FN {A
lassé à qui le sommeil apporte l'oubli bienfaisant des heures de lutte ; doucement
ms cms.’ EE Ve - ne
alors, avec mille précautions afin de ne pas briser le lien de vie, il enlève cette àme dans ses bras, la transporte pour un temps au milieu de sa région de paix,
et l'évadé se sent alors entouré d’un calme indéfinissable ; il goûte une joie divine ;
SÉRÉNITÉ ItI
il s'émeut en reconnaissant cette patrie qui sera sienne, lorsqu'il aura suffisamment payé son écot à la souffrance, à l'expiration.
Hélas ! ces instants sont brefs! L'homme n’a pas le droit de quitter la vie, tant que la mort elle-même n’est pas venue l’y contraindre, et l'Esprit de paix, qui a permis que l’incarné goûte ce qu’il appellera, le lendemain à son réveil, «un beau rêve », doit rendre au plus vite cette âme et ce corps, cette ombre de douleurs aux autres ombres... Mais il existe pourtant une sérénité que l’homme peut posséder dès cette terre, au centre des épreuves les plus multiples. Le Christ ne nous avait pas encore dévoilé son amour ; la terre n'avait pas encore tressailli sous l'écho de ses paroles de tendresse et de pardon ; les martyrs n'avaient pas encore scellé de leur sang leur foi, lorsque David s’écriait : « Quand même je marcherai au milieu des ombres de la mort, si vous êtes avec moi je ne craindrai pas ». En parlant ainsi le roi Prophète visait Dieu directement, et peut-être pourrait-on croire que ces paroles étaient une témérité de sa part; mais il faut se rappeler que si ce Dieu a donné à l'Esprit la latitude de lancer son souffle où bon lui semble, il s'est réservé le droit de porter le secours que le souffle nécessite. Prier Dieu et évoquer ses mandataires ou Esprits, toutes les fois que vous vous livrez aux œuvres de votre vocation, n'est pas inutile. Les bourrasques peuvent s essayer à engloutir le frêle esquif qui s’appelle un incarné; elles peuvent l’envelopper, le menacer, mais 1l restera droit sous la tempête, s’il met son espoir et sa confiance dans Celui qui lui doit le secours, puisqu'il lui a donné la vie.
Au milieu même de ses turpitudes, l’homme doit s’efforcer de rester calme, et, lorsqu'il sera arrivé à cette première victoire sur lui, il sera bien près de franchir ce dernier pas qui le sépare de l’endroit où rien d’insolite ne l’atteindra plus, où les ombres tragiques de la désespérance s’enfuiront au loin, incapables qu'elles seront de supporter le contact de la vertu admirable dont l'épanouissement a conquis la sérénité.