‹ Nos originesChapitre 2 sur 188 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

ceux que soulève l'élude du type physique des populations, de la mythologie, de la céramique, de l'émaillerie, de la numismatique et de l'art gaulois en général.

La civilisation n'a point pénétré en Gaule d'un seul coup : elle n'y est pas indigène ; elle ne s'y est point développée à la manière d'un germe déposé en terre ; elle y a été apportée par des courants successifs et venant de points opposés de l'horizon. Il faut étudier à part chaque courant, pour en découvrir la source. Sans cela, il n'y a que confusion dans l'histoire de nos origines.

Cette tâche, inabordable autrefois, faute de documents précis, le moment nous paraît venu de l'entreprendre avec courage. Le terrain est déblayé, on peut en dresser la carte. Depuis vingt ans, le nombre des faits acquis à la science s'est accru dans une proportion à peine croyable. L'existence de plusieurs groupes de monuments inconnus jusque-là nous a été révélée ; les monuments connus ont été étudiés et classés avec plus d'ensemble et de soin. Boucher de Perthes, en 1847, inaugurait cette série de découvertes par la publication de ses Antiquités celtiques et antédihaneiincs\ En 1854, le docteur Relier, de Zurich, découvrait les stations lacustres et étalait à nos yeux mille curieux détails de la vie de nos pères avant et après l'introduction des métaux". Quelques années plus tard, MM. Pigorini et Strobel sio;nalaient dans les terramares de véritables palafilles artificielles', construites en Cisalpine, la Celtique de Polybe % par les populations primitives de l'Italie septentrionale, à une époque antérieure de plusieurs

1. Boucher de l'erthcs, AnliquiUs celtiques et antédiluviennes, 3 vol. in-S. avec 128 planches. Paris, 1847.

2. Koller. Mitthei/iinr/en (1er anticjuarischen Gesellxcliiifl in Zurich. 1837-1863. — Dosor : I.cf: po/ii/illcs et roDstnicHonx /ncustres du /ut- rfe.Vcm-AdVr/. Paris, 186ii.

3. l'a/afitte est le nom lionné par les Italiens aii\ liabilations sur pilotis. '.. l'oivi.., Il, ;i. ■.i-2: III, -•;,

DE LA l'REMIKHE EDITION S II

siècles, peut-être, à la foodalion de Rome. Edouard Lartet et Christy, pendant ce temps, fouillaient les cavernes habitées de la Gaule méridionale et publiaient leur beau mémoire sur les figures d'animaux gravées et sculptées, et divers produits d'art et d'industrie rapportables aux temps primordiaux de la période humaine '. De toutes parts ainsi, vers 1860, sortaient de terre des débris du passé le plus lointain. L'attention publique était éveillée; le gouvernement d'alors n'y resta pas insensible: dès 1858, Napoléon III avait créé la Commission de la topographie des Gaules. En 1862 était décrétée la fondation du musée archéologique de Saint-Germain. L'Académie des inscriptions et belles-lettres, de son côté, mettait au concours la question des monuments celtiques" ; enfin, des associations privées se formaient pour aider à l'avancement de ces intéressantes études \

L'établissement des congrès internationaux d'anthropologie et d'archéologie préhistorique couronna cette première phase de développement d'une science nouvelle*.

Appelé par nos fonctions à prendre une part active à ce grand mouvement scientifique, nous en avons suivi le développement avec un intérêt croissant, nous oserions dire avec passion, cherchant sans précipitation, sans esprit de système l'interprétation des faits nouveaux et surtout quel lien pouvait les rattacher à l'histoire écrite. Depuis dix ans nous n'avons cessé de classer, de diviser, de subdiviser ces antiquités, afin de les placer sous leur véritable

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