‹ Nos maîtres: scènes d'intérieurChapitre 2 sur 19 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CLÉMENCE, trayalUe près de la fenêtre. HECTOR, se verse

à boire devant le buffet de droite.

A votre santé, mademoiselle Clémence.

Il boit.

CLIÊMENCE.

C'est bien vrai au moins ce que tous m'avez dit hier sur Narcisse?

HECTOR

La vraie vérité. Narcisse a émietté son cœur à tous les

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étages... Annette du premier, Justine du troisième, Hortense du quatrième. . .

CLÉMENCE

L*indigne!.. Moi qui avais la fa ibiessede l'aimer... Mais la preuve qu'il me trompe?

HECXOR.

Vous l'aurez aujourd'hui. Annette du premier est furieuse contre lui. Elle m'a promis sa coirespondance.

GLÉHENCE.

Ah ! qu'il me tarde de le confondre !

HECTOR, à part; se frottant les mains.

Ça prend bonne couleur... (Hant.) Voyez-vous, mademoiselle Clémence, il ne faut jamais aimer de valets de chambre. La trop grande fréquentation des maîtres les perd tout de suite. Ce n'est qu'à la cuisine que l'on rencontre l'amour sérieux... feu doux, mais honnête!

CLEMENCE

L'amour ne se commande pas, monsieur Hector.

HECTOR

C^est ce qui le distingue des repas, mademoiselle Clémence. Aussi veuillez me dire, je vous prie, ce que vous désirez pour votre dîner. Je serais si heureux de vous en faire un qui pût vous consoler de vos chagrins.

CLÉMENCE

Vous êtes bon... vous, au moins.

HECTOR

Que penseriez-vous d'abord d'un excellent potage aux pâtes d'Italie? .

CLëMENCE*

Je le déteste.

Hector.

Mettons un printânier... Après ça, une jolie sole aux fines herbes.

CLÉMENCE

Non, du saumon.-

HECTOR

Saumon, sauce hollandaise, adopté; aprèsça^uurostbeaf aux tomates farcies ; de bons flageolets, maître d'hôtel, et une délicieuse bavaroise au kirsch que je vous soignerai avec amour.

CLÉMENCE

Ah ! monsieur Hector ! que vous connaissez bien le cœur des femmes !

HECTOR, modeste et galant.

On est cuisinier, ou on ne Test pas.

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