Cf. Arc/ieol. celtique et r/duloi.se, 2» éd., p
3. Zeuss, Die Deutschen unit die Nachfjurslaemme, 1837, p. 105; pass.iffe traduit pnr .M. d'Arbois de Jut)aiiiville [Arc/iéol. cell. pI f/aiil., 2" (•(]., p. 40V.
22 t-ES CELTES ET LES GAULOIS
Tilo-Live fonde sa thèse chronoiogique, raconte que les Phocéens, arrivant pour fonder Marseille et trouvant chez les Salyes un accueil hostile, obtinrent des Gaulois, alors en marche vers les Alpes, un secours contre les Salves. Mais une tradition plus ancienne, qu'Athénée a reproduite d'après Aristote' et qui a été aussi conservée par Justin 2, nous apprend que les Phocéens, bien reçus par les habitants de la côte, furent seulement plus tard attaqués par les Salyes. »
Voici comment s'exprime M. Mommsen sur la même question, flans la dernière édition de son Histoire romaine^ :
« Le lien établi (par Tite-Live) entre la migration de Bellovèse et la fondation de Marseille, qui fixe chronologiquement cette migration au milieu du 11® siècle de Rome, n'appartient incontestablement pas à la tradition locale, qui ne donnait naturellement pas de dates, mais aux recherches postérieures des chronologistes : cette tradition ne mérite donc aucune créance. Des irruptions et des immigrations isolées peuvent avoir eu lieu de très bonne heure; mais la violente extension des Celtes dans l'Italie du nord ne saurait s'être produite avant l'époque de la décadence des Étrusques, c'est-à-dire avant la seconde moitié du 111^ siècle de Rome. »
Bien qu'Amédée Thierry ait composé son Histoire des Gaulois neuf ans après la publication du livre de Zeuss, il a cru devoir accepter sans réserves la légende de Tite-Live, et la popularité dont a joui depuis son ouvrage explique que celte tradition plus que suspecte se trouve encore dans tous les livres d'enseignement. Aussi nous semble-t-il nécessaire de résumer une fois de plus la question ; nous en rendons les données principales visibles sur une carte, qui fera mieux ressortir l'invraisemblance^ pour ne pas dire l'absurdité, du récit de l'historien romain.
Quiconque accepte ce récit doit admettre, en conséquence, les conclusions suivantes, dont l'étrangeté n'a besoin que d'être signalée :
i° Que la Gaule, vers Tan 600 avant J.-C, était occupée par les mêmes populations qu'en l'an 50 avant J.-C. , à cinq cent cin-