‹ Nos parlementairesChapitre 127 sur 136 · M. ANDRÉ TARDIEU · texte numérisé non relu

M. ANDRÉ TARDIEU

Clemenceau, essuyant quelquefois ses rebuffades, échangeant avec lui de bons mots qui n’étaient pas toujours mauvais.

« M. Tardieu sera Président du Conseil, disait naguère un député en vue, parce que c’est le seul qui ait la volonté de l’être. »

Ce fut aussi le désir de Clemenceau.

Les faits ont déçu leurs desseins. Ils sont allés à droite, le pays est allé à gauche.

M. Tardieu aurait pu être ministre de M. Poincaré, mais il trouvait celui-ci trop timide en politique étrangère et trop faible en politique intérieure.

Il vient de jouer son va-tout en Seine-et- Oise avec brio. Il a abandonné momentanément la politique et jusqu’à son siège de conseiller général.

Que voulez-vous ? L’élection se fit sur le traité de Versailles, dont il a d’ailleurs hautement revendiqué la paternité et dont ses successeurs ont bien du mal à réparer les fissures.

M. Tardieu est une valeur parlementaire qui aurait bien fait dans l’opposition.

Laborieux, renseigné, il sait parler, il sait écrire.

Il a signé des articles remarquables.

La retraite qu’il vient de s’imposer n’est pas faite pour lui nuire, et quand M. Tardieu fera sa rentrée dans l’arène politique, il y rapportera la même fougue, tempérée par l’expérience et la réflexion.

Il retrouvera à ce moment, sans les chercher, un siège et un portefeuille.

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