Revue arcliéologique, 1874, II, p. 253 et
3. Al. Bertrand, Revue archéo/ogigue, 1874, II, p. 157; cf. Archéologie celtique et gauloise, 2" éd., p. 385.
4. M. F. von Duhu a vivement insisté sur cette maiiicre de voir {Donner Siudicn, 1890, p. 21; Bull, di l'aletnol. ituliana, t. -Wl, 1890, p. 108); elle a été systématiquemcut méconnue par M. Helbiy, suivi eu cela tiop docilement par M. Jules Martha {L'Art étrusque, p. 45J.
miors groupes italo-imibro-celies dont les représentants se montrent au pied des Alpes, dans les vallées du Pô et du Danube, à l'aurore de l'histoire (x^ ou xn'' siècle av. J.-C), incinèrent tous sans exception, tandis que l'on trouve l'inliumalion chez les Ligures, les Etrusques et les Celtes du second ban ou Galates. C'est là un des principaux motifs qui nous portent à considérer le chef incinéré à Sesto-Calende comme un Celte^ et non comme un Galate^ un Ligure ou un Etrusque.
11 est aujourd'hui démontré que, dans la Cisalpine et en Étrurie, les nécropoles qui ne restent pas jusqu'à la fin exclusivement à incinération ne commencent à recevoir des corps inhumés qu'à une époque relativement récente: à Este, au iv" siècle seulement, à la Certosa (Bologne), auv% en Etrurie, au VI* ou au vn« au plus tôt, tandis que la série des sépultures à ustion remonte aux ix% x« et xi» siècles, peut-être plus haut encore. Sur ce point, qui est acquis à la science, il n'y a pas de contestation possible. Nous croyons que ces divers changements coïncident avec l'arrivée de nouveauvenus.
Dans le nord de l'Italie, en particulier, les inhumations, qui sont relativement rares, apparaissent seulement après l'invasion des Gaulois rapportée par les historiens, postérieurement aux dernières années du iv*" siècle.
Au sud de Sesto-Calende, sur les deux rives du Tessin, s'étend une vaste nécropole couvrant plus de 35 kilomètres carrés et comprenant entre autres localités les villages modernes de Sesto-Calende, Somma, Vergiate, Casteletto- Ticino, Borgo-Ticino et Golasecca ; ce dernier a donné son nom à l'ensemble. Ces sépultures, devenues célèbres dans l'archéologie, ont été explorées en grand nombre depuis 1824. Bien que n'appartenant pas toutes à la même époque et pouvant être classées en plusieurs séries, elles ont ce caractère commun d'être toutes à incinération: pas une seule tombe à inhumation n'a été découverte parmi elles. Le premier qui les ait étudiées scientifiquement, le professeur G. -B. Giani, s'imagina qu'elles marquaient l'emplacement de la bataille gagnée
par Annibal sur Scipion \ Aujourd'hui, l'on sait que les tombes les plus récentes de ce groupe sont antérieures d'au moins quatre ou cinq siècles à cet événement; elles ont fourni à l'archéologie italique un de ses points de repère principaux, le type de Golasecca. Or, des nécro'po]es de ce type ont été signalées en assez grand nombre dans la province de Côme, à Breccia, Civiglio, Malgesso, Merlolitt^, Moncucco, Montorfano, Robarello, San-Fermo et Yilla Nessi (valle de Vico). Elles forment comme un monde à part, distinct à la fois du monde étrusque et du monde romain. Nous aurons l'occasion d'y revenir, sous la conduite du professeur P. Castelfranco '. Mais reprenons d'abord l'examen de la tombe de Sesto-Calende.
Cette tombe consistait en une simple fosse de forme ovale, profonde d'environ 2 mètres, au fond de laquelle avaient été déposés sur la terre nue, probablement soigneusement battue (comme à Hallstatt), l'urne cinéraire, ainsi que les offrandes et les objets ayant appartenu au mort. Sur ce dépôt avaient été entassés en nombre considérable de ces gros galets que le fleuve dépose sur ses rives. Ces galets, amoncelés sans ordre, constituaient un véritable tumulus, ou plutôt un galgal^ suivant l'expression biblique adoptée par les archéologues. Sans défense contre l'infiltration des eaux, tous les objets, écrasés d'ailleurs par le poids des pierres, étaient dans un état de destruction avancée : il fallut tout le soin et toute la patience de Biondelli pour les reconstituer partiellement.Voici la liste des objets dont il a pu constater laprésence :
Une urne cinéraire en terre ;
Trois vases accessoires en terre ;
Un casque de bronze;
Une épée de fer avec poignée de bronze à antennes et lourreau de biunze ;
Une pointe de lance et une pointe de flèche en fer;
Deux jambières ou cnémides de bronze;
1. Gio.-Balt.Giaiii, Dallaf/Ua del Ticino Ira Aanibalc e Scipioiie, Milan, 1824. Ce livre est encore précieux i cause .les planclics l't de la (icscription des
tombes.
2. Castelfranco, Deux périodes du premier «V/e du fer dans la nerropolr de Golasecca (Hevue archéoL, 1817, II, p. 73-90).
Fig. 4. — Objets métalliques trouvés dans la tombe de Sesto-Caleude*.
1. Revue archéologique, 1867, II, pi. XXI. L'urne en terre, gravée à la pi. XX du même recueil (n" 2), a été incorrectement reproduite, comme l'a reconnu le professeur Castelfranco.
Les débris d'un char à deux roues; Deux mors de bride:
Un grand vase en feuille de bronze, orné au repoussé de grossières figures en relief.
L'examen de ces divers objets présente un grand intérêt pour nos études.
Fig. 5. — (l"''' période). Fig. (>. — (2» période).
Mobilier des tombes de Golasecca, d'après .M. P. Casleifranco '.
1" L'urne cinéraire (voir notre fig". 4, n" 8). Dans les cimetières h incinération, l'objet le plus caractéristique est l'urno destinée à recevoir les cendres du morl. La