‹ Nos petits journalistesChapitre 13 sur 37 · GABRIEL GUILLEMOT · texte numérisé non relu

GABRIEL GUILLEMOT

toire, le carabin à l'amphithéâtre, — par amour de l'art.

Un jour, la Presse théâtrale lui procura ses entrées en échange de quelques lignes d'une prose balbutiante. Ce jour-là, Guillemot s'étonna fort de -ne pas voir tout Paris illuminé, et... il lâcha ses élèves à 5 fr. le cachet.

L'algèbre n'était pour lui qu'une question d'entrée aux Italiens ;— il les avait, ces entrées si désirées, et comme homme de lettres encore! Plus d'algèbre, plus descience ; del'art, .de iajittérature : voilà ce que dit Guillemot en rentrant le soir chez lui, tout fier et grandi de cent coudées.

De la Presse théâtrale où sescritiques musicales étaient fort goûtées, il ne fit qu'un bond jusqu'au Figaro, où il débuta par quelques articles de genre, rares d'abord, plus fréquents ensuite. Au départ d'Àurélien Scholl, il fit les ÈcJios de Paris, qu'il a tenus dix mois consécutifs ; puis il commença, sous le titre générique : Mon Carnet, une série d'études et

de portraits destinés à paraître en volume.

Le Nord a publié de lui une nouvelle humoristique : l'Oncle Palerson.

Guillemot a été un des collaborateurs les plus assidus et les plus aimés de la Bévue fantaisiste.

Pour être complet, ajoutons qu'il a fait quatre mois durant la chronique musicale au Courrier franco-italien que 'dirigeait Carini, un des héros de Marsala.

Vous le voyez, le bagage littéraire de Gabriel Guillemot n'est pas des plus minces.

— C'est un de nos jolis piocheurs, et. chose rare chez les piocheurs, l'esprit ne lui fait pas défaut.

Signe particulier : il a entendu cent dixhuit fois le Trovatore.

CHAVETTB

(EUGÈNE VACHBTTR)

Chavette est né le 13 mars 1828, à minuit trente-cinq minutes, entre un turbot sauce hollandaise, et une côtelette jardinière, $u coin du boulevard et de la rue du Faubourg- Montmartre.

Son père, le célèbre Vachette, adorait jadis les fourneaux, trouvait un plaisir inouï à bien servir ses pratiques. Quant à lui, il fait de la littérature, de la littérature légère, amusante*

Si quelqu'un se plaint de la chose, assurément ce n'est pas moi. Je préfère de beaucoup les tartines spirituelles du fils aux sauces épicées du père.

Lorsque ce dernier apprit 1a naissance de celui qui plu* tard, sous le nom d'Eugène Chavette, devait il lustrer les colonnes du Tintamarre et du Figaro, on prétend qu'il se contenta de crier à la sage-femme : Boum, voyez au no 4!

C'est à cette exclamation, partie du cœur, et que peut-être Chavette entendit, quoique âgé de quelques minutes seulement, que nous devons l'écrivain fantaisiste auquel je vais caresser Tépiderme l'espace de quelques lignes.

Au Tintamarre, Vachette « fait un chefd'œuvre : le Procès Pictonpih.

Sa réputation une fois bien établie, il quitta Commerson, et, avant d'aller porter ailleurs sa prose, il voyagea.

Vachette a été en Chine, en Russie, à Jéru-

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