‹ Nos invisiblesChapitre 6 sur 203 · UC · texte numérisé non relu

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pauvre cerveau humain que de découvrir les sous-multiples de cette origine.

Dans les événements même, l’action du gouvernement divin agit. Que d'incompréhensibilité dans cette agitation fébrile qui s appelle la vie! Et cependant cette vie n'est pas l’œuvre d'un hasard fou. Il y a trop de beautés dans cette activité, trop de raison même, pour qu’on puisse Jamais la taxer de démence. Si les extravagances nous frappent, c'est que Justement nous ne sommes pas faits pour en supporter le contact, et c'est un argument en faveur de Ia sagesse que de savoir reconnaître la prétendue déraison de ce qui ne l'est pas.

Nous disons « prétendue déraison » parce que, en réalité, Dieu étant en tout, Dieu étant partout, tout ne peut être que bien et sage, et le mal même concourt à nous amener à cette sagesse, but et récompense suprême de tous nos efforts.

Les vues du gouvernement divin sont inexplicables, et la définition de Dieu est impossible. Nous ne le concevons pas, 1l échappe totalement à notre entendement, etc est pourquoi 1l nous est s1 difficile parfois de le prier et de l'adorer,

notre condition d'êtres matériels nous portant tout naturellement à n’aimer et

n'honorer que ce qu 1l nous est possible de comprendre et d'admettre. C'est pourquoi en général notre cœur, nos tendres élans de prière, de supplications, de ferveur, vont plutôt vers le Christ qui a vécu de notre vie, s est uni à la matière, a souffert des misères corporelles, a su guérir miraculeusement par le seul effet de son fluide bienfaisant, mais n'a pu créer cependant puisqu'il n'était pas

Dieu.

La vie prodigieuse de Jésus-Christ nous a émus au delà de tout. Si nous sommes restés étonnés, émerveillés, devant les guérisons qu'il suscitait, devant les conversions qu 1l opérait, que dire donc de ce perpétuel prodige qui s'appelle la vie intensive ? Que penser de cette germination sans trêve qui s’accomplit au sein de la terre ? Que conclure de ce mouvement prodigieux qui fait jaillir la source de la terre, qui précipite le fleuve dans la mer, qui agite les Océans ?

Tout cela est œuvre de Dieu, d’un Dieu que nous ne concevons pas parce quil est totalement différent de nous, mais vers lequel nous pouvons cependant élever nos âmes en lui offrant le tribut d’admiration qui lui est dû, et en formulant tout bas notre timide désir de le voir un jour.

Et ne croyons pas qu'en agissant ainsi, nous nous adressions à un inconnu qui n a cure de nos respects et de nos adorations.

Ce père d'une innombrable famille, qui nous paraît parfois un mythe, que nous

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