‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 137 sur 140 · Iliade, XVUL 361 et suiv · texte numérisé non relu

Iliade, XVUL 361 et suiv

ANNEXE Cr 221

d'or » {Iliade, XVIII, 518), où les sillons preunenl une teinte noirâtre comme celle de la terre labourée :

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« Déjà Brunn, continue M. Milchhœfcr, a monti'é jusqu'à l'évidence que la décoration du bouclier d'Honicre est conçue dans un esprit essentiellement artistique et digne des Hellènes'. Gela passe aujourd'hui pour une vérité indiscutable. En ce qui concerne les modèles techniques elles sujets, on s'en est généralement tenu aux bas-reliefs assyriens et surtout aux coupes d'argent et de cuivre repoussées et gravées, dout on possède de nombreux spécimens provenant de Chypre, de l'Italie et de ISinive*. Et c'est sur de pareils ouvrages que serait fondée la description homérique ? Je considère comme un grand bien que nous puissions maintenant nous émanciper du recours à cet art mixte et sans esprit {jener geistlosen Mischkunst). » M. Milchhœfer ajoute que la provenance phénicienne des armes mentionnées dans VIliade n'est rien moins qu'établie : même l'armure d'Agamemnon, présent de Ciny-ras de Chypre {Iliade, XI, 19), peut avoir été fort bien chypriote sans être phénicienne. D'autre part, comme les gemmes dites insulaires et les chatous gravés des bagues en or mycéniennes n'ont rien qui rappelle l'art plienicien ou assyrien, on commence à comprendre que Ion s'égare en cherchant dans les pays d'Orient, en particulier dans l'Orient sémitique, l'origine de l'art dont le bouclier d'Achille est un témoin.

Dans la seconde édition de son Homerisches Epos, publiée en 1S<S7, M. Helbig trahit l'influence d'idées analogues^:

« Le bouclier, dans son ensemble, est une œuvre de la fantaisie poétique. Mais les descriptions des scènes particulières ont souvent été suggérées par des représentalions figurées. On doit admettre que ces représentations se trouvaient surtout sur les vases métalliques importés par les Phéniciens ou sur des imitations grecques de ceux-ci. Toutefois, il faut aussi, semble-t-il, reconnaître ici Vintei-vention du souvenir d'ipuvres yreeque^, dans lesquelles l'esprit national s'était déjà élevé à une expression individuelle. » Cette solution est éclectique ; elle marque cependant, même chez un savant aussi prudent que M. Helbig, un commcncenuiul de réaction contre la part exclusive faile aux modèles orientaux dans la genèse de la description homérique.

Mais il y a plus : si Ton veut trouver des œuvres dont le caractère et les sujets rappellent de très près le bouclier homeriiiue, ce n'est ni à l'Egypte ni à l'Assyrie quil faut s'adresser. M. Brunn, après avoir mis en lumière, dès 18G8, par la simple analyse

1. Bruuu, Die Ktinst hei Humer, daus les Ah/iandlun;/en de rAcadémic de Muuich, t. XI (1868).

2. Uu spêciiiieii du .Nhisiio d'.Mlièuos, portant une inscriiitiou iibéniciciiuo, aurait été découvert près d'olyuipie il'"urt\v,iengler, Uronzcn aus Olympia, p. o4).

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