Polybe, II, xv
4. Strabon, IV, iv, 2; Diodore, V, 28; Arrien, Exp. Alex. I. 4; Plutarque, Marins, XXVI ; Pausanias, X, 20; Appien, De refj. yalUcis, II, vn, 8.
o. César, Bell, r/all.. H, 30; Bell, afric, -iO; Virgile, Aen., VIII, 662; Tlte- Live, V, 44; VII, 12; XXII, 2; XXXVIII, 17; Florus, II, 4; Silius, Puniques, XV, 715; Ammien, XV, 11.
DANS LES VALLKES Df PÔ ET DU DANUBE 37
faisait des Celtes, vers l'an 300 avant noire ère, un des compagnons d'Alexandre, Ptolémée fils de Lag-us*.
Dans l'art grec, le type des Gaulois fut {\xé par les artistes de Pergame qui furent chargés de perpétuer le souvenir dos victoires d'Attale P^ (241-197) et d'Eumène II (197-159) sur les Galates d'Asie Mineure'. Nous possédons deux séries de sculptures qui dérivent de ces œuvres d'art, popularisées par de nonibreuses copies et imitations. A la première appartiennent le Gaulois mourant du Capitule, faussement appelé Gladiateur, et le Gaulois se tuant après avoir tné sa femme, groupe de la villa Ludovisi où l'on reconnaissait antrefois Arria et Paetus. Ce sont des statues de grandes dimensions qui ont probablement fait partie d'un ensemble disposé à la manière d'un fronton. Les originaux, en bronze, avaient sans doute été dressés, à l'époque d'Attale I-^ sur l'acropole de Pergame. La seconde série comprend des répliques en marbre découvertes à Rome, d'après des statues en bronze plus petites que nature qu'Attale P"" avait exposées sur l'acropole d'Athènes. Ces statues constituaient quatre groupes: uneGigantomachie, la bataille des Athéniens contre les Amazones, la bataille de Marathon et la défaite des Gaulois par Atlale. Les trois figures des Gaulois qui se sont conservées presque intactes sont à Venise (un vieillard et un jeune homme mort), et au Musée du Louvre (un jeune homme blessé); on [)eiit en voir des moulages au Musée de Saint-Germain. Dans toutes ces œuvres, le type des Gaulois paraît identique : ce sont des hommes de taille élevée, fortement musclés, avec une cliovclurc abondante et inculte, un profil énergique et presque brutal qui s'éloigne très sensiblement de l'idéal grec. Ainsi lixt' par des artistes éminents, dont les œuvres furenl bientôt pdpulaires, le type plastique dos Gaulois fut reproduit avec une lidélilé remarquable jusqu'aux derniers temps de l'empire romain; on le retrouve notamment sur l'arc d'Orange et sur le grand
\. Comparez Strabou, VII, m, 8 et Arrieii, E.v]). Alex., 1, i. ■2. Voir S. Reiiiarh, Les Gaulois dr/ns l'art, nnlique et le sarci>plia<ie de la vigne Ammendola, Paris, Leroux, 1889.
38 l'ES CELTES ET LES GAULOIS
sarcophage de la vigne Ammendola, aujourd'hui au Musée du Capitule, dont les motifs sont certainement empruntés à des œuvres d'art contemporaines des rois de Pergame. Bien plus, ce tvpe des Gaulois devint, à l'époque romaine, celui des Barbares en général, Germains, Marcomans et Daces. « L'art romain n'a rien innové dans la représentation des peuples celtiques. 11 s'en est tenu à la vulgate fixée à l'époque alexandrine, sorte de tradition iconographique qui se perpétua jusqu'aux derniers jours de Tempiro. De même que l'on continua à copier et à « contaminer » les bas-reliefs et les peintures de la Grèce qui représentaient des batailles d'Amazones et d'autres épisodes mythologiques, de même les nombreuses œuvres d'art du m*^ siècle, relatives aux défaites des Galates d'Asie Mineure, furent comme l'album où les artistes postérieurs cherchèrent des motifs toutes les fois que le sujet à traiter le comportait : c'est ainsi que les Galates devinrent les Barbares par excellence, que leur type fut prêté à tous les autres Barbares et que le rctlet des trophées de Pergame embellit encore, trois siècles après Eumène, les monuments des victoires impériales sur les Germains, les Daces et les Marcomans*. »
Il y a donc, sur le type physique des Gaulois, parfait accord entre les monuments et les textes; les uns et les autres dérivent d'une tradition qui a été fixée de bonne heure et qui s'est maintenue sans altération jusqu'à la fin.
Roget de Belloguet, que la question du type gaulois a préoccupé pendant plus de vingt ans, après avoir longtemps hésité entre dill'érentes hypothèses, a résumé dans un sens analogue l'opinion à laquelle il s'était arrêté^ :
« Nous avons reconnu que les Celtes ou Gaulois appartenaient tous, sans distinction entre les Belges et les Gaulois proprement dits, à un même type et par conséquent à une seule et même race, d'un caractère tout septentrional, c'està-dire blonde, de haute stature et d'un tempérament lym-