II
î M l'i d .V 4 ] lit ii/f 1,
Il est d'altaqu' le p'tit lieut'nant!
Son escort' fait bien sous les armes!
Je m' sens sous la couenne un frisson . «
Qui m' fout l'envi' d' partir en guerre ! Et là-d'dans, c' qui m' fait Y pus plaisir, C'est qu' chaque homme éprouv' la mêm' chose Qui tout au fond d' lui vient V saisir, Sans qu' par vantardise il en cause.
A çui qu'a inventé V drapeau, Qui nous empêch' de craind' c' qui lue, S'il m' arrivait d' gagner V gros lot, J* voudrais lui payer un' statue!
J Jules Clarctie
AU TONKIN
Ci mai 1894.
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AU TONKIN
{Ap7-ès le combat.)
KERVEUR, quarlier-maîtrc de canonnag( MADEC, quarlier-maître de mousquelerie.
RERVEUR, appelant.
Madcc! Madec! Madec!
BIADEC.
Me v'ià!
KERVEUR.
Comment, mon pauv'bougr', t'es par terre! T'as écopé, mon vieux, où ça?
HADEC.
J* crois qu' c'est au cœur, car ça n* va guère. Mais où sont nos hommes?
KERVEDR.
En avant !
MADEC.
Et les Chinois?
KERVEUR.
Tout' leur ban d' file!
MADEC.
Tant mieux, j'm'en vas mourir content Qu' nous leur ayons foutu un' pile.
KERVEUR.
Tiens bon un peu que j' voi' ton mal. Largu'-moi t'enl'ver ta ch'mis' de laine.
MADEC
Fais donc attention, animal!
J'ai r'çu un aut' pruneau dans l'aine, Ça doit et' un' bail' mort', j' la sens; Tiens, r'garde ici.
Comment, mon pauv' bougr', t'es par terre! T'as écopé, mon vieux, où ça?
KERVEUR.
Oui, j' vois la plaie.
Ya mêm' des morceaux d'effets d'dans.
MADEC.
J'ai tué cinq Chinois, faut qu' je 1' paie.
KERVEUR.
Pauv* bougr' !
MADEC.
Va n' me plains donc pas tant.
Tu frais mieux d' me donner d' quoi boire.
KERVEUR.
Bois! Mais t'en as perdu du sang !
Autour de toi l'herbe en est noire!
MADEC.
Oui, mon coffre est vide, en effet.
Un' haïr dans V sein, une aut' dans l' torse, Tout mon sang qui d'riv', c'est pas fait m
Pour que j' songe à r'prend' de la force.
Tâch' de te r'poserun moment;
J* m'en vas chercher 1* major, tout d' suite,
Pour qu'il arriv' fair' ton pans'ment.
AU TON K IN 1U9