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M. LÉON BLUM

diplomate qui ne ferait pas mauvaise figure au Quai d’Orsay.

M. Poincaré affecta à ce moment de voir en lui le Verbe de M. Herriot, ce dont le Président du Conseil ne convint nullement d’ailleurs.

C’est dire la place et le prestige que le talent a fait à ce jeune député qui s’est poussé aux grands rôles avec une rapidité étonnante.

La valeur n’attend pas le nombre des années...

La carrière politique de M. Léon Blum s’annonce brillante et, comme il sait greffer à ses qualités natives une prudence stratégique merveilleuse (il en a fait preuve dans les récents congrès), il n’est pas téméraire d’affirmer qu’il restera le Verbe du parti socialiste qui, s’il peut, un jour, de par le jeu électoral, arriver au pouvoir, réservera à ce jeune homme d’État la première place. Tout simplement !

M. PAUL-BONCOUR

Né à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), M. J.- Paul-Boncour s’imposa tout jeune comme orateur de premier ordre.

Quand Waldeck-Rousseau arriva au pouvoir, en 1899, il fit du jeune avocat son collaborateur immédiat.

Sa science approfondie des questions sociales attira l’attention de M. René Viviani qui lui confia le Ministère du Travail en 1906.

Il obtint le même portefeuille en 1911 sous le Ministère Monis.

En 1909, il fut élu député du Loir-et-Cher.

Adhérent au parti socialiste en 1916, Paris l’envoya siéger au Parlement en 1919.

Toujours respectueux des décisions de son Parti, il n’accepta d’être candidat dans le

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Tarn qu après autorisation de la Fédération socialiste de la Seine.

M. Paul-Boncour a écrit le Fédéralisme économique, avec préface de Waldeck-Rousseau, et un Débat nouveau sur la République et la Décentralisation, ainsi qu’une brochure sur les syndicats de fonctionnaires qui a été préfacée par Anatole France.

J’y trouve brossé de main de maître le portrait du potentat de sous-préfecture au bulletin capricieux et à la sollicitation tenace ; une appréciation toujours vraie sur le paradoxe de la bureaucratie impériale coexistant avec une constitution républicaine, sur l’arbitraire administratif, dominé par lingérence politique, arrêtant les initiatives, décourageant les bonnes volontés, maintenant sous un autoritarisme de surface une anarchie médiocre.

Retenez cette définition du syndicat des fonctionnaires :

Leur but, dit-il, n’est pas une lutte systématique contre l’Administration et les pouvoirs publics.

Ils veulent simplement faire traiter par des Délégués auprès du Ministre toutes les questions intéressant la corporation : avancement, déplacement, traitement, décentralisation corporative, ordre nouveau...

Ancien secrétaire de la Conférence des Avocats, où il prononça son fameux discours sur Etienne de la Boëtie et les origines des libertés modernes , Paul-Boncour est l’objet au Palais d’une sympathie générale et ses plaidoiries y sont courues.

Ses interventions à la tribune du Palais- Bourbon ont été toutes marquées par un succès.

Comme je loue M. Herriot d’avoir adjoint un talent de cette trempe à la délégation française de Genève !

C’est grâce à l’intervention de Paul-Boncour que le Comité des Douze, répondant victorieusement à toutes les insinuations et suspicions relatives à nos prétendues visées de domination internationale, a condamné le système séculaire des accords secrets et offensifs, administrant la preuve péremptoire

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que les alliances conclues par la France n’ont jamais tendu qu’au maintien de la Paix et à la défense du Droit.

M. J.-Paul-Boncour a merveilleusement défendu la thèse française.

Le Bloc des Gauches attend beaucoup de lui. Il ne sera pas déçu.

M. GEORGES BONNEFOUS

M. Georges Bonnefous est Parisien, avocat à la Cour d'Appel et député de Seine-et-Oise depuis 1910 .

Il était très répandu au Palais, à cause de son élection comme secrétaire de la Conférence. C’est à lui qu’échut, sous le bâtonnat de M e Du Buit, l’honneur de prononcer le discours de rentrée du stage.

M. Bonnefous s’est surtout fait une place à la Chambre des Députés comme Président de la Commission du Suffrage universel.

Il a été mêlé dix ans à toutes les discussions touffues, souvent mi-solutionnées, qui ont agité les diverses sessions sur la réduction du nombre des députés, sur la proportionnelle intégrale.

M. GEORGES BONNEFOUS

Il faut dire que M. Bonnefous est un véritable professionnel en la matière ; il rendrait des points à M. Charles Benoist, de proportionnalité mémoire. Son rôle deviendra bien difficile au cours de cette législature et je crains qu’il n’ait pas cette fois l’oreille de la majorité qui a l’air de revenir au scrutin d ’arrondissemènt.

Républicain modéré mais ferme, M. Bonnefous tombera avec son drapeau.

11 a déposé dans le temps un projet de loi tendant à la conversion facultative des bons de la Défense Nationale en bons à lots sans intérêt.

Journaliste de talent, M. Bonnefous a écrit longtemps à la République Française et à la Liberté.

Ces collègues apprécient son savoir varié et au cours de cette législature, il fera partie de la Commission du Suffrage universel (ce qui lui est bien dû), de la Commission du Règlement et de celle des Finances,

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