RÉUNION DES FRÈRES AIMÉS
Un rayon de soleil se glissait auprès de la couche mortuaire. Il laissait deviner les silhouettes éplorées d’un groupe de personnes qui refoulaient leurs sanglots, pour ne pas laisser voir au cher visage déjà embrumé d'agonie tous les désespoirs et toutes les désolations.
Le souffle de mort qui s’infiltrait dans la pièce communiquait à chaque objet son horreur tragique.
Sous son haleine l’or des consoles se ternissait, les bibelots précieux encombrant les vitrines s’assombrissaient, les tentures perdaient leur éclat.
C'était une chambre de riche, une de ces vastes pièces où tout un luxe imutile
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s’entasse, où la profusion des détails fait deviner immédiatement la présence du
fils unique éperdument aimé. Des tapis épais en couvraient les parquets. Aux
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murs des armures antiques alternaient avec les tableaux de prix. En face de l'agonisant même, dans un cadre luxueux, des nymphes de Bouguereau, blanches et roses, horriblement matérielles, déployaient toutes leurs séductions devant un
amour aux ailes légères. Cette peinture de jeunesse et de vie faisait face au grand lit
à colonnades dans lequel s’opérait la séparation d’une âme avec un corps. Mais,
sans se laisser intimider par la tristesse ambiante du milieu, les nymphes et
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l'amour continuaient à sourire, se refusant à s'associer à la mort qui pénétrait tout.
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