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s’'adonne à une mission quelconque, qu'elle se met à la recherche du bien avec toute la bonne volonté possible, l'allègement de son fardeau moral se fait sentir, sa lassitude diminue, sa peine devient moins profonde, ses regrets moins cuisants.
Dans cet ordre d'idées, il n'est peut-être pas inutile d'ajouter aussi qu'il y a des Esprits qui souffrent plus ou moins violemment. Dans cette catégorie d'êtres désincarnés malheureux, il y a également des divisions et des subdivisions. Chaque peine est proportionnée à la grandeur des méfaits, et, par une loi fatale, chaque bonne action trouve aussi son écho, chaque effort de l’âme souffrante élimine un peu de cette souffrance.
On s'est beaucoup inquiété dans le monde spirite du rôle que pouvaient jouer les incarnés dans le soulagement des peines endurées par les âmes des désincarnés.
Avec une sollicitude digne certainement d’être louée, plusieurs groupes se
sont adonnés à la tâche spéciale d'évoquer d’abord les Esprits inférieurs et de les
moraliser ensuite. La manière de procéder de ces groupes est à peu près iden-
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tique. Généralement l'Esprit souffrant, très attiré par la matière, se rend facile-
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ment à l'appel. C’est pour lui une sorte de délassement de s'emparer du corps d'un médium, mais cette impression dure peu. Gêné dans ses mouvements, trop inférieur pour être compréhensif, il se plaint hautement, se débat dans une sorte
de cauchemar, se répand en divagations sur ce sujet qui paraît être le thème
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favori des Esprits peu avancés en état d’incorporation, à savoir qu'ils ne sont pas morts; et les assistants, qui ignorent trop souvent que lincarnation est un mode de communication absolument imparfait pour les êtres encore embués de fluides malsains, s'attendrissent, se donnent une peine extraordinaire pour lui expliquer qu'il est mort, l'engagent aux bonnes résolutions, lui font promettre de progresser, sans se douter le moins du monde qu'en agissant ainsi 1ls font éprouver à leur médium une fatigue inutile, et que, pour ce qui est d’eux, ils empiètent sur un rôle qui n'est pas le leur, mais bien celui des Esprits supérieurs chargés de moraliser et de réconforter ces pauvres âmes qui, aussitôt après le phénomène,
ne savent que trop bien à quoi s’en tenir sur leur sort de désincarnés.
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Non, cet acte de charité n’a pas la valeur qu’on lui prête. Pour aider les âmes souffrantes, 1l existe des moyens plus simples, ce sont ceux de la prière, de la
sympathie, qui arrivent à former par leur union une sorte de point d'appui fait
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pour soutenir les âmes chancelantes, incapables de marcher seules dans la voie du bien, si elles ne trouvent autour d'elles cet appui.
Ici encore c’est la forme-pensée qui agit, en vertu de ce principe que toute idée distinctement énoncée prend une forme qui sera plus où moins précise selon que la pensée aura été plus ou moins claire.
Toute pensée émise avec force se relormera avec netteté dans l'aura de la personne pensante, mais sera projetée dans l'aura de la personne à qui l'on pense, si intentionnellement on a projeté cette pensée vers cette personne.
On voit par là les conséquences que peuvent avoir les bonnes et les mauvaises pensées en Ce qui concerne ceux à qui l’on s'intéresse. Sans exagération aucune, il est permis de dire que le désir de fre avancer une âme contribue à son avancement, La personne à qui l’on s'intéresse sentira, sans bien s'en rendre compte, plus d’attraits pour le bien, plus de répugnance pour le mal, et cela tout simplement parce que son esprit viendra de subir une modification heureuse en hvrant la place à une pensée généreuse, projetée par une personne qui s intéresse à elle.
Plus le désir de faire du bien sera profond, et meilleure sera cette sorte de prière, Toutefois, il est indispensable de ne pas l'oublier, laide qui nous vient des autres ne sera pas suffisant pour faire progresser une âme. Ce serait, du reste, une véritable injustice sil en était ainsi. l'effort personnel est souverainement nécessaire, mais quel spectacle plus beau peut-il y avoir que cette solidarité, cet intérêt pour les nouveau-nés de la vie universelle, pour ces imparfaits encore trop près du limon pour comprendre la beauté divine?
En général on oublie trop vite les morts, ou, du moins, si l'on ÿ songe, c est pour s’épandre en regrets superflus, pour déplorer l'irréparable. De plus, par un revirement singulier, qui n’est en lui-même que la preuve absolue de la facilité avec laquelle l’homme peut pratiquer le pardon, à peine le mort est-il descendu dans la pierre glacée du tombeau, qu'on oublie immédiatement tous ses défauts pour ne se souvenir que de ses qualités.
Si ce mort était simplement un homme de courage, on en fait facilement un héros; s’il était de nature pacifique et douce, on lui prodigue l'épithète de saint; s’1l possédait un mauvais caractère, on prétend qu'il était simplement nerveux, et ainsi de suite...
La vérité est qu'aucune âme parfaite ne vient de terre. Certes beaucoup d’entre
elles, arrivées à un degré élevé, quittent la planète définitivement, mais au-dessus de ces âmes-là 1l en est qui leur sont supérieures, et au-dessus de ces supérieures il en est d’autres auprès de qui ces dernières ne sont encore que des imparfaites, et la hiérarchie s'étend sans fin, parce que Dieu, étant un Infini, n’a pu créer qu'une infinité de mondes et d'âmes.
Sans tomber dans des inquiétudes qui n’ont pas leur raison d’être, puisque la fin estidentique pour tous, il ne faut pas cependant faire preuve d’un optimisme déplacé en n'envoyant que rarement à ceux qui nous regrettent l'expression d’un désir de progrès pour leurs âmes. Les pleurs et les regrets sont égoïstes, ils ne peuvent qu'attrister ceux qui én sont l’objet, mais le désir de les aider est pour eux un puissant réconfortant, une sorte d’aplanissement des difficultés dont sont hérissées les routes qui mènent au bien — routes sur lesquelles 1ls ne cheminent pas isolés, car ils sont nombreux ceux qui entreprennent la tâche sainte de les soutenir de leurs mains d'Esprits, et qui, avec plus d'efficacité que ne saurait le fure aucun incarné, leur parlent de progrès et de bonté.
Si le désir des incarnés est d’envoyer des pensées de sympathie et de réconfort pour leurs amis désincarnés encore peu évolués, la mission des Esprits est d'aider ceux-c1 par-leurs conseils, par leurs exemples même, en leur faisant secouer cet engourdissement qui paralyse leurs mouvements en les enlisant dans la matière dont ils se débarrassent si difficilement.
Cette tàche si belle est souvent celle d'Esprits très supérieurs, qui ont terminé depuis longtemps avec l'épreuve terrestre, et auxquels il serait même loisible de s élever beaucoup plus haut, si un profond sentiment de pitié et de compassion ne les entrainait vers ces malheureux évadés du bagne humain, contraints de retourner vers celui-e1 pour y trouver la rénovation.
Et quoique ces spectacles soient fréquents, c’est toujours avec une émotion nouvelle que nous voyons ces êtres supérieurs s’acheminer vers les basses couches où gisent quelquefois pèle-mèle, quelquefois aussi isolés avec leurs remords, les êtres sans bonté et sans beauté. Oublieux des splendeurs qui sont son partage, oublieux de ses droits, l'Esprit supérieur respire de nouveau l'air vicié des régions ternes ; 1] subit une gène qui entrave ses mouvements, et, voulant être plus à même de compatir, 1l endure pour un instant les souffrances de ceux vers qui sa charité l'a entraîné ; il entend leurs plaintes, recueille leurs larmes, puis doucement,
avec l'inlassable patience d’un évolué qui sait qu'il s'adresse à des enfants, il
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