M. LOUIS BARTHOU
Quelqu’un demandait un jour : « Aimeriezvous, si vous étiez Président du Conseil, avoir Barthou avec vous, ou contre vous ?» — «Oh ! répondit l’homme politique interrogé, c’est la même chose. »
La vérité est que M. Barthou, très intelligent, très ambitieux, très volontaire, a voulu simplement mettre au service de sa fortune sa souplesse native et sa finesse de Béarnais.
Homme d État véritable, il a, tout en restant à gauche, défendu l’ordre et la conservation sociale.
Il est bien difficile d’échapper à son temps !
Retenons ici l’écrivain, le littérateur qui se console des déceptions forcées de la politique dans les lettres, source de sérénité. Quand on a un tel réconfort dans la vie, on peut tenir longtemps.
Et si jamais la fortune le trahissait, il pourrait redire la belle strophe de Lamartine :
Mais moi, j’aurai vidé la coupe d’amertume Sans que ma lèvre même en garde un souvenir,
Car mon âme est un feu qui brûle et qui parfume Ce qu’on jette pour la ternir.