M. ÉDOUARD HERRIOT
La grande presse, qui a plutôt battu froid à son avènement, ne put s’empêcher, après les entrevues de Londres, de Paris, le Congrès de Genève, le programme de Boulogne, de souligner ses discours d’honnête homme.
Certes, la route est longue. Des obstacles l’encombrent. M. Herriot affirme qu’il n’a d’autre ambition que de travailler en bon artisan, pour nous guider à petits pas vers l’aube d’une ère nouvelle.
Inutile d’insister ici sur sa bonne grâce charmante, la finesse de son tact, l’élévation de sa pensée, la richesse de son talent oratoire, véritable régal pour ses auditeurs.
Ce qu’il importe de signaler c’est l’élan mondial vers la Paix qu’il a imprimé au Congrès de Genève. Là, M. Herriot, secondé par des orateurs de taille : Briand, Paul-Boncour, a pu, au nom de la République française, déclarer la Paix au Monde.
Dans un banquet récent, M. Herriot affirmait son idéalisme réaliste, en disant que nous aurons la Paix économique, la Paix tout court quand nous aurons la paix monétaire qui est
liée aux traités de commerce internationaux.
Cet éducateur du Parti, également éducateur de la Démocratie, ne se laisse pas griser d’ailleurs par les fleurs qu’on lui jette et les lauriers dont on l’accable.
11 avoue ingénuement à ses amis : « que l’exercice du pouvoir est la chose du monde qui donne le moins l’idée d’éternité et d’ores et déjà il réclamait au Congrès de Boulogne sa place dans le rang pour travailler à l’œuvre commune. »
Ne vous semble-t-il pas qu’il était difficile de trouver un homme plus autorisé pour sonner le réveil républicain ?
M. Edouard Herriot aura eu en tout cas le rare mérite de se présenter au Parlement avec un gouvernement cohérent, et avoir de toutes ses forces essayé la réalisation d’un programme nettement défini.
Ce programme il le résumait d’un mot à la Sorbonne devant un auditoire d’élite : « Le complément de la Déclaration des Droits de l’Homme doit être la Déclaration du Droit des Peuples ! »
M. ANDRÉ HONNORAT
M. André Honnorat n’eût-il d’autre titre que celui d’avoir inventé l’heure d’été, qu’il serait certainement passé à la postérité.
Qui aurait dit que cet homme plutôt timide malgré sa barbe impressionnante aurait accompli une pareille révolution !
M. Honnorat a été successivement député, Ministre de l’Instruction . publique, il est actuellement sénateur. Il remplit d’ailleurs ces diverses fonctions correctement, sincèrement, loyalement.
Il débuta dans la vie politique comme rédacteur au Rappel : c’était l’époque des Auguste Vacquerie et de ses disciples, Henry
Jouquier, Henry Maret. C’est là qu’il se forma : il était à bonne école, et il était fatal que le jour où il se lancerait dans l’arène politique, il y réussît.
Nature extrêmement sympathique, il conquit ses collègues comme il avait séduit ses électeurs.
Grand Maître de l’Université le 13 septembre 1920, il y resta jusqu’au 13 janvier 1921.
Il ne ht pas mauvaise figure rue de Grenelle : sa culture littéraire et les conceptions qu’il y apporta firent une excellente impression dans le monde universitaire.
Mais, ce qui restera de M. Honnorat, nous l’avons dit, c’est la réforme de l’horaire d’été.
Cette question a fait couler beaucoup d’encre. Il vous souvient que M. Poincaré lui-même posa la question de confiance à son sujet. Mais si les masses rurales s’en désintéressent et continuent à travailler du lever au coucher du soleil, les villes ont réalisé une économie réelle de charbon et de lumière et
on pourrait citer maintes statistiques triomphantes à cet égard.
Nous aurions mauvaise grâce, par ces temps difficiles, de ne pas accorder un bon point à