M. RAYMOND POINCARÉ
parle bien, mais ne choisit pas ses arguments. »
On relève dans ses discours une certaine sécheresse : elle vient de son effort constant pour rester maître de sa pensée.
Cette tension le rend peu communicatif et la clarté, si éblouissante soit-elle, ne réchauffe évidemment pas.
M. Poincaré a toujours fait montre d’un grand courage intellectuel.
Il lui manque l’audace, l’envolée : les scrupules l’étouffent.
On lui a reproché son insensibilité : Non !
Le juriste n’a pas tué l’homme : la loi et la constitution n’ont pas séché son cœur.
Homme d’État remarquable, patriote, il a mis les négociateurs de la paix en garde contre la mauvaise Paix qu’ils ont acceptée.
Mais une fois signée, il s’est fait un devoir de plaider obstinément l’exécution intégrale du traité, comme il eût plaidé un contrat de société ou de mariage.
Il convient de relever cela à l’actif de M. Raymond Poincaré et d’y ajouter sa fais
meuse lettre au roi d’Angleterre en 1914 et son oubli des attaques de Clemenceau en 1917.
En faut-il plus pour expliquer que cet homme ait été longtemps aux yeux de l’opinion le type du républicain national ?