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M. GASTON DOUMERGUE

M. Gaston Doumergue est un homme qui sut attendre : grande qualité à cette époque de fièvre intense.

Aussi quand se posa devant l’Assemblée Nationale la question présidentielle, par suite du départ un peu forcé de M. Millerand, malgré les mérites et le prestige de M. Painlevé, le Président du Sénat parut tout qualifié pour entrer à l'Élysée et il y trouva l’actif concours de M. Poincaré autant que de M. Bienvenu-Martin : l’unité de sa vie républicaine était incontestable et son élection avait l’air d’un couronnement de carrière tout naturel.

M. Gaston Doumergue gardera la Constitution avec fermeté.

Cet homme au clair bon sens, exemple vivant de la démocratie, accomplira sa tâche avec le sourire qu’on lui connaît et sera demain l’homme le plus populaire de France : ce sera justice.

M. JACQUES DUBOIN

M. Jacques Duboin est député de la Haute-Savoie. C’est sa deuxième législature.

Après des études sérieuses à l’Ecole de droit et à l’Ecole supérieure de Commerce de Lyon, il fit un stage aux États-Unis dans la carrière consulaire. Il se spécialisa ensuite dans les affaires industrielles et dans la banque.

Tête de liste dans son département aux élections du 11 mai, il groupa sur son nom tous les éléments de gauche et réussit à entraîner dans sa victoire tous les candidats du cartel qui furent élus à la majorité absolue.

Dans la précédente législature, M. Duboin

M. JACQUES DUBOIN

traita avec une compétence remarquée, au sein des Commissions, les problèmes financiers.

Esprit lucide, il aborde facilement les questions budgétaires devant lesquelles s effarent les profanes et les incompétents. C’est le représentant laborieux qui ne discute que des choses qu’il connaît et les vulgarise simplement.

Il a publié plusieurs études remarquables, marquées au coin d un sens financier profond, notamment sur les changes.

Dans l’une des dernières, il explique merveilleusement les causes de 1 effondrement du rouble, du mark, de la couronne.

Pour ce qui est de l’industrie française, il estime que sa situation n est pas telle qu elle ne ne puisse vivre sans les marchés extérieurs.

La France peut à peu près se suffire : la balance commerciale est à peu près en équilibre.

En face du passif de notre dette interalliée, il convient d’inscrire notre creance de réparations.

En somme, pour M. Duboin, nous pouvons stabiliser notre monnaie au prix du moindre sacrifice. C’est une question de volonté. Le voudrons-nous ?

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