‹ Nos petits journalistesChapitre 36 sur 37 · LIBRAIRIE GOSSELIN · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE GOSSELIN

Le Barreau de Paris. Études politiques et littéraires, par Maurice Joly, avocat. Un beau vol. in-18. Prix. 3 fr. 50

Ce livre qui, au tn ornent de sa publication, a ému les critiques de toutes les couleurs, n'a cependant été apprécié sous son vrai jour par aucun des aristarques assermentés; aussi profitons-nous de la circonstance pour publier, sur ce livre curieux et passionné, l'avis d'un des Nestors du barreau parisien qui, suivant nous, et peut-être parce qu'il ne s'attendait pas à cette petite perfidie de notre part, a seul formulé u n jugement juste et clairement motivé dans une lettre confidentielle, dont voici quelques fragments :

c. La -jeunesse est présomptueuse et dédaigne l'expérience des \"\e\\\ards; aussi, sans se soucier des suites funestes de ses actes, exécute-t-elle aussi vite qu'elle conçoit. L'auteur du Barreau de Paris n'a pas échappé à ce piège que l'illusion et 1 enthousiasme de la jeunesse tendent à tous les débutants. Légitimement fier de sa toge, M. Joly, plus roya-

ste que \e- roi, a regardé comme un devoir d'en-

♦reprendre l'apologie de l'Ordre des avocats, et si le résultat de son travail a complètement déjoué ses espérances, s'il a atteint un but tout à fait contraire à celui qu'il s'était proposé, nul, et un avocat moins que tout autre, ne saurait lui en faire un reproche; bon intention était bonne et pure, il suffît de le lire pour s'en convaincre. Sa vénération pour l'Ordre n'a d'égale que son inexpérience... Et pourtant, le profane qui, en fermant ce livre, ciiera au tribunal de son examen l'avocat ou les avocats qu'il connaîtra , ce profane constatera que pas un seul ne ressemble à l'idéal tracé par M. Joly. Et s'il accepte cet idéal" comme critérium, il prendra en souverain mépris l'avocatqui esta peine l'ombre de ce portrait. VoilA, selon moi, un des plus graves reproches qu'on puisse faire à ce livre; il donne de l'avocat une idée tellement surhumaine qu'il dévient la critique de l'Ordre que l'auteur voulait rehausser. Passons à un autre ordre d'idées et vidons de suite le sac de critiques pour arriver ensuite à l'éloge.,. Le livre débute par une étude intitulée Gorgias; tout lecteur reconnaîtra le modèle, malgré l'opacité du pseudonyme, et si je connaissais M. Joly, je suis sûr qu'il n oserait pas nier la personnalité que je lui désignerais tout bas à l'oreille. Pourquoi veut-il donc s'abriter derrière une dénégation à laquelle personne* n'ajoutera foi? C'est pourtant le morceau capital de son œuvre, et ce portrait de Gorgias, plus ou moins ressemblant, ce dont je n'ai pas à m'occuper en feignant d'accepter la déclaration de l'auteur, ouvre le livre d'une manière piquante. Nous aimons tous la satire, et le paysan d'Athènes qui, fatigué d'entendre vanter Aristide, le bannit, a laissé une nombreuse et éternelle postérité. Le modèle supposé à l'étude, Gorgias n'a que des amis et des ennemis ; il ne rencontre aucun indifférent. H. Joly a compté

sur les passions que devait soulever cette lecture; il n'a pas eu tort. En mettant sur la sellette le chef des Cinq, il savait bien qu'amis et ennemis rugiraient, les uns de joie, les autres de fureur, et que vous, monsieur l'éditeur, vendriez votre livre!... Mais dites bien à M. Joly que ce livre lui fera personnellement plus de tort que de bien; qu'il en croie un vieux confrère : Ceux même dont il a dit du bien n'oseront le défendre de peur de paraître ses complices aux yeux do ceux dont il a dit du mal... Rappelez- lui qu'il convient peu à un jeune auteur d'accuser Jean-Jacques t de ne pas croire à ses propres théories, » de traiter Timon de « cotonneux » et de comparer M. Dufaure à « Ximenès ou à Sixte- Quint... » L'excès en tout est un défaut... Dites surtout à votre auteur que dans une œuvre, môme à facettes ou à tiroirs, comme on dit dans l'argot littéraire de nos jours, l'unité est la première chose à observer ; c'est un principe qu'il paraît complètement ignorer, car ses premières pages pourraient être signées Veuillot et ses dernières Pelletan, sans, que le moindre doute vînt à l'esprit d'aucun de ses lecteurs... Ces réserves faites, je louerai sans restriction l'intention, comme je l'ai déjà dit, et la forme- claire, nette, précise, tantôt grave, tantôt enjouée, toujours facile, l'élégance du style, la propriété d'expression, le tour heureux, le mot bien Irappé, la citation juste, la révélation piquante, l'intérêt habilement excité ; enfin il y a dans ce livre , tous le? éléments d'un succès littéraire, et si, dans dix ans d'ici. M . Joly remettait son œuvre sur le métier, il sortirait de ce nouveau travail un tout harmonieux et complet... Ce livre pourra peut-être un jpur conduire son auteur à la tribune politique, mais il l'écarté à tout jamais de là barre judiciaire... etc., etc. »

Biographie des Députés au Corps Législatif. (Session de 1863 à 1869), par Félix Ribeyre. Un beau vol. in-12.

Prix. 2 fr.

lie Cardinal de Reta. — Son génie et ses écrits. (Ouvrage qui a obtenu le prix d'éloquence décerné par l'Académie française, le 23 juillet 1863.) Par M. Topin. 1 vol.

in-18. Prix. 2 fr. 50

Almanaelt général des Chemins de fer, parEvariste Thevenin, avec la collaboration de MM. Perdonnet, administrateur du chemin de fer de l'Est, Babinet de l'Institut, etc., etc.

Ce petit almanach, d'un format facile et portatif, contient des renseignements utiles à tous les voyageurs. Il renferme en outre les sept cartes suivantes coloriées avec le plus grand soin :

\ o Carte des chemins de fer du Nord ; - 2© — — . — — de l'Ouest; 3o — — — — d'Orléans; 4o — — — — du Midi; 5o — — t- — de Lyon et Méditerranée ; go — — — — de l'Est; 70 — — environs de Paris.

Ijes Ouvriers de Paris, par Pierre Vinçard. 1 fort vol. in-12. Prix. 3 fr. 50

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