‹ Nos matelotsChapitre 23 sur 34 · LARGUER · texte numérisé non relu

LARGUER

Trinquons putôt à cell' des miens.

Si j'avais qu' ma peau su' la terre, Ça m'épargn'rait bien des chagrins.

C'est r service ! I' faut que j' m'en aille ! Espérons qu' j'aurai d' l'avanc'ment, Et que j' décroch'rai la médaille.

Si là-bas on s' cogn' sérieusement.

LAURENT

Et si tu t' fais casser la gueule?

LARCHER

Ben, ma femme aura un' pension.

LAURENT

Mais, avec rien qu' sa r'trait' tout' seule. Ça s'ra un' vrai' végétation !

Tiens! d'main j'embarqu' su' la Bretagne, — Deux ans d' rad', — j' permute avec toi ! Larcher, largu'-moi fair' ta campagne, Puisque j' laiss' personne après moi...

LARCHER

J' veux bien. Pas pour moi, pour ma femme Mais t'es trop chic, mon bon mat'lot !

LAURENT

Tu m' prends donc pour un cœur sans âme, Moi, ton vieux pays d' Saint-Malo?...

Donnez-nous d' quoi bouffer, la mère,

— A mon compte ! — et quand je r'viendrai,

— Si je r'viens, — nous fêtTons, j'espère, L' bout d' ruban jaun' que j' te devrai.

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A François Coppée.

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