‹ Nos parlementairesChapitre 33 sur 136 · M. MARCEL CACHIN · texte numérisé non relu

M. MARCEL CACHIN

phalange qui fait du bruit à la Chambre et donne du fil à retordre au Président.

Il ne rate pas une occasion de prendre la parole pour mettre en contradiction les actes du Gouvernement et les principes des amis d’hier de M. Cachin, soutiens de M. Herriot aujourd’hui.

M. Cachin est tenu à un effort très vaste et très continu pour faire adopter sa doctrine extrémiste.

Jaurès, qui était un très grand esprit, mis au défi d’apporter à la tribune de la Chambre le plan de la Cité future, s’est dérobé à cette invitation.

Je ne sais si M. Marcel Cachin, malgré son activité et son talent, trouvera dans son cerveau le plan que le grand leader socialiste ne put apporter : il lui restera le mérite d’y avoir cru, car M. Cachin est, paraît-il un convaincu et, par ces temps de scepticisme politique, en France, on salue volontiers dans un Parti un homme qui a la foi.

M. JOSEPH CAÏLLAUX

Il paraît que le duc Decazes, ami d’enfance de M. Joseph Caillaux, disait un jour à son ami, qui venait d’être élu chef du Parti radical et radical-socialiste : « Comment pouvez-vous avoir des idées pareilles ! » — « Mon père, répondit celui-ci, m’a dit à son lit de mort : J’ai perdu ma vie avec les Conservateurs, ne va jamais avec ces gens-là. Je l’ai écouté. »

Et voilà comment M. Caillaux devint transfuge.

Toutes les qualités de son père avec un peu plus de républicanisme, une intelligence remarquable, un financier de premier ordre, M. Joseph Caillaux jouissait de cette réputation quand M. Clemenceau lui offrit au

Page 1