‹ Nos parlementairesChapitre 122 sur 136 · M. RENÉ RENOULT · texte numérisé non relu

M. RENÉ RENOULT

Carrière rapide et brillante.

Les uns disent que c’est un veinard : les autres, un travailleur. Il est les deux.

Resté jeune d’allure, d’esprit et de cœur, épéiste distingué, une âme d’artiste, épris de justice, de liberté, d’idéal, M. René Renoult s’était assuré au barreau, dès le début de sa carrière, une place enviée : son talent indiscuté, sa fougue, son ardeur étaient réputés et on voyait déjà s’ouvrir devant cet homme un brillant avenir.

L’amitié de Charles Floquet le poussa vers la politique, terrain généralement semé d’embûches, de difficultés, de déceptions : il n’y connut que des succès.

L’amitié de Clemenceau lui avait valu le siège sénatorial du Var. Celle de M. Herriot lui a confié la garde des Sceaux.

Ce ministre de la Justice est d’ailleurs le meilleur homme du monde.

Serviable, d’une urbanité parfaite, il est malgré sa raideur naturelle très abordable.

Il remplit en ce moment les fonctions de vice-président du Conseil et il est souvent

appelé en cette qualité à porter dans le pays la parole gouvernementale.

Le Président du Conseil et surtout le Ministre des Finances ont trouvé récemment en lui un porte-parole éloquent et habile, car M. René Renoult ne parle que de ce qu’il connaît, et ce qu’il sait, il le sait bien.

Les amitiés successives et un peu diverses qu’il a cultivées n’ont nullement tiédi son ardeur radicale et comme aux premiers jours de ses débuts, il tire à gauche sans scrupule.

Ses amis prétendent qu’il peut aspirer plus haut...

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