XXVIII PRÉFACE
Ségourie ', à Murseins, à Luzech% au mont Beuvray% ces retranchements sont encore presque intacts. Il n'est pas défendu d'y voir un signe de la résistance des vieilles races à l'approche des conquérants. Le fait est remarquable, car à la même époque, Marseille, Antibes et plusieurs autres villes du littoral étaient déjà fortifiées à la grecque. Les contrées du centre n'avaient point imité cet art étranger.
Nous ne doutons point qu'un mouvement religieux ait été la conséquence de cette activité multiple et générale de la Gaule surexcitée par les menaces du dehors. Les germes précédemment déposés se développent; le grand éclat du druidisme, dont le principal foyer paraît avoir été la Grande-Bretagne* et l'Irlande, date probablement de cette époque. Malheureusement, l'archéologie ne donne à cet égard aucun renseignement nouveau.
Nous pourrions signaler de nombreux faits de détail ayant trait à cette période féconde de notre histoire, essayer de les rattacher par un lien logique et en former un tableau. Ce serait sortir de notre cadre : une préface n'est pas un livre. On peut voir dans les articles réunis par nous quels rapports étroits unissaient alors la Gaule, l'Italie ', la vallée du Danube, les rives de la mer Noire et de la Baltique \ Vouloir faire plus serait compromettre la science par un empressement prématuré. Nous croyons en avoir assez dit d'ailleurs pour faire ressortir l'intérêt national de pareilles recherches et la possibilité de les mener à bonne fin.
Nous n'avons pas craint d'être sur deux points très affir-