‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 41 sur 168 · Cf. S. Reinach, Description rm'sonnée. p · texte numérisé non relu

Cf. S. Reinach, Description rm'sonnée. p

le sujet de la grotte du Néander ce que l'on avait observé jusqu'ici sur les individus qui exagéraient le plus ce caractère ethnique. Le crâne est dolicliocéphale pur', mais comme la 'orme elliptique allongée qu'il représente vue d'en haut, se combine avec un grand aplatissement (plutycéphalie des auteurs anglais), il peut être classé avec ses congénères dans une catégorie à part sous le nom de dolichoplatycéphules '. »

La raco dite de Cansladt ou du INéanderlhal aurait été do taille moyenne.

Aucun crâne humain ne se rapproche plus de celui du gorille. Parmi les races actuelles, les Tasmaniens présentent des caractères crâniologiques analogues. Le professeur Schaaffhausen, de Bonn, a essayé une reconstitution du profil de l'homme du Néanderthal. Nous le donnons à litre de curiosité (fîg-. 34)^.

Un autre essai de reconstitution a été fait, avec non moins de compétence, pour l'Exposition universelle de 1889, par le

1. L'indice céphalique descend à "2". Cf. Salomon Reiuach, Description raisonnée, p. 129.

2. CLi. Lyell, Ancienneté de l'homme, trad. Chaper, 1883, p. 87.

3. Certaines représentations figurées du frontal du Néauderlhal vu de face, mis

Fig. Si). — Cràno du Ncuiulorthal vu de face, d'après Huxley, p. 28

en regard d'un frontal de gorille dessiné dans la même position, avec ligues iutentionnelleinenl très accentuées (fig. 3.5, 36), peuvent en etl'et faire illusion au premier abord. L'examen des figures 37, 38, 39, 40, empruntées à J.-G. Prichard,

L HOMME QUATERNAIRE

docteur Hamy, qui nous y a même présenté l'homme du Néanderthal en entier'.

Comparez ces essais consciencieux de reconslilution avec l'image quelconque d'un des singes anthropomorphes; entre les deux (le singe anthropomorphe et l'homme), il y a, suivant l'expression d'tluxley lui-même, un abîme, un gouffre^.

« On a blàiné chez moi l'usage des mots abime et gouffre quand je parlais des dilférences qui existent entre l'homme et le singe. Mais ces mots rendent exactement ce que je dois en comprendre. Il m'arriva, un jour, de séjourner durant de nombreuses heures, seul, et non sans anxiété, au sommet des Grands-Mulets. Quand je regardais à mes pieds le village de Chamouix, il me semblait qu'il y gisait au fond d'un prodigieux abîme ou gouffre. Au point de vue pratique^ le gouffre était immense, car je ne connaissais pas le chemin de la descente et, si j'avais tenté de le retrouver seul, je me serais infailliblement perdu dans les crevasses du glacier des Bossons; néanmoins je savais parfaitement que le gouffre qui me séparait de Chamonix, quoique, dans la pratique infini, avait été traversé des centaines de fois par ceux qui connaissaient le ohemin et possédaient des secours spéciaux. Le sentiment que j'éprouvais alors me revieut quand je considère côte à côte un homme et un singe.

Histoire de l'/iornme, t. T, p. 150 (trad. D' Roidin, 1843), et représentant au complet des crânes humains, crâne européen et crâne de nègre, superpo-

Fig. 30. — Crâne de gorille dessiné de face pour faire ressortir les sinus frontaux.

ses à des crânes de chimpanzé et d'orang, suffit â détruire facilement cette impression.

1. Cf. Exposition u uiverselle de 1889. Album de l'Histoire du travail, section I.

2. Huxley est un disciple de Darwin. L'aveu n'eu est que plus précieux.

LA GAn.E AVANT LES GAT'LOIS

qu'il y ait ou qu'il y ait eu une route de l'un à l'autre. J'en suis sûr (c'est donc simplement là un article de foi). Mais maintenant, la distance entre les deux est tout à fait celle d'un abîme iplaintij abysmal) et, pour mon compte, j'aime mieux roconnaîlro le fait, ainsi que mon ignorance

Fig. 38. — Crâne d'oraug.

Fi"f. 40. — Cràue de nègre.

Fig. 39. — Crâne européen. Fig. 41. — Cràue de chimpanzé.

{D'après Pricliavd).

où je suis du sentier, plutcM que de me laisser choir dans une des crevasses creusées aux pieds de ces chercheurs impatients qui ne veulent pas attendre que la science en avançant avec le temps ait (racé le chemin'. »

On nous pcrmellra de constater avec Huxley l'existence du gouffre avec moins d'espoir qu'il soit jamais comblé.

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