu'il y ait éducation complète de cette âme.
Peu à peu, en s’efforçant de toujours bien faire, on arrive à ce résultat ina ppréciable qui s'appelle l'habitude du bien. Dès lors toutes les tâches se trouvent être facilitées, les difficultés s’aplanissent, et, presque à son insu, l’homme s’achemine ainsi doucement vers la perfection.
Mais, pour en venir là, il faut bannir du cœur toute révolte, il ne faut pas s'irriter contre la malchance qui semble s'acharner plus spécialement sur certins êtres, il faut bien se garder de se croire disgracié. Non, 1l faut se dire, avec toute la sincérité des âmes fortes et la foi des âmes croyantes : « ma vie est ainsi, parce que je lai méritée telle; donc je dois l’accepter, done je dois la vivre. » Il ne vous est pas défendu de chercher à l'améliorer. Une sage et honnête ambition ne nuit pas, au contraire, mais il faut savoir limiter celle-ci, et il faut surtout s'appliquer à accepter avec le stoïcisme des héros les coups du sort.
Il'est, du reste, un fait avéré, mes chères enfants, c’est que l’aide donné sera proportionné au courage dont vous aurez fait preuve. Quelle que dure que puisse
être leur vie, les vaillants ne tombent jamais ; 1ls savent se relever, et réussissent
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même parfois dans leurs projets au delà de toute espérance. La révolte, sachezle, est mauvaise conseillère, elle obscureit le jugement de l’homme, et le pousse dans des voies opposées à celles qu'il devrait prendre; c'est à malheureusement un fait commun chez les personnes qui n’ont pas la foi en l’immortalité, et qui ignorent qu'elles ont eu des vies antérieures imméritantes qui nécessitent une expiation, tandis que celles qui savent acceptent l'épreuve avec calme, etce calme même fait naître en leurs âmes une paix qui n'est encore qu'un présage de la paix divine.
Oh! mes chères enfants, la réincarnation n’est pas un pis aller qu'il faille détester, ni une sinécure qui nous permette de ne pas veiller sur nos actions. La réincarnation est grave et l’expiation est sainte, mais cette dernière nécessité deviendra pour vous une vertu et un aide si vous savez l’accepter avec résignation. Je ne vous dis pas de courir au-devant d'elle, quoique, en-certains cas, ce soit nécessaire. Je vous supplie de ne pas la haïr, et je vous conjure de la supporter. Plus les épines de Ja douleur vous étreindront d'une manière pressante, et plus vous vous approcherez de l'endroit où ces épines cessent. Les chemins très rudes sont aussi les chemins très courts, tandis que les routes unies sont interminables et deviennent par cela même horriblement pénibles à parcourir. A la suite du maître Christ qui vous a donné l'exemple en tout, engagez-vous dans le parcours des routes tortueuses. Rappelez-vous que ce Messie, qui connut toutes les souffrances et ignora par contre toutes les douceurs, se chargea de vous enseigner la nécessité de l'expiration.
Aimez done votre vie, aimez-la telle qu’elle vous a été faite. Minute par minute
elle se chargera de vous acheminer vers le bonheur, c'est-à-dire vers les séjours
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de paix où le travail même devient une jouissance, où la pensée, débarrassée de
toutes entraves, s'élève hardie etrapide vers les conceptions géniales, où l'amour
est le mot d'ordre qui règne, où toutes les réunions ont lieu sans menaces de
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séparation, angoissant par avance les cœurs, où enfin on commence à entrevoir
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Dieu le mystérieux qui n'a pas voulu le malheur de sa créature mais bien son
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