M. HENRY PÂTÉ
Il est précisément remplacé par M. Bénazet qui fut son adversaire lorsqu’il rapporta la loi de trois ans.
On n’a pas oublié le ton de sa proclamation quasi impériale qui lui valut d’être conspué dans les casernes.
M. Henry Pâté restera-t-il fidèle à ses conceptions actuelles ? Il lui serait évidemment facile de faire ce que d’autres font, un petit pas à gauche, et voilà !
On peut sauvegarder une certaine unité au cours des évolutions les plus excusables. Mais ceci n’est évidemment pas le fait des Français moyens et M. Pâté semble devoir être classé dans cette catégorie d’ailleurs fort honorable.
Une anecdote pour terminer, qui révèle tout son état d’âme.
On conte que le propriétaire de M. Pâté, en lui faisant signer son bail, en 1913, spécifia (déjà !) :
« J’y mets une condition, c’est que vous n’y receviez jamais M. Caillaux. »
Et M. Henry Pâté s’inclina.
M. JEAN PAYRA
Le jeune député socialiste des Pyrénées- Orientales, qui vient d’être élu sur la liste du Cartel des Gauches, est un militant populaire dans son parti.
Depuis longtemps déjà il bataillait dans la presse pour la doctrine socialiste qu’il a vulgarisée par la plume et par la parole dans toute la région.
Sportif émérite, il fut un des fondateurs de l’U. S. P., qui a remporté de brillants succès sur tous les terrains et a donné tout son effort pour faire triompher ses couleurs.
Ce contact lui a valu dans les milieux sportifs une vraie popularité et il vient d’être nommé Président d’honneur de cette société.
Aux élections municipales dernières, il a conquis de haute lutte l’écharpe de premier
M. JEAN PAYRA
adjoint de la ville de Perpignan et, après une campagne bien vive en compagnie de MM. Dalbiez et Rameil, il battait un homme d’une valeur incontestable, M. Emmanuel Brousse.
M. Jean Payra passe pour un violent :
c’est tout simplement un Catalan, un Catalan pur sang, qui pense et dit les choses avec ce tempérament méridional d’une exubérance fougueuse. 11 n’en cache pas moins un cœur d’or et ceux qui ont l’heur d’être de son intimité ne cessent de le proclamer.
Au Palais-Bourbon, où il est à peine arrivé, il fait partie déjà de la Commission des Finances, de la Commission des Sports, de la Commission du Commerce et son esprit pratique, réalisateur trouvera à s’exercer sur toutes ces matières qu’il connaît à fond.
Il s’est fait dernièrement le cicérone de la Délégation parlementaire viticole qui visitait le Roussillon et tous ses collègues n’eurent qu’à se louer de son accueil et de son affabilité.
Le temps tempérera l’ardeur qu’il a puisée au pays du soleil et M. Jean Payra deviendra sous peu le député qu’il sera utile de consulter sur l’efficacité de toute mesure concernant le commerce et l’industrie de la viticulture.
M. RAOUL PERET
M. Raoul Péret, député de la Haute-Vienne, est un magistrat d’origine poitevine.
A peine élu, il impressionna la Chambre par ses interventions rares, mais mesurées, éloquentes.
En 1913, M. Doumergue l’appelait au sous-secrétariat de l’Intérieur. Il fut Garde des Sceaux du Cabinet Painlevé en 1917.
On a fait beaucoup de bruit autour d’une combinaison Loucheur-Péret. On disait que ces deux hommes se complétaient. Un homme d’affaires [comme Loucheur, et un juriste perspicace comme Raoul Péret devaient former un Gouvernement di primo cartello.
Sur ces entrefaites, M. Raoul Péret devint
président de la Chambre des Députés : alors que les prédécesseurs avaient dû conquérir le fauteuil de haute lutte, il fut élu par la quasiunanimité de ses collègues.
Au fauteuil, il se révéla plus énergique, moins indécis et fit preuve d’une impartialité louable. Le voyez-vous présider une Chambre où siégeaient Léon Daudet et Vaillant-Couturier ?
Mais voilà les élections.
Le Président de la Chambre pouvait croire que le prestige que lui donnait le fauteuil présidentiel l’entourait d’une auréole assez brillante pour que son département natal lui renouvelât son mandat.
On lui imposait un socialiste sur sa liste.
Il y eut des pourparlers très confus. Enfin les malentendus se dissipèrent et les Gauches, pendant la période électorale, approuvèrent le républicanisme de M. Péret.
La secousse avait été vive. Mais tout était arrangé et sa victoire pouvait lui faire prévoir une réélection à la Présidence, antichambre de l’Élysée.
M. RAOUL PÉRET
Et voilà que M. Raoul Péret dut s’effacer devant l’homme qui en 1917 lui avait confié la garde des Sceaux : M. Painlevé lui-même, que le Bloc des Gauches désigna pour lui succéder.
Le coup était rude. Il en fut certes très affecté, mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il préféra s’effacer que de jouer le rôle de révolté. M. Maginot se fit battre à sa place.
Quelques jours après, il applaudissait des deux mains la déclaration de M. Herriot et confondait son bulletin avec les membres du Cartel des Gauches.
Pourquoi pas ? M. Loucheur n’avait pas fait tant de manières !
M. AMÉDËE PEYROUX
Le docteur Amédée Peloux est originaire des Landes. Après de brillantes études médicales, il fut lauréat de l’Institut et de l’Académie de médecine : il était médecin-major de 2 e classe. Il donna sa démission.
Alors s’ouvrit pour le jeune docteur une période laborieuse où il publia des études documentées sur les nourrissons que M. Picard, de l’Académie des Sciences, loua fort dans son rapport sur l’attribution du Prix Montyon.
Il s’installa dans la Seine-Inférieure où son aménité autant que son talent lui créèrent un réseau de sympathies : quelques conférences firent le reste et, en 1912, M. le docteur Peyroux était élu député d’Elbeuf.
M. AMÉDÉE PEYROUX
Dès son arrivée à la Chambre, il prit la parole sur les sujets les plus variés : le service de santé, la loi des pensions et plus récemment la crise du charbon, le protocole de Spa, l’occupation de la Ruhr.
M. le docteur Peyroux est membre de la Commission de l’Hygiène et de la Commission des Mines.
Il a été membre des Commissions de l’Hygiène, des Travaux publics et du Travail.
Mais son œuvre à la Chambre a surtout un caractère de défense sociale : les projets sur les femmes en couches, sur la puériculture, sur la dépopulation ont trouvé un rapporteur éloquent qui sait convaincre ses auditeurs.