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LE CASQUE DE BERRU

PRÉAMBULE

Vers la fin de l'année 1872, M. Anatole de Barthélémy offrait au Musée de Saint-Germain une magnifique collection d'antiquités provenant des fouilles exécutées par son frère, M. Edouard de Barthélémy, et M. Alfred Werlé, dans la commune de Berru (Marne). Quelques mois plus lard, en février 1873, M. Edouard de Barthélémy lisait à la Société des antiquaires de France une note détaillée sur celte découverte. Cette note a été insérée dans le tome XXXV des Mémoires de la Société. Nous y renvoyons le lecteur. La pièce principale était un casque conique, en fort mauvais état malheureusement, et que M. de Barthélémy publia incomplet. On verra plus loin comment la constatation de dessins fort originaux gravés à la pointe sur le pourtour de ce casque nous a permis de le compléter et nous a déterminé à prendre la parole sur le même sujet, quelque temps après la publication du compte rendu de notre confrère. Celte ornementation d'un caractère original donnait à la découverte un intérêt particulier. Nous avions là comme un pendant de l'ornementation du fameux casque d'Amfreville', qui se trouve ainsi aujourd'hui à peu près daté . Le casque de Berru sort, enefl'el, d'un cimetière ou, pour mieux dire, d'un ensemble de cimetières dont le caractère à la fois gaulois et anté-romain ne saurait être contesté. Nous croyons utile d'insister, ici, sur l'importance de ces cimetières des environs de Reims, de Châlons, de Sainte-Menehould et d'Épernay, oii reposent la dépouille mortelle et le mobilier funéraire de plusieurs générations dont les dernières, de fort peu antérieures à la con(|uêle romaine, représentent la civilisation et les usages des tribus du nord-est de la Gaule dans les derniers jours de l'indépendance gauloise'.

1. Voir Ikv. arc/idu/., iiouv. série, t. V, \t. ii'i et pi. 5.

2. Tout récemment dos sépultures .-malogiips 'ont rlé dri-ouvertes :'i Saliil- .M.iurlrs-Fossrs, à la [lorlc do l'iii'is. — Deii.i.iéiiii' ctliliu/i.

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C'a Oitry se

CASQUE DK P-ERRiJ. ; marke '> découvert dans un Cimelieve Gaulois,

I,E CASOIE DK nEURT '.ir>l

A liriins el il ChAlons. iniiis siimnics sur le lerriloire des Itemi. des Beltovaci el des Suensiones, « les nalions les plus belliqueuses et les plus braves de la Gaule, » au dire de César, dans le voisinaj.'o immédiat des Lingoncs. Ces cimetières appartiennent à des populations armées jusque dans leurs demeures d'outre-tombe. La majorité des squelettes sont accompagnés de la lance et de l'épée de fer, quelques-uns de boucliers. Nous sommes loin de l'époque où régnaient les armes de bronze. Mais, d'un autre côté, l'épée difl'ère sensiblement de la longue épée à pointe mousse des tumulus dont le Monceau-Laurent est le type. C'est déjà l'épée à pointe, de plus petite dimension, l'épée ibérique, selon toute apparence, dont l'épée romaine elle-même n'est qu'une modification. Les cimetières de la Marne sont donc postérieurs aux grands tumulus de la Bourgogne et de la Suisse, tout en rentrant dans la même période historique : l'ère gauloise '. Un fait signalé par M. de Mortillet au congrès de Bologne, la présence à Marzabotto d'épées et de lances semblables à celles des cimetières de la Marne dans des tombes très certainement gauloises, ajoute encore à l'intérêt de ces champs funéraires ^. La découverte de la coupe étrusque de Somme-Bionne achève et complète le rapprochement ^. Il sortira certainement de l'étude de ces antiquités un ensemble de renseignements des plus précieux pour notre histoire nationale. La coupe de Somme-Bionne remonte, suivant M. le baron de W'itte, au u" ou iii° siècle avant notre ère. Les sépultures de Marzabotto passent pour appartenir au iV siècle; nous sommes donc en pleine ère gauloise. Les dates encore approximatives se préciseront bientôt davantage, nous n'en doutons pas. On comprendra mieux encore la valeur historique de ces cimetières quand on saura que, d'après la liste dressée par nous avec le concours de M. Morel, on compte déjà soixante-douze communes où des tombes gauloises ont été signalées. Nous donnons ici le nom de ces communes, dont plusieurs contiennent deux et mêmes trois cimetières. Quelques-uns n'ont fourni, il est vrai, qu'une ou deux tombes. Dans d'autres, au contraire, les tombes fouillées dépassent la centaine. Nous ajoutons au nom de la commune le nombre des sépultures, à nous connues, explorées avant 1875 '. On trouvera de plus, dans notre article sur le casque de Berru, le nombre des antiquités de cette provenance entrées jusqu'ici au Musée de Saint-Germain. Ces chiffres ont une éloquence que rien ne pourrait remplacer.

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